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o.oSo

O.OIO O.OOI

La craie supérieure est le réservoir naturel des eaux que Ton cherche à obtenir par des puits profonds dans la région du sud-est de l'Angleterre, et notamment dans le bassin de la Tamise. Ces eaux dissolvent une

LES IRRIGATIONS. Sai

grande quantité de matières minérales, principalement du bicarbonate de chaux, et la proportion du résidu fixe se maintient entre i6 gr. 3o et 46 gr. 44 par litre. Plus que toute autre formation, la craie tendre absorbe l'eau pluviale, l'emmagasine en grandes masses et par les puits qui élèvent les eaux dans lesquelles elle se dissout, elle agrandit spontanément la capacité du réservoir.

Quoique caractérisées par leur dureté, les eaux purement crayeuses sont à peu près exemptes de matière organique. Ainsi, la moyenne fournie par Tanalyse des eaux de 60 puits foncés en Angleterre dans la formation crétacée, quelques-uns à une profondeur de 180 mètres, mise en regard de celle des sources de même provenance, indique que la proportion de chlore varie peu, tandis que celle de l'azote, à l'état de nitrates et de nitrites, est presque double dans Teau des puits.

On ne trouve pas d'eau dans la craie proprement dite du bassin de Paris, si ce n'est à la partie tout à fait supérieure, formée d'une craie remaniée; mais dans T Artois, par exemple, on y rencontre des eaux jaillissantes.

Dans la Seine- Inférieure, le manque général de sources ou fontaines, et la profondeur des puits de toutes les hautes plaines entre Rouen, Fécamp , Dieppe, Gournay, etc. , obligent de pousser dans la craie pour obtenir des eaux salubres et abondantes; or l'épaisseur de la craie varie beaucoup suivant la hauteur des plateaux qui dominent les vallées de la Seine et de TAndelle, de l'Arques, de la Béthune, etc., sur les pentes de la longue crête qui va de la mer, au-dessous du Havre et d'Yvetot, jusqu'à Forges , Aumale et au delà.

De Rouen au Havre, on voit les parties inférieures de la masse crayeuse, la craie tufau, la craie glauconie; au Havre même , les fouilles ont révélé sous la craie les ar- T. I. 21

giles, les marnes et les calcaires coquilliers lumachelles. De même dans toutes les vallées latérales qu*encaissent des côtes crayeuses, des sources de fond, souvent très abondantes , remontent à travers la craie. Dans les fonçages opérés près de Dieppe, au commencement du siècle, jusqu'à une profondeur de 333 mètres, on a reconnu sept grandes nappes d'eau ascendantes, très copieuses, à partir du niveau de 25 à 3o mètres. Un forage entrepris en 1848 à Sotteville, près de Rouen, est entré presque immédiatement dans les argiles de Kimmeridge et le terrain crétacé, et a été poussé jusqu'à 3 20 mètres sans quitter cette formation, après avoir rencontré à 254 mètres une source salée, d'une température de 2 5 degrés centigrades, jaillissant au-dessus du sol. Les puits artésiens de Rouen, d'Elbeuf, donnent des eaux abondantes et ascendantes.

L'Indre-et-Loire offre de nombreux exemples de sondages à travers la craie, amenant au jour les eaux des sables verts et des argiles vertes, qui sont employées aux irrigations, comme force motrice, et pour la salubrité du pays. Dans l'Yonne également, la sonde traversant 60 mètres de craie, poussée à 2o3 mètres jusque dans les argiles, les sables et les grès verts inférieurs, a rencontré à Saint- Fargeau deux nappes fortement ascendantes.

Nous avons réuni dans un premier tableau, XLVI, les analyses des eaux de quelques-uns des puits qui ont traversé ou rencontré la craie; à savoir : i® celles du puits de Grenelle amenées de la nappe des grès et des sables verts, à 548 mètres de profondeur, avec un débit de 800 litres par minute et une température de 28 degrés (analyse de Payen, 1841); 2* celle du puits Saint-Gratien à Tours, qui a traversé la craie à 71 mètres de profondeur et pénétré dans les grès calcaires coquilliers , alternant avec des marnes et des sables verts argileux, pour rencontrer

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