‹ Les irrigations (volume 3)Chapitre 62 sur 128 · VO · texte numérisé non relu

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à moins d'une pratique consacrée de longue date, révèle les qualités des dépôts, qu'il s'agisse de fertiliser des terres déjà cultivées, ou d'améliorer et d'exhausser des terres arides ou submersibles. Ainsi, Surell mentionne les eaux dérivées du Buëch, du Robioux, du Crévaulx, du Boscodon, du Pals, qui descendent torrentiellement dans les Hautes-Alpes jusqu'au Rhône, conmme étant estimées pour leur limon ; et dans le Val Godemard, les eaux de la Severaisse, comme préférables à celles du Drac. « Ces différences dans les qualités des « eaux limoneuses sont telles, ajoute-t-il, que le bourg a de Guillestre est à la veille de faire des dépenses pour <c chercher au loin le ruisseau de Chagne, tandis que son tt territoire est traversé par celui de Rif-Bel, mais dont « les eaux sont moins bonnes (i). »

On sait que l'IU, pendant les crues, charrie un limon moins sablonneux que le Rhin , et que ses eaux troubles sont recherchées pour les irrigations, tandis que les eaux maigres et froides du Rhin ne deviennent favorables qu après avoir déposé le sable qu'elles tiennent en suspension. Les eaux du canal d'Huningue, alimenté par le Rhin, sont d'un bon effet pour la création de prairies, sur un sol de gravier et de cailloux, mais à la condition que les prises d'eau, dans le canal, soient munies de vastes réservoirs où l'eau du fleuve dépose en partie son sable. M. de Maupeou a dû procéder de la sorte sur i85 hectares de prairies, dans son domaine de Hambourg, près de Habsheim (2).

S'il y a, d'ailleurs, de nombreux exemples d'une fertilisation exceptionnelle, résultant des inondations, il n'en manque pas où de véritables désastres ont été causés par le dépôt que les cours d'eau ont abandonné en se retirant.

(1) Étude sur les torrents des Hautes-Alpes . 1870, p. 41.

(2) Les Primes d'honneur en 1867, p. i85 (1870).

Dans ses recherches sur les limons, Mangon ne s'est pas borné à déterminer le poids et le volume des matières solides entraînées, mais encore la composition chimique de ces matières. Les résultats de ses nombreuses recherches sont résumés dans le tableau LI pour chaque cours d'eau qu'il a examiné, par deux analyses de prises d'eau faites en mars et en août, quand cela a été possible. Nous y avons ajouté pour la Saône (col. 9) le limon analysé par Robinet (i), qui correspond à une crue énorme du 27 octobre 1864; pour la Marne (col. 11) le limon ayant été laissé après une inondation de cette rivière (2), et pour le Rhin (col. i5) le limon ordinaire que ce fleuve abandonne (3).

Mangon fait remarquer au sujetdes matières qu'entraîne la Durance, que tout en se trouvant réunies dans les conditions les plus favorables à la constitution des terres arables les plus fertiles, les neuf dixièmes ne sont point utilisés et se perdent à la mer. Il en est de même pour la Loire qui jette à l'Océan des millions de mètres cubes de limon chaque année, sauf un faible volume qui se dépose dans la baie de Noirmoutiers et forme le sol des polders que l'on endigue peu à peu sur cette côte. Quoique le volume total du limon transporté chaque année par la Marne ne soit pas comparable à celui qu'emporte le Var, il suffirait, en raison de sa richesse en matières fertilisantes, au limonage de surfaces étendues. Il renferme en effet des matières organiques et une forte proportion d'azote. La composition chimique du limon de la Seine est moins variable que celle du limon de la Marne; la proportion moyenne d'azote y est un peu plus élevée. Tous ces sédiments ont une densité comprise entre 1,4 et i, 5.

(!) Soc. centr. agric, déc. 1864.

(2) et (3) Ann. de Millon et Reiset, i858; analyses de Mûller.

Tableau LI. — Composition des limons

Résidu insoluble

Silice

Alumine

Peroxyde de fer

Carbonate de chaux

— de magnésie .

Matière organique

Carbone

Azote

Çau combinée

Produits non azotés

DUBANCR

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