‹ Les irrigations (volume 3)Chapitre 53 sur 128 · yj «fl ïi · texte numérisé non relu

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3o8 LES IRRIGATIONS.

combiné et le chlore y sont en bien moins grande proportion. La composition moyenne ci-après se rapporte à 9 échantillons d'eaux fournies par le lias, le nouveau grès rouge et le calcaire magnésien.

Ka cent-miUitBM.

Eaux courantes, —

Résidu fixe 18.80

Carbone fixe 0.286

Azote organique 0.042

Ammoniaque 0.002

Azote (nitrates et nitrites} o.oio

Azote total combiné 0.054

Chlore i .49

h. Eaux jurassiques. — Les eaux des terrains jurassiques oti prédomine Toolite, presque exclusivement calcaire, renferment de grandes quantités de carbonate de chaux qui augmente le résidu fixe; le poids de ce résidu varie entre 22,84 cent-millièmes et 52,16. Les éléments organiques, carbone et azote, sont faiblement représentés, comme il résulté de la moyenne ci-après de 35 analyses d'eaux de sources jurassiques, puisées dans les comtés de Gloucester, de Somerset, à Cirencester, et dans le bassin de la Tamise :

Sourooa. PaiU foruL

Eaux de sources et de puits, — —

Résidu fixe 3o.33 33. 60

Carbone organique 0.043 o.o37

Azote organique o.oii o.oio

Ammoniaque o.ooi 0.022

Azote (nitrates et nitrites) 0.402 0.626

Azote total combiné 0.414 0.664

Chlore i.55 2.69

Les titres en chlorure ne sont guère plus élevés dans ces eaux que dans celles des terrains primitifs.

Très perméables, absorbantes, et susceptibles d'emmagasiner d'énormes volumes d'eau, les couches oolitiques laissent émerger non seulement des sources abondantes d'eaux calcaires, peu riches en matières organiques; mais dans les nappes souterraines qu'atteignent les puits jusqu*à 70 mètres de profondeur, les eaux renferment à peu près le même résidu fixe que celles fournies par les sources.

Les analyses publiées par la Commission d enquête anglaise, comprennent 21 prises d'eau des sources qui alimentent le bassin supérieur de la Tamise. Toutes ces sources proviennent de l'oolite, tant sur le territoire de Cirencester qu'à North-Leach, Stow-on-the- Wold , Taddington, etc. Les données qui résultent de ces analyses, réduites à une composition moyenne, sont les suivantes, en cent-millièmes :

En cent-mlUèmcii.

Sources oolitiques du bassin de la Tamise. —

Résidu fixe *7 • ^4

Carbone organique o.o33

Ammoniaque '. o

Azote (nitrates et nitritcs o* ^79

Azote total combiné o. 39 1

Chlore i . 3 1

Ces sources ne renferment que des traces de matière organique; quant à leur dureté, causée par les carbonates de chaux et de magnésie , elle est facilement réduite par le traitement à la chaux, de 22*,5 à 5% 5.

La matière organique est si énergiquement détruite, comme au contact du nouveau grès rouge, par la roche oolitique, qu'il en reste à peine des traces; l'ammoniaque et lazote à l'état d'azotates et d'azotites , s'en trouvent d'autant augmentés dans l'eau des nappes souterraines.

3io LES IRRIGATIONS.

La composition moyenne des eaux de 5 puits indique, en effet, o,656 cent-millièmes d'azote total, à Tétat combiné, et 2,69 de chlore.

Nous citerons parmi les eaux jurassiques en France, dont la composition a été déterminée, celles des sources voisines de Besançon, examinées par H. Deville; de la fontaine de Vesoul, analysée par Delesse (i); de la rivière le Doubs (2), qui descend des hautes sommités calcaires du Jura; du Rhône (3), à Genève, quand il n'est encore chargé que des détritus des formations schisteuses et calcaires qui caractérisent, dans les Alpes, le terrain jurassique; enfin de deux sources calcaires du même terrain, dans la vallée de Graisivaudan, recherchées par le docteur Niepce (tableau XLII).

Le professeur Macagno (4) a donné des eaux du Tanaro, à Asti, eaux limoneuses et réputées pour leur qualité excellente à Tarrosage, la composition suivante par litre :

Eaux du Tanaro.

Acide carbonique o.ooii

Carbonate de chaux 0.0423

Sulfate de chaux 0.0042

— de magnésie et chlorures de magnésium. 0.0975

Chlore .' 0.0204

Matières organiques 0.0014

Degré de dureté (Boutron et Boudet) 1 2'>

Le Tanaro qui reçoit les eaux des terrains jurassiques supérieurs de la chaîne des Apennins, et celles de la Stura dont l'origine est la même, coule de Carru par

(i) A. Delesse, Ann. des Mines, 3« série, t. XX, 1841.

