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28o LES IRRIGATIONS.
Les terrains de grès ou de silice donnent, dans les nappes qui alimentent les puits, des eaux douces de bonne qualité. Vœlcker a notamment analysé celles de puits foncés à lo et à 22 mètres dans la roche siliceuse du Hampshire, sans y doser Tammoniaque, ni Tacide nitrique. Dans Teau d'un puits artésien de la même contrée, il a constaté la teneur de o gr. 0045 de nitrate de magnésie et de o gr. 0006 d'ammoniaque organique par litre. Un puits profond du Devonshire a indiqué à l'analyse une teneur de o gr. oi23 de nitrate de magnésie, o gr. 0001 d'ammoniaque libre et o gr. ooo3 d'ammoniaque organique (i).
Les puits de Londres, traversant les graviers, les argiles plastiques et bleues, les sables et enfin la craie, fournissent des eaux dont la composition varie, suivant que les forages en excluent plus ou moins les provenances des nappes supérieures. Elles indiquent généralement un moindre résidu fixe par litre que celles des puits ordinaires, chargées de sulfate et de carbonate de chaux et de très peu de sel marin; mais elles renferment des sels alcalins en abondance, entre autres, du carbonate de soude, et aussi de l'acide carbonique.
Les eaux des puits ordinaires de Londres, qui montrent un haut degré de dureté, portent, d'après Brande, des traces très sensibles d'oxyde de manganèse. Leur résidu fixe dépasse 2 grammes par litre (2).
Nous indiquons plus loin, en passant en revue les sources d'eau fournies par les diverses couches des systèmes géologiques, la moyenne d'un grand nombre d'analyses d'eaux de puits artésiens et de puits ordinaires. /. Conclusions. — Il est permis de conclure de l'ensemble de ces recherches analytiques que, sous le rap-
(0 Vœlcker, trav. et cxpér.^ etc., i8S8, t. II. p. 375. (2) Th. Brande, Martutil o/ chemistry , 1S43, t. I, p. 307.
port des principes fertilisants qu'elles apportent à la terre par l'irrigation ou Timbibition, les eaux qui circulent à la surface, ou à une faible profondeur dans le sol, agissent bien plus par le nitrate que par Tammoniaque qui s'y rencontre.
L'eau des rivières tenant rarement au delà de o gr. 20, et l'eau des sources, au delà de o gr. 02 d'alcalis par mètre cube, les analyses montrent, dans un mètre cube des mêmes eaux, l'équivalent de 6 à 7 grammes de nitrate de potasse, correspondant comme engrais azoté à i gr. 10 d'ammoniaque. C'est ce même chiffre que Bineau a constaté dans les eaux du bassin du Rhône.
La constitution des terrains d'une contrée exerce naturellement une action prononcée sur la teneur des eaux en nitrate.
Ainsi, dans les lacs des formations syénitiques, les eaux en offrent des traces ; celles qui sortent du grès rouge ou du grès quartzeux des Vosges indiquent à peu près une dose maximum de o gr. 5 par mètre cube ; tandis que dans les terrains calcaires du trias, du jurassique, du crétacé, les eaux de source et de rivière ont fourni par mètre cube l'équivalent de 1 5 grammes de nitrate de potasse; la proportion variant de 6 à 60 grammes (i). C'est l'influence de la constitution géologique sur la composition générale des eaux que nous nous proposons maintenant d'examiner.