Eaux des formations de transition
c. Eaux siluriennes. — Dans les roches siluriennes, les sources dissolvent plus de matières que dans les granits et les gneiss; il en résulte que le résidu fixe est le double en moyenne de celui constaté pour les eaux granitiques; mais sous le rapport de Tazote, il n'y a qu'une légère différence. Voici la moyenne de 1 5 analyses d'eaux siluriennes, dont i3 puisées dans le Pays de Galles et le Cumberland, et 2 en Ecosse (2) :
En c«nt-miUième«.
Eaux de sources.
Résidu fixe 12.33
Carbone organique o . o5 1
([) Des eaux d'irrigation. Journ. agric. prat.y i85o, t. XIII, p. 309. (2) Hivers pollution Commit., Sixth report^ 1871.
En eent-millitaief.
Ammoniaque 0.00 1
Azote (nitrates et nitrites] o . 1 78
Azote total combiné * 0.192
Chlore i .84
d. Eaux dévoniennes. — La proportion de matières dissoutes augmente aussi notablement dans les sources provenant des roches dévoniennes et du vieux grès rouge; mais celle des éléments organiques reste très faible, entre 0,02 cent-millièmes et 0,137; sur 22 analyses d'eaux provenant des comtés de Herefbrd, Cornouaille, Devon et de TÉcosse, la moyenne a été la suivante :
En oent-millièmM.
Eaux de source.
Résidu fixe 25 .06
Carbone organique o.o54
Azote organique 0.012
Ammoniaque o.ooi
Azote (nitrates et nitrites) o. 764
Azote total combiné 0'777
Chlore 3.85
Il y a lieu de remarquer la forte teneur de ses eaux en azote, à Tétat de nitrates et de nitrites, qui élève la dose de Tazote total combiné.
Les cours d'eau nombreux qui prennent naissance dans les terrains cambrien, silurien et dévonîen, dont l'étendue en Grande-Bretagne est relativement considérable, se caractérisent, comme ceux des terrains cristallins, par leur faible résidu solide qui varie entre 2,14 cent-millièmes et 12,48, pour un ensemble de 81 analyses. Comme Teau pluviale ne pénètre pas dans ces sols, mais glisse rapidement à la surface, sans pouvoir se char-
ger de matière organique, celle-ci n'y apparaît à Tétat végétal que lorsque le cours d'eau traverse les landes et les tourbières.
La moyenne des 81 analyses d'eaux de rivières et de ruisseaux parcourant les anciens terrains sédimentaires indique :
En cent-millièmes.
Eaux courantes.
Résidu fixe 5 . 1 2
Carbone organique o. 293
Azote organique 0.024
Ammoniaque o . 002
Azote (nitrates et nitrites) 0.006
Azote total combiné o.o3 1
Chlore 0.92
Les eaux des puits qui ont été forés dans les roches dévoniennes à une profondeur variant entre 3o et y 5 mètres sont bien plus riches en principes fixes, et surtout en azote à l'état combiné; la composition moyenne des eaux de sept de ces puits a fourni :
En cent-millièmea.
Eaux des puits forés.
Résidu fixe 32.68
Carbone organique 0.068
Azote organique 0.012
Ammoniaque o.oo5
Azote (nitrates et nitrites) o. 294
Azote total combiné. o.3io
Chlore 2.70
Frankland a constaté dans Teau de Tun de ces puits, celui de Bradford, foncé en 1869, à 92 mètres de profondeur, la présence de Thydrogène sulfuré qui s'est rapidement dissipé dans Tair; il est dû probablement à la réduction des sulfates.
En France, les eaux que reçoit la Loire, dans le département de la Loire-Inférieure, ont été analysées par Bobierre et Moride en 1 846 ; on trouvera leur composition dans le tableau XXXIX (i). Ces eaux proviennent toutes des schistes de transition associés aux terrains granitiques et gneîssiques, à savoir :
L'Erdre, dont le lit généralement très vaseux est presque entièrement composé de micaschiste et de gneiss; il contient aussi quelque peu de psammiteet d'amphibolite;
Le Cens et la Chésine, qui coulent presque constamment dans le micaschiste;
Le Brivé, dont le lit est composé de micaschiste, de granits et, dans quelques endroits, d*amphibolite ; les eaux d'égouttement des immenses marais tourbeux de Montoir se déversent dans le Brivé.
La Sèvre-Nantaise, qui traverse les terrains de micaschistes, de gneiss, d'amphibolite et de granit;
La Moine, qui coule entre des phyllades et des granits, et souvent sur des bancs de quartz;
Enfin le Maine, dont le lit est principalement formé de micaschiste et de granit.
Nous avons joint dans le tableau XXXIX les analyses fournies par les mêmes chimistes, des eaux de la Vilaine et de ses affluents, le Chère et le Don, qui, sortent du massif des roches anciennes de la Bretagne et se déversent dans TOcéan.
Le lit de la Vilaine est constitué en grande partie par des phyllades, et celui de ses deux affluents par des phyllades également, mélangés de quelque peu de psammite. Ces rivières sont vaseuses, encombrées de plantes, et forment des marais entourés de charas, de carex, de sphagnes, de sagittaires, d'iris, etc.
(I) Études chimiques sur les cours d'eau du dép. de la Loire-Inf., 1S47.
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