(2) Des deux analyses de l'eau du Doubs, Tune a été faite en 1845 par H, Deyille, et Tautrc en 1828, par Desfosses. {Ann. des eaux de la France. p. 203.}

(3) L'analyse de l'eau du Rhône, prise à Genève en 1846, est due à H. Deville (Annuaire id., p. 2141.

(4) R. Sta\tone enologica sperimentale di Asti^ 1874.

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3i2 LES IRRIGATIONS.

Asti jusqu'à Felizzano, dans les terrains tertiaires.

i. Eaux crétacées. — Le terrain crétacé inférieur, que forment les couches du Weald et des grès verts (sables et argiles), est loin de fournir des eaux de qualité comparable à celle des sources ou des nappes du nouveau grès rouge et de Toolite. Le volume des eaux est également moindre. *

Les sables de Hastings, les argiles du Weald et les grès verts abandonnent beaucoup da matières fixes à Teau des puits ; la proportion varie de 28 grammes 34 par litre à 79 gr. 20, dans les eaux qui ont été examinées. Au contact des sables poreux la matière organique s'oxyde promptement, et sans doute, en raison du protoxyde de fer que contiennent les grès verts, les nitrates et les nitrites résultant de la décomposition de la matière organique, se transforment en ammoniaque, en laissant échapper Tazote à Tétat libre; ce qui explique la teneur élevée des eaux des puits de cette formation, dont la composition moyenne est la suivante :

Mnt'mllUèmw.

Puits forés (i). —

Résidu fixe 45 . 20

Carbone organique o .068

Ammoniaque 0.016

Azote (nitrate et nitrites) o. 196

Azote total combiné 0.22?

Chlore 5.38

Voelcker a fait, à la demande de la Commission des eaux de Londres, les analyses rapportées dans le ta-

(I) Les puits dont les eaux ont fourni la moyenne sont au nombre de vingt, 17 ont été forés dans les grès verts supérieurs et inférieurs, jusqu'à la profondeur de 60 mètres, et les autres dans les sables et argiles du Weald.

bleau XLIII des eaux puisées à cinq sources du comté de Surrey (i); le dosage de l'ammoniaque et de Tacide ni-

Tableau XLIII. — Analyse des eaux de source du comté de Surrejr.

Matière organique

SOmCES (COMTÉ DB SURHEY:.

Wlilcy.

Ciitehnuufc

Telwood.

Panehbowl

BarfonL

Carbonate de chaux

— de magnésie..

traces.

traces.

Sulfate de chaux

— de potasse

— de soude

Chlorure de poUssium.

— de sodium —

Nitrate de chaux

— de magnésie —

Silicate de chaux

— de chaux

Oxydes de fer et alumine.

Silice

O.Ol32

Résidu par litre....

Ammoniaque libre (sels).

— organique.

Acide nitriaue

Dureté avant ébultition.

— après ébullition.

trique pour la source de Witley, est dû à Frankland.Ces eaux, dont la température varie entre 9 et 1 1 degrés centi-

(I) Trav. et expér. de VœlckeTj par A. Ronna, 1888. t. II, p. 371.

3i4 LES IRRIGATIONS.

grades, sont aussi bonnes que celles de Toolite, sans dureté notable, le carbonate de magnésie y étant en très faible proportion (i).

Le terrain néocomîen est particulièrement riche en sources qui alimentent les cours d'eau dérivés des formations plus anciennes.

C'est ainsi que la Durance, qui n'est à proprement parler qu'un torrent gigantesque, descend du massif serpentineux du mont Genèvre, sur le terrain jurassique, pour se gonfler à Sisteron, entre les crêtes perpendiculaires du calcaire néocomien dont il reçoit les eaux, avant de gagner les terrains tertiaires à lignite et les dépôts caillouteux, jusqu'à son embouchure dans le Rhône.

De même l'Isère, partie comme son affluent, l'Arc, du massif des Alpes de la Savoie, traverse les terrains métamorphiques ou cristallins, longe ensuite le pied des collines du terrain crétacé inférieur et néocomien d'où descendent les eaux du grand cirque de l'Oisans dans le Rhône, entre Tournus et Valence.

L'Huveaune qui coule sur le revers septentrional de la chaîne Sainte-Baume, formée de calcaire avec revêtement schistoïde, et l'Arc qui recueille les eaux du versant nord de la chaîne de l'Etoile, constituée également par le calcaire compact, revêtu de calcaires grossiers, de sables et d'argiles tertiaires, fournissent des eaux calcaires.

Enfin, la Sorgue, au sortir de la fontaine de Vaucluse dans laquelle se drainent les Avens néocomiens, arrose de ses eaux calcaires la riche plaine des Paluds par l'une de ses branches, et le territoire non moins fertile de Gadagne, Saint-Saturnin, d'Entraigues, etc., par l'autre branche.

Le tableau XLIV réunit les analyses des eaux de la

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Durance, de Tlsère et de la Sorgue qui sont employées pour rirrigation.

