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I. — Eaux des formations primitives

a. Eaux granitiques. — Les sources des terrains granitiques et gneissiques sont en général remarquait) Boussingault , Comptes rendus Acad. des sciences, 1867.

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blement pures; elles conservent une température uniforme pendant toute l'année.

Des analyses publiées des eaux de huit sources de la Cornouaille (Cambome et Saint-Austell) et de rÉcosse, il résulte que le résidu fixe n'atteint pas 6 cent-millièmes. Les matières organiques y sont en proportion négligeable, depuis o jusqu'à o,i33 cent-millièmes.

CORXOUAILLK ET ECOSSE.

Résidu fixe

Carbone organique .

Court d'eao.

O.OOI

O.OOI 0.002

Ammoniaque

Azote (nitrates et nitrites)

Azote total combiné o.ii5 o.o35

Chlore 1.G9 i.i3

Dans les cours d'eau (rivières et ruisseaux) qui traversent les terrains primitifs, le résidu fixe est aussi peu élevé que dans les eaux de source. La proportion de chaux etdemagnésieque renferment les eaux courantes nedépasse guère o gr. oio par litre. La teneur en matière organique dépend de l'état de la surface; quand celle-ci est recouverte de tourbe, il n'est pas rare que l'eau, à défaut du sol, s'imprègne de la matière végétale qui lui communique une coloration jaunâtre ou brune et un goût amer, que l'eau de source ne possède pas. La composition moyenne de 18 ruisseaux et cours d'eau, parmi lesquels la Teign et l'Erme (Cornouaille), la Dee et le Don (Ecosse), est donnée plus haut en regard de celle des sources.

M. Le Chartier, de Rennes,- a fait l'analyse ci-après de deux eaux provenant des terrains granitiques en Bretagne :

EAUX de la Vollsrle. de In Bolaardièrv.

Résidu solide par litre 0.0880 0.0843

Id. insoluble dans Teau alcoolisée. 0.0450 0.0410

Titre hydrotimétrique 3°. 9 40. 6

Silice 0.0222 0.0180

Alumine et oxyde de fer o.ooio 0.0023

Chaux 0.0096 0.0064

Magnésie o.oo3i o.oo63

Potasse 0.0020 0.0048

Soude 0.0200 0.0 i5o

Chlore 0.0140 o.oi35

Acide sulfuriquc 0.0041 o.ooSo

Id. carbonique 0.0076 0.0091

Id. azotique 0.0024 o.oo38

La quantité de chlorure de sodium contenue dans ces eaux est considérable; elle est attribuable aux engrais, et sans doute aussi au voisinage de l'Océan.

Malaguti fait remarquer que la plupart des eaux en Bretagne, dont il a déterminé la composition, contiennent de la silice ou des silicates alcalins. On irrigue, ajoute-t-il, mais non pas sur une grande échelle, à cause de rhumidîté du climat; toutefois, la plupart des irrigations sont couronnées de succès, sans que les eaux offrent de grandes différences entre elles (i). Peligot n'a également trouvé dans les sources de Saint- Yrieix (Haute- Vienne) que du silicate de potasse et de la matière organique, avec des traces de chlorures (2).

Dans ses nombreuses analyses des eaux des sources, des fontaines et des ruisseaux de la Haute-Vienne, Barrai a constaté qu'à moins d'être souillées par des écoulements venant de terres préalablement fumées, ou des égouts, les eaux renferment comme résidu sec par litre, de

(I) Enquête sur les engrais ndustriels, 1806, t. I. i2)Soc,nat.d"agTic.,iiiyj.

i5 à 5o milligrammes formés de silice, de chlore, de potasse et de matières organiques. Le tableau XXXVII reproduit un certain nombre de ces analyses qui permettent de juger de la composition des eaux; on y notera la quantité extrêmement faible de sels en dissolution et Tabsence presque complète de chaux.

Dans un mémoire sur l'origine de la chaux dans les plantes (i), M. Albert Le Play conclut de l'analyse des sols et sous-sols de sa terre de Ligoure (Limousin) et des diverses eaux courantes, à la nécessité, pour ne pas épuiser le sol arable et répartir au mieux les engrais minéraux sur les sols gneissiques, de recourir à l'irrigation des prés.

Le gneiss qui forme le sol au sud de Limoges ne contient, à Tétat de roche solide, aucune matière minérale que les végétaux puissent immédiatement utiliser, tandis que le tuf produit par la décomposition de cette roche, qui sous une épaisseur de plusieurs mètres supporte la couche végétale, est susceptible de leur fournir la silice, la potasse, la magnésie et la chaux. Il résulte (tableau XXXVIII) des analyses des eaux du domaine de Ligoure que les eaux atmosphériques, n'ayant pas d'action sur le gneiss même, dissolvent la plus grande partie de la chaux et des éléments minéraux du tuf gneissique, en appauvrissant le sous-sol d'autant plus énergiquement qu'elles s'écoulent plus vite sur les déclivités. La terre végétale remuée par la charrue, perd ainsi en général la chaux assimilable que les eaux pluviales entraînent, de telle sorte que le principe de culture le plus essentiel dans la contrée consisterait à déverser aussitôt que possible dans les prés les eaux pluviales qui sortent des champs. « C'est le plus sûr moyen, ajoute M. Le Play,

(0 Comptes rendus Acad. des sciences. 1862, t. I.

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de restituer aux terres arables les éléments de fertilité qui leur sont journellement enlevés. » Il y a lieu seulement de déplorer que l'état de morcellement du sol interdise ce moyen de fertilisation et conduise les propriétaires à laisser écouler infructueusement dans les ruisseaux les eaux des champs.

Le tuf résultant de la décomposition rapide du gneiss, tout en conservant un caractère schisteux, est perméable aux eaux pluviales, sur une épaisseur de 8 à lo mètres, et laisse suinter un grand nombre de sources au sommet de toutes les pentes. C'est en dérivant les sources du domaine de Ligoure qui affluent dans les ruisseaux de Chevillât et Gaby, pour arroser d'anciens prés sur les flancs du promontoire et en créer de nouveaux à des hauteurs de 3o à 40 mètres au-dessus du niveau de la Ligoure, que M. Le Play a pu, à peu de frais, augmenter les ressources fourragères de sa propriété, malgré l'absence complète de chaux assimilable dans la couche végétale, qui caractérise les terrains cristallisés du Limousin central (1).

En Auvergne, les eaux granitiques analysées par Truchot ont donné la composition suivante par litre :

MonUIgat. Lr Celle Saariat EstanacTia — (funtalne>. (^fontolne). (fonUlneii.

mllligr. inlUlvr. mOligr. mlUigr.

Silice 40 9 29 28.5

Chaux w 2.4 23 i3.3

Potasse 2.7 2.5 1.9 8.2

Soude 2.0 3.6 6.4 i3.3

Acide phosphorique. . , traces, traces, traces, traces.

Dans la vallée de l'Isère, les terrains cristallins fournissent des eaux que Grange et Niepce ont analysées, parmi lesquelles nous citerons, la source du Chalet du

(0 Journ, agric. praUj 1862, t. II.

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Compas, près d'Allevard, qui jaillit du milieu des roches du protogyne, au pied du pic du Grand-Charnier, et celle du ruisseau de Vaulnaveys(i) :

Carbonate de chaux..

Carbonate de fer

Sulfate de chaux. . . . .

Acide silicique

Silicate d'alumine

Chlorure de sodium..

Chlorure de calcium.

Les eaux de la Romanche, dans la même vallée, sortant des terrains primitifs, chargés de millièmes de potasse, sont réputées meilleures pour l'irrigation que celles du Drac, qui a également sa source dans les granits, mais qui coule sur des terrains d'alluvion et sur des roches calcaires. Des deux rivières qui traversent le canton du Valbonnais, la Bonne, venant de formations exclusivement granitiques, et la Marsanne (malsaine), venani de terrains schisteux, c'est la Bonne qui est surtout utilisée pour les arrosages, et pourtant les vallées des deux rivières sont toutes deux également cultivées (2).

Mauny de Mornay cite une exploitation, dans l'Autunois, où l'irrigation se pratique à l'aide des eaux de doux petites rivières, placées Tune et l'autre à la limite des terres granitiques et calcaires. Les prairies arrosées par Tune d'elles, qui sort des terrains granitiques et parcourt des pays cultivés, valent quatre ou cinq fois plus que celles arrosées par Tautre rivière sortant des forêts du Morvan. D'après Belgrand, les roches gra-

(I ) Ann. des eaux de la France, i85i, p. 234.

(2) Scipion Gras. Statist. miner, de la Drame, i835.

nitiques du Morvan, où TYonne tire son origine de la réunion de milliers de petites sources très peu calcaires, fournissent des eaux qui, marquant seulement de 2 à 7 degrés à Thydrotimètre, sont souvent altérées parla tourbe (i).

Bouchardat a donné l'analyse des eaux de la source des PannatSy dans le département de l'Yonne, à Aval- Ion, qui sort d'une roche granitique; aucun des filets d'eau qui la forment ne traverse de roches d'autre formation; et d'une petite rivière, le Cousin, qui coule dans une vallée profonde, creusée dans des rochers granitiques. Nous reproduisons les deux analyses du résidu (2).

Acide silicique

Carbonate de chaux , . .

— de potasse (

Sulfate de chaux

Chlorures de sodium et de

calcium

Matières organiques

Sonrcc

ElTlère

des PknnAti.

le Couain.

o.oiq

traces.

o.oi5

O.Ol3

traces.

L'eau de la Garonne, dont Deville a déterminé la composition, après ravoir puisée en amont de Toulouse {1846), indique, par la forte proportion de silice qu'elle renferme, son origine et celle de ses principaux affluents, qui, comme TAriège, coulent en très grande partie sur les roches feldspathiques. Quant à l'élément calcaire, sa présence se justifie très bien par les terrains traversés (3). La composition est la suivante, comparée à celle de l'eau de la Loire :

{i) Documents relatifs aux eaux de Paris , 1861, p. i35.

(2) Journ. de pharm.^ janvier i83o.

(3) Ann. chim. et phys,, 3* série, t. XXIII.

Gaz.

Acide carbonique.

Azote

Oxygène

La QaroniM!.

lit 0.0170 0.0157 O.OO7Q

La Loire.

lit 0.0018

Résidu fixe.

Silicate de potasse

/ Acide silicique ,

Peroxyde de fer ,

Alumine

Carbonate de chaux

— de magnésie...

— de manganèse . .

— de soude

Sulfate de soude

— de potasse

Chlorure de sodium

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