MOYENNES
mensaèllM. dea extrAm«s.
Résidu argilo-slliceux insoluble 45.02 46.650
Alumine et peroxyde de fer 3.72 4.65o
Carbonate de chaux 4i»27 41-470
Azote 0.06 0.098
Carbone 0.41 0.686
Eau et produits non dosés 9*52 6.446
Du I*" novembre iSSg au 3i octobre, pendant le cours d'une année plutôt inférieure à la moyenne, le poids total des matières charriées par la Durance, devant Merindol, pour un total jaugé de 12,188 millions de mètres cubes d'eau, s'est élevé à près de 18 millions de tonnes, correspondant à un volume d'environ 1 1 millions de mètres cubes, ou à une couche de o"*,oi d'épaisseur sur une surface de 110,000 hectares.
Si Ton rapporte au poids total de matières solides entraînées, les quantités pour cent des éléments qui les composent, on constