‹ Les irrigations (volume 3)Chapitre 5 sur 128 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

échappent à la gestion du domaine, mais qui intéressent la communauté, et des applications choisies dans les divers pays, qui facilitent la comparaison des ressources dont ils jouissent pour les arrosages. Nos exemples sont pris partout, dès qu'ils portent avec eux un enseignement utile, mais de préférence dans les contrées où rirrigation se pratique de longue date avec succès. Notre connaissance des travaux de Tltalie, de l'Allemagne, de l'Angleterre et des résultats des grandes enquêtes agricoles, nous a facilité la tâche en permettant de recourir aux sources que nous avons toujours soigneusement citées.

Aussi longtemps que, par ignorance des questions techniques ou par indifférence, Tagriculture demeurera passive dans la discussion des intérêts d'ordre général que soulèvent l'aménagement et Taffectation des eaux du territoire; aussi longtemps que, de sa propre initiative, elle ne dictera pas les mesures à prendre par les pouvoirs publics pour lui donner la jouissance des eaux laissées sans emploi, elle ne devra compter ni sur une extension des arrosages, ni sur une amélioration sensible de sa situation vis-àvis des contrées privilégiées dont la concurrence devient chaque jour plus redoutable.

Tous les pays agricoles sont aujourd'hui solidaires, en tant que les lumières et l'expérience des uns doivent profiter aux autres; il n'y a plus de secrets à garder, ni démérite spécial à démontrer que lorsque le cultivateur dispose librement de Teau, il n'a pas de moyen

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plus sur et plus efficace que rirrigation pour augmenter le produit net et maintenir la fertilité de ses terres. Le tout est de savoir et de vouloir s'assurer les bienfaits de Teau.

L'irrigation qui fait Therbe, le bétail et Tengrais, donne la stabilité à toutes les récoltes; elle équilibre la production et la rend indépendante des caprices du climat; c'est là son mérite inappréciable. « Grâce « à elle, dit Auguste de Gasparin, Tagriculteur ob- « tient la fraîcheur constante et proportionnée à « chaque région, des engrais sans soins, des combi- « naisons de terrains sans dépenses, des récoltes sans a travaux, Tentretien et la netteté du sol sans instrua ments, la richesse et le repos , la vie matérielle et « la vie intelligente venant prendre les justes pro- « portions qu'elles doivent avoir dans tout corps a social bien ordonné (i). »

Sans aller aussi loin dans la voie tracée par l'enthousiasme de Gasparin, nous espérons que les agriculteurs trouveront dans notre livre des données positives sur les moyens d'améliorer par Teau le rendement de leur exploitation ; que les ingénieurs y verront les résultats agricoles que procurent le meilleur aménagement des sources et des rivières et la conduite rationnelle des eaux; et que les économistes soucieux d'agronomie y apprendront quel intérêt ont, pour la fortune et le bien-être d'un pays, une

(i] Du plan inclinéj etc., Cours d'agriculture , t. VI, i863.

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