VUE DE FACE ET DE COTÉ
par le bas de la buse soulève la portion de liquide super; posée et la conduit jusqu'au sommet où elle se déverse.
Quant aux poulies, ce sont des étoiles évidées, ou bien des lanternes à quatre ou six bras (fig. ii5), sur les fuseaux desquels se placent les diaphragmes, ou bien encore des hérissons armés de griffes (fig. 1 1 6) qui saisissent les chaînons articulés de la chaîne.
LES IRRIGATIONS. b-jZ
Malgré le frottement des planchettes ou des rondelles dans la buse, cet appareil employé pour des élévations de 4 à 5 mètres, donne à peu près en effet utile les deux tiers de la force dépensée. De Gasparin n'en fait pas moins observer que l'usure des diaphragmes et du tube finit par occasionner des pertes d*eau notables, et qu'il n a pas toujours retrouvé cet appareil dans les localités où il Tavait vu précédemment employé, tandis que les norias ne disparaissent pas des lieux oti elles ont été introduites (i).
Quand les deux poulies ne sont pas placées dans la verticale et que la buse est placée obliquement à l'horizon, le chapelet est dit incliné; il a surtout servi, avec cette disposition , pour les FiG. 117. - Pompe CHINOISE, dessèchements , au
lieu d'écopes. Quoique peu coûteux, il donne lieu à des réparations fréquentes qui entravent la marche du travail. Pour une hauteur d'élévation ne dépassant guère 2 mètres, le rendement utile est de 40 pour 100 environ: au delà, la perte de travail augmente dans une rapide proportion.
Pompe chinoise. — La pompe chinoise, qui a été très employée en Californie, pour l'élévation des eaux d'arrosage, consiste en une courroie sans fin, se mouvant sur des poulies dont l'une plonge dans le canal ou le cours d'eau, et l'autre est située à un certain niveau au-dessus de la berge. Cette courroie est armée ex-
(1) De Gasparin, Cours d'agriculture^ t. Jll, p. 393.
574 l-ES IRRIGATIONS.
térieurementde palettes ou planchettes en bois qui amènent Teau du canal jusque dans le bac oti elle . se déverse, comme pour le chapelet incliné. La courroie est en toile de coton ou en caoutchouc, ou bien formée de deux câbles sur lesquels les planchettes sont maintenues par des vis, à des intervalles équidistants (fig. 1 17).
Cet appareil des plus économiques, introduit par les Chinois, est d*un bon rendement pour des pentes n'excédant pas 20 degrés et pour des hauteurs d'élévation d'eau de I mètre à i*", 80. L'effet utile est d'autant plus grand que les palettes sont disposées de façon à ne point plonger trop profondément dans Teau, autour de la partie inférieure, afin d'éviter les frottements, surtout quand le revêtement du canal est maçonné (i). Les pompes chinoises pour l'irrigation sont mises en mouvement par des chevaux. Pour des éleva tions au-dessus de 3 mètres et des pentes de plus de 3o degrés, les frottements et les pertes d'eau empêchent qu'on ne les emploie utilement.
E. Les roues.
Roue à tympan. — Le tympan est une roue en bois et à jouées, divisée en plusieurs compartiments par des cloisons fixées sur les bras. Dans chacun de ces compartiments est pratiquée une ouverture,immédiatementaprèsla cloison ducompartimentqui précède. L'ouverture présente une section de plusieurs centimètres, suivant la circonférence, et de toute largeur dans le sens perpendiculaire, entre les jouées. Enfin, la partie centrale est percée d'un orifice autour de l'arbre que le moteur met en mouvement (fig. 118).
{i) On irrigating machinery. Engineerings novembre, 1887.
Quand un compartiment s'immerge, Teau entre et demeure emprisonnée jusqu'à ce que, par la rotation, le niveau de cette eau arrive à la hauteur de l'orifice central; alors elle s échappe.
C'est donc seulement d'une hauteur un peu inférieure au rayon du tympan que Ton peut élever l'eau. A moins de donner au tambour de la roue des dimensions exagérées, cette élévation est peu considérable (i); seulement l'épuisement s'opère par grandes masses.
l'jnnpan Lafaye. — Si dans le tympan précédent, ou de Vitruve, les cloisons sont courbées suivant le développement du cercle du noyau central, en supprimant l'enveloppe convexe , on réalise le tympan Lafaye. L'eau s'y introduit et s'en écoule par l'axe, comme dans le tympan ordinaire; mais en pénétrant dans les compartiments que forment les cloisons, tous les centres de gravité des masses d'eau contenues sont sur la même verticale, tangente au cercle extérieur de l'orifice central (fig. 1 19). Il en résulte que le travail est presque constamment le même, et qu'en outre, la vitesse, très grande à la circonférence, est presque nulle au centre, ce qui est avantageux pour l'é-
Fic. 118. — Roue a tympan, ou DE Vitruve.
(i) Vitruve. qui a décrit le tympan employé par les anciens, dit (livre X. chap. II) : « Non alte tollit aquam, sed exhaurit expeditissima multitudinetn magnant. »
chappement de Teau. L'inconvénient est que pour une différence de niveau de 4 mètres seulement, il faut des tambours de 9 à 10 mètres de diamètre.
Au barrage du Pont-Neuf, c'est une ancienne application à citer, la roue à développantes avait 6 mètres de diamètre; on lui imprimait une vitesse de deux tours et demi par minute, soit 0^,90 par seconde, et le
rendement était d'à peu près 80 pour 100; mais la quantité d'eau élevée par minute ne dépassait guère 24 mètres cubes.
Le tympan Lafaye a été très employé, notamment en Camargue, pour 1 élévation des eaux destinées aux rizières. On ne lui donne que. 2 à 4 mètres de diamètre. Au milieu de sa largeur, une roue dentée la fait engrener avec une plus petite roue qui reçoit le mouvement du moteur.
Tabout. — Quand on doit élever Teau à moins de 3 mètres de hauteur, on se sert en Egypte d'une roue, au lieu de noria. Sur cette roue, appelée tabout^ sont ménagés, à la périphérie, des encoffrements dans lesquels l'eau est élevée pour l'écouler dans un bac latéral, et de là dans la rigole d'arrosage. Cette roue est mue par un buffle ou un bœuf.
L'eau amenée dans un puits où la roue plonge d'un tiers de sa hauteur totale, ce qui détermine la hau-
FiG. 119. — Tympan Lafaye.
teur de l'eau à élever par rapport au niveau du sol , pénètre dans les augets par les trous extérieurs, monte par la rotation de la roue et se déverse par les trous latéraux, quand l'auget arrive vers le sommet de sa course. Pour rétablissement de cette roue(fig. 120), la charpente soigneusement ajustée comprend quatre bras, formés chacun de quatre montants autour du moyeu.
FiG. 120. — Tabout d'Egypte; élévation de face et de coté,