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POUR LA SUBMLRSION DES VIGNES

un hectare pendant ce temps. L'épaisseur de la nappe d'irrigation étant de o™, loen moyenne, correspondant à 1,000 mètres cubes par hectare, la pompe centrifuge élevait par heure 843 hectolitres d'eau d'une hauteur moyenne de 7 mètres (i).

Les avantages de la pompe Gwynne peuvent se résumer de la manière suivante : elle débite moyennement 75 pour 100 de la force employée, en jet continu, sans

(i) Barrai, Journ. agric. pratique^ 1866, t. II.

avoir besoin de récipient d'air. Son mouvement de rotation est très doux, sans clapets, ni excentriques; sa construction simple et solide exige à peine de travaux de

fondations; enfin, elle peut aspirer, sans risque de réparations ou de frais d'entretien, les eaux limoneuses.

Pour l'appliqueraux puits ordinaires, il faut disposer à une certaine profondeur un disque en fonte, fqrmant une cloison étanche (fig. i8i), sur lequel on fixe le clapet de pied de la pompe qui sert de soupape de sûreté.

Quand la pompe est chargée et mise en mouvement, Tair contenu dans la chambre du puits est promptement aspiré et la capacité au-dessous du clapet de pied étant préservée de la pression atmosphérique, un vide partiel s'établit. L'eau est alors refoulée de bas en haut avec une rapidité croissante, par Teffet du vide et de la pression de l'air qui agit dans le même sens que l'eau montant dans le tuyau d'aspiration.

Ce mode d'épuisement qui supprime complètement le travail d'aspiration, a l'avantage de mettre à découvert les fissures des puits et d'augmenter ainsi leur débit normal.

IG. i8i. — Installation sur un PUITS d'une pompe Gwynne.

Pompes Neut et Duinont. — Nous représentons

en parallèle (fig. 182) l'installation d'une pompe rotative

Neut et Dumont, dans une prise du Rhône, pour Tirrigation des domaines de TArmellière, en Camargue.

La pompe délivre 100 litres d'eau à la seconde avecune élévation de 2",8o; la machine, de la force de six chevaux, fournie par les ateliers Damey, consomme de 4 heures du matin à 7 heures du soir, de 220 à 2 5o kilogrammes de houille. Le travail utile de la pompe est de 62 pour 100. Les frais d'établissement ont été les suivants (i) :

fr.

Locomobile de six chevaux 5 . 800

Pompe rotative Neut et Dumont, tuyaux et pose

compris 3 . 5oo

Baraque pour la machine ^ 600

Total 9 . 900

Vosges. — A Dombrot-sur-Vair (arrondissement de Neufchâteau) dans les Vosges, l'irrigation de prairies se fait à l'aide d'eaux de rivière qu'élève une pompe Neut et Dumont, actionnée par une roue de moulin. La pompe, immergée dans la rivière, refoule l'eau jusqu'au niveau supérieur, à 10", 60 au-dessus de l'étiage, par une conduite en tuyaux de grès, de o™,i6 de diamètre, longue de 280 mètres, ayant coûté 6 francs le mètre courant. Sur la conduite sont établis trois regards; le premier à 4'", 20 au-dessus du bief d'aval; le second à 7^,40; et le troisième à 10 mètres, pour permettre l'arrosage à flanc de coteau. Ces regards sont formés d'un tambour qui se ferme à l'aide d'une rondelle maintenue par une vis de pression, sous une plaque de fonte. On n'arrose qu'avec un regard ouvert; celui à 10 mètres donne 10 litres d'eau par seconde; celui à 7^,40 donne i5 litres, et le plus bas situé donne 20 litres par seconde. A chaque regard cor-

(1) Barrai, les Irriguât ions des Bouches^du-Rhône^ 1876, p. i85.

respond un canal de distribution avec ses rigoles secondaires (i).

Les conditions générales d'emploi, malgré l'exemple de Dombrot-sur-Vair, n'en sont pas moins d'une hauteur de 5 mètres environ ; il n'est pas nécessaire que la pompe soit dans le cours d'eau, ou sur le cours d'eau, puisque par aspiration le tuyau, épousant les sinuosités du sol, peut prendre Teau à une certaine distance. Ainsi, le long des rives du Rhône, la pompe se place à l'abri de la digue; le tuyau, gravissant la digue, redescend de son sommet dans le fleuve. On évite par cela même le percement en aqueduc de la banquette.