Les eaux de la Durance ont été analysées par Barrai, de Gasparîn et Hervé-Mangon ; celles de l'Isère par de Gasparin et par les laboratoires des ponts et chaussées et de Grenoble ; celles de la Sorgue par Hervé-Mangon.

Comme le fait très justement remarquer A. de Gasparin (i), les différences d'une analyse à l'autre pour la même rivière, suivant les altitudes et suivant l'époque de la prise d'échantillon, sont beaucoup plus considérables que d'une rivière à l'autre. Entre les eaux de la Durance et de l'Isère, contrairement à ce qu'a voulu établir l'ingénieur Dumont (2), il est impossible d'établir une différence sensible; « car elles sont également séléniteuses , calcaires bicarbonatées, passablement magnésiennes et contenant une proportion de soude qui n'est pas tout entière à l'état de chlorure. »

Les eaux de l'Isère sont donc aussi propres aux irrigations que celles de la Durance. Quant à la température de ces eaux, on sait par expérience qu'elle n'a jamais empêché l'emploi d'eaux encore plus froides, alimentées par les neiges et les glaciers, dans la Savoie, les Hautes-Alpes, le canton de Vaud, etc.

Barrai conclut de ses essais sur les matières en dissolution dans Teau de la Durance, que leur proportion varie entre 200 et 700 grammes par mètre cube, suivant la saison, le débit de la rivière et surtout de ses affluents en temps de crue (3).

A. de Gasparin caractérise l'eau de la Durance par rapport aux eaux calcaires, comme celles de la Sorgue,

ir) Qualités comuarées dss eaux de l'Isère et de la Duranc:, Joura. d'Agric, 1881.

(2) Comptes rendus Acad. des sciences, 24 octobre 1881.

(3) Les Irrigations des Bouc hes-du-Rhône, 1876, p. 462.

par la présence des sulfates de chaux et de magnésie, ainsi que d'une faible proportion de sel marin, que justifie la constitution géologique du bassin inférieur de la Durance où les formations gypseuses sont étendues. L'absence de toute matière organique est non moins remarquable. Bermond-Devaulx avait attribué, de son côté, les qualités de cette eau pour l'irrigation, aux carbonates alcalins provenant des marnes potassiques que la rivière traverse au-dessus de Sisteron (i).

Quant à Teau de la Sorgue, plus chargée de carbonate et d'acide carbonique, elle est de fait moins estimée pour l'irrigation. Ainsi, malgré une portée rarement inférieure à 9 mètres cubes par seconde, permettant d'arroser de 8 à 9,000 hectares, elle n'en arrose que 2,000. Tandis que l'on paye un pour l'eau de la Sorgue, ajoute Hervé- Mangon, on paye quatre pour celle delà Durance (2). Scipion Gras remarque, en outre, qu'entre les eaux du Drac qui prend sa source dans les terrains granitiques, puis traverse des couches de schistes noirs, argilo-calcaires, et celles de la Romanche qui, venant aussi des formations granitiques , renferme quelques millièmes de potasse et reste dans les terrains primitifs , la préférence est accordée à ces dernières, que l'on utilise pour l'arrosage de la plaine au sud de Grenoble (3).

D'un autre côté, les eaux dérivées du Drac, aussi froides et de même aspect louche que celles de l'Isère, seraient préférées par les agriculteurs de Gap, à Saint- Bonnet dans le Champsaur, comme aussi dans le Queyras et les hautes vallées, aux eaux de source de la montagne de Charance et des chaînes voisines.

Barrai a déterminé pour plusieurs cours d'eau servant

(i) Biblioth. univ. de Genève , 1844.

13) Enquête sur les engrais industriels, 1 865, 1. 1, p. 919.

(3) Enquête, loc, cit., p. 3i».

3i8 LES IRRIGATIONS.

à Tarrosage dans le département des Bouches-du- Rhône, le volume de Toxygène dissous, le poids du résidu de Tévaporation et le degré hydrotimétrique. L'Huveaune, puisée à Aubagne; l'Arc au pont du moulin et ses affluents : la Cause, à Tholonet; le Bayon, à Beaurecueil, ont donné les résultats suivants :

HuTOAano. Are. Caase. Bajon.

Oxygcne dissous (centimètres cubes) i.f) 0.6 i.o 0.5

Résidu solide de l'évaporation (milligr.) 63 1 710 293 341

Degré hydrotimétrique 36*> 320 2205 25°

Chaque degré hydrotimétrique correspond à o gr. oo58 de chaux et quelquefois de magnésie; toutes les eaux calcaires de ces rivières sont un peu magnésiennes.

Les eaux des sources et des petites rivières des vallées de risère et du Graisivaudan, qui coulent dans les terrains néocomien et crétacé, ont été analysées par Grange, Niepce et Gueymard (i j ; dans le tableau XLV sont groupées les analyses suivantes :

r. Eau de la Tronche (altitude 3 16 mètres).

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