ÉLÉVATION LATÉRALE
(i) Kanitz, loc. cit., p. 482.
(2) Job, Rapport sur les travaux de la Société de la canalisation de CEbre,
(3) Flachat, Rapport id. (inédit), octobre, i858.
chefiF (i), la rotation de la roue des norias s'effectue à Taide d'un pivot dont lextrémité supérieure porte des ailes tendues de toile, que le vent gonfle, mettant ainsi en mouvement tout l'appareil. Cette opération, ajoutet-il, est pratique et peu dispendieuse.
Piiiserande. — La puiserande, qui est employée dans les plaines de Pise et du Val d'Eisa (Toscane) pour
FiG. 109. — Noria d'Espagne.
élever les eaux des puits, n'est autre qu'une noria que l'on fait tourner par un cheval (fig. 1 10). Toscanelli, dans son consciencieux travail sur l'économie rurale de la province de Pise, fait remonter aux temps les plus reculés l'usage de cette ingénieuse noria, connue sous le nom de bindolo, dont l'invention serait pisane et non arabe (2). Noria du Midi [France) . — L'emploi de la noria est vulgaire dans le midi de la France. On lui donne ici le nom de puits à roue, et là, celui de puisaro. Elle est essentiellement la machine de la petite propriété du Pro-
(1) De Tchihatcheff, Espagne, Algérie et Tunisie, 1880, p. 53.
(2) Toscanelli, Economia rurale nella provincia di Pisa, 1861. p. 12.
vençal ; elle peut, en effet, rarement arroser plus de 2 ou 3 hectares, et son arrosage revient en moyenne à 1 5o francs par hectare et par an. Son grand avantage est de donner de Teau quand on en a besoin (i).
La noria la plus commune, du même type que la noria catalane (fig. 1 1 1), , donne, avec un cheval ordinaire, de
FlG. 1 10. — PUISERANDE DE PlSE, OU bitlJolO,
20 à 25 mètres cubes d'eau par heure, à la hauteur de 5 mètres, et coûte de 700 à 800 francs. Le produit en eau est évalué à environ 0,66 du travail dépensé (2);
(i) Doiiiol, Joum. agric. pratique y 1864, t. II, p. i85.
(2) Pareto donne, pour le calcul du nombre de chevaux à employer, avec une noria bien établie, qui élève un volume d'eau déterminé i une hauteur déterminée, en une heure de temps, la formule suivante :
dans laquelle :
N est le nombre de chevaux cherché; Q, le volume d'eau en mètres cubes, à élever; H , la hauteur de la surface du bassin au-dessus de celle du puisard; r, la distance verticale entre la surface du bassin et le point le plus haut auquel l'eau est montée.
l'efiFet utile n'est donc pas bien grand, en proportion de la force développée; mais la noria a l'avantage de sa simplicité qui fait qu'elle peut être facilement réparée au village. Pour obtenir le maximum d'effet, il faut la faire marcher lentement.
Noria moderne. — Dans ces dernières années, la noria
FiG. III. — Noria ou midi de la France.
a été notablement perfectionnée par les constructeurs; notamment la noria Bonnaud (fig. 1 12), à l'aide de laquelle on arrive à utiliser jusqu'à 0,80 de la force dépensée.
La noria Saint- Romas, dont nous donnons (fig. ii3 et 114) la vue de face et la vue de côté, a fourni également, dans les essais qui ont eu lieu au Conservatoire en 1 863, un rendement de 0,81 de laforcedépensée. Le rapport entre le travail du moteur et le travail utile a même atteint 0,867 pour les vitesses plus faiblesde 42 tours par minute;
tandis qu'à 60 tours par minute, il est descendu à 0,75. Il y aurait donc avantage pour de grands débits à era-
FiG. 112. — Noria Bonnaud.
ployer des godets de grande capacité, plutôt que d'augmenter la vitesse.
Dans la noria Saint- Romas, le tambour des appareils ordinaires placé au fond de la fosse et destiné à guider la
chaîne dans son mouvement, pour forcer les godets à entrer dans Teau verticalement, est supprimé. Les augets ont été ainsi modifiés, en leur ajoutant un double tube
FiG. ii3. — Noria Saint-Romas; vue de face.
OU siphon qui détruit la résistance de l'air au moment de leur immersion. L*air enfermé dans le godet s'échappant par le tube central du siphon , Tauget se remplit d'eau et remonte, puis, par des trous percés dans le couvercle du siphon, la pression atmosphérique s'exerce, dès que Tau-
get commence à sortir de l'eau. Les godets sont en tôle, d'une contenance qui varie jusqu'à 25 et 3o litres, et portent à mi-hauteur un boulon de suspension longitudinal. Les boulons s'articulent par leurs extrémités à des tiges en fer méplat qui réunissent les godets deux à deux.
Le tambour au-<lessus de la fosse, sur lequel s'enroule la chaîne, est triangulaire, muni de trois ressorts à lames qui amortissent les trépidations. L'arbre de ce tambour porte une roue d'engrenage, menée par un pignon calé sur un second arbre parallèle ; le tout est soutenu par un bâti en bois qui permet, par desverrins, de relever le plan du treuil lorsque l'on veut ajouter un certain nombre de godets ou allonger la chaîne pour puiser plus profondément.
La noria Saint-Romas élève Peau jusqu'à une hauteur de 1 2 à 1 5 mètres, et fonctionne avec son fort rendement dans les eaux vaseuses, sans arrêt, ni obstructions (i).
Z>. Les chapelets.
Le chapelet vertical peut être considéré comme une noria dans laquelle les godets sont réduits à leurs fonds, fixés par le milieu sur la chaîne sans fin. Comme dans la noria, la chaîne du chapelet s'enroule sur le contour de deux poulies, mais en passant pour remonter, dans un tuyau vertical, qui p>eut étrequadrangulaire, A B, (Hg. 1 15), auquel cas les grains ou patenôtres, également expacés sur la chaîne, sont des planchettes carrées C« C, d'une dimension presque égale à celle du tuyau; ou bien un tube cylindrique, auquel cas les grains sont des rondelles de cuir, comprises entre deux platines en fer
(i) Belin, Des appareils servant à élever Ceau^ etc. Études sur VExposition de 7867, 2' série, 1868.
FiG. 114. — Noria Saint-Romas; vue latérale.
(tig. II 6). Qu'elle soit carrée ou cylindrique, la buse, comme on la désigne, plonge par son extrémité inférieure dans Teau qu on veut élever. La chaîne sans fin est maintenue tendue et convenablement dirigée par une lanterne placée dans l'eau au-dessous de la buse. L'arbre
tournant est mis en ^
mouvement par une ^- ^^
manivelle M, ou par un manège, de telle sorte que chaque planchette ou rondelle en entrant
FiG. II 5. — Chapelet