Bouches-dU'Rhône. — Au Mas de Vert, situé à quelques kilomètres d'Arles, dans le delta formé par la bifurcation du Rhône, la stagnation des eaux apportait un obstacle sérieux à l'exploitation rationnelle; mais en substituant aux anciens fossés des canaux d'assainissement dirigés vers le fleuve, le sol devint assez sec pour qu'il devînt nécessaire d'irriguer les luzernières. M. Maiffredy fit alors, installer sur l'une des principales prises d'eau du canal de la Durance, quatre pompes, mises en mouvement par une locomobile de 6 chevaux de force. Ces pompes fournissant 200 litres d'eau par seconde, il suffit de 26 heures de travail continu pour imbiber le sol sur 4 hectares et demi, à o"*,3o de profondeur. Quand la prime d'honneur fut adjugée à M. Maiffredy, pour le département des Bouches-du- Rhône, 65 hectares de luzerne arrosés de la sorte, rendaient cinq coupes et parfois six, dignes de rivaliser avec celles si justement renommées de la plaine du Vistre (2).

Submersion des vignes. — Depuis que la sub-

(i) A. Boitel, Herbages et prairies naturelles, 1887, p. 528. (2) Bonncmcre, Joiim. agric. prat.j 1861, t. II.

mersion des vignes a été mise à Tordre du jour, comme un des remèdes les plus efficaces contre le phylloxéra, de nombreuses applications se sont faîtes des pompes à vapeur pour amener aux vignes malades la masse d'eau nécessaire à l'asphyxie de Tinsecte destructeur.

Quand la submersion a pu s'opérer avec des eaux limoneuses, les vignes étant jeunes et dans leur première vigueur, les résultats de la submersion sont demeurés satisfaisants pendant dix et douze années consécutives. Le sol portant une couche plus ou moins épaisse de sable, la submersion devient moins utile.

Hérault. — M. G. Bazille cite l'exemple d'un des grands propriétaires de l'Hérault, M. de Beauxhotes, qui a créé de toutes pièces, sur les bords du Vidourle, dans un sol riche et fertile, un vignoble s' étendant sur plusieurs centaines d'hectares, que les eaux de la rivière, élevées par de puissantes machines à vapeur, permettent de submerger. La récolte du domaine aurait atteint en 1887, trente-cinq mille hectolitres (i).

Camargue, — Dans la Camargue, la submersion des vignes s'est étendue depuis quelques années à une surface de plusde 2,000 hectares. Pour les propriétaires riverains du Rhône, l'arrosage emprunté aux eaux du fleuve, à l'aide de machines élévatoires(fig. 180), comporte pendant 60 Jours une consommation moyenne de i5,ooo mètres cubes par hectare. Pour ceux situés à l'intérieur, qui ne disposent que de l'eau des roubines et des canaux, fonctionnant pendant les crues du fleuve , la submersion est impossible à l'époque voulue.

L'association d'une des roubines, dite la Petite-Montlong, ne s'est pas moins reconstituée pour assurer la submersion de i,5oo hectares, en faisant construire unap-

(1) Congrès national vUîcole de Mâcon^ i88S, p. 87.

pareil d'élévation mobile, qui consiste en trois machines à vapeur montées sur un bateau en fer, à formes mixtes, pouvant naviguer sur Teau douce et sur la mer, le long de la côte. Deux des machines actionnent chacune une

FiG. i83.

Bateau de la roubine Petite- M ontlong pour élévation

DES EAUX d'irrigation.

pompe rotative, et la troisième fonctionne seulement en cas d'avarie, ou comme moteur de secours. Pour une force totale de 200 chevaux, les machines sont à condensation et à consommation réduite de combustible. Les pompes élèvent Teau de i",5o à 2 mètres suivant Tétiage du fleuve et débitent de ySo à i,5oo litres par se-

CcjG

conde. L'appareil, ayant pourvu aux besoins de la roubine du syndicat, alimente successivement les autres roubines qui ont un réservoir de tête (i). La figure i83 représente une coupe transversale du bateau de Tassociation (2).

Applications en Galifomie.

Puits tubes. — Les puits tubes sur lesquels sont établies les pompes pour Tirrigation, en Californie, consistent en cylindres de tôle galvanisée, de 3 à 5 milli-

FiG. 184. — Pompes a vapeur sur puits (Californie).

mètres d'épaisseur, rivés en longueur et soudés bout à bout. Ces cylindres ont de o",i5 à o",35 de diamètre et sont foncés de 3o à 60 mètres jusqu'à la nappe aquifère. L'eau s'élève à un niveau variable suivant les saisons. Les pompes sont disposées en conséquence à des profondeurs ditférentes ; le plus souvent deux par deux , auquel cas, comme dans la figure 184, la distance entre les deux pompes est de 3 à 6 mètres. Un balancier mù à la machine commande alternativement la tige de chacune des pompes. Les tiges en bois ont comme section la

(i) Journ. agric. pralique. 1886, t. I.

(2) lîd. Markus, Die bewâsserungen in d^n dep. Bouches-du-Rhône unJ Vaucluse,yiïeny 1886.

moitié de celle des tubes , de sorte qu'à chaque coup de

FiG. i85. — Installation de pompe a vapeur si:r puits tubes;

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