X PRÉFACE
bord (livre i^"") les bienfaits de rirrigation. Ce n'est pas là, quoi qu'on pense, un lieu commun. L'organisation des cours d'eau, hormis en Piémont et en Lombardie, n'existe aucune part. Tant qu'elle n'aura pas été aussi heureusement réalisée ailleurs, l'irrigation, au point de vue de ses développements et de ses résultats, restera à l'état de vœu platonique. Dans l'exposé qui suit des principes de l'irrigation (livre II), nous avons admis que nos lecteurs sont familiers avec les notions fondamentales de la chimie et de la physiologie, ce qui nous permet d'aborder directement, d'après les plus récentes recherches expérimentales, l'étude des phénomènes qui lient le sol et la plante aux influences de l'atmosphère, des eaux météoriques et d'arrosage.
L'examen des terrains géologiques (livre III), sous le rapport du régime des eaux et de leur aptitude à la culture en prairie, auquel se joint l'étude des climats et des circonstances météorologiques qui intéressent Tirrigation , nous conduit à retracer, par des exemples choisis en Italie, en Espagne et en France, les conditions de quelques territoires irrigués depuis des siècles.
La composition des eaux naturelles, des eaux envisagées en relation avec leur provenance géologique, des limons ou des sédiments abandonnés par les eaux de rivières, de canaux, de drainage (livre IV), sert de prodrome aux considérations sur les qualités des eaux d'irrigation. Nous nous sommes d'autant
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plus étendu sur cette question de l'analyse des eaux qu'elle semble avoir été négligée dans les traités, même les plus complets, de nos devanciers.
Les moyens d'approvisionner les eaux (livre V) par les puits ordinaires et artésiens, les sources, les barrages en montagne, les étangs et les réservoirs ; les machines élévatoires (livre VI) : seaux, écopes, norias, chapelets, roues, vis, pompes, turbines, béliers, siphons, et les forces qui les mettent en mouvement : moteurs animés, vent, air, eau, vapeur, forment Tobjet du complément de la première partie.
Peu d'agriculteurs se soucient de capter eux-mêmes des sources, de forer des puits, de régulariser des cours d'eau, de barrer des torrents, d'endiguer des étangs, de construire des bassins ou des réservoirs, d'installer des appareils élévatoires, etc.; mais ils doivent tous savoir pourquoi et comment s'exécutent ces travaux d'une nature si variée et d'une importance si réelle. Aussi nous sommes-nous efforcé, tout en écartant les démonstrations arides des formules d'hydraulique ou de résistance des matériaux, que l'ingénieur sait trouver dans ses livres de texte, d'initier l'agriculteur aux détails techniques des constructions, en référant les cotes et en montrant des figures, pour qu'il acquière une notion suffisante de leurs proportions, de leur coût et de leur utilité. Nous n'avons pas hésité, dans ce même ordre d'idées, à signaler sommairement nombre de travaux de grande entreprise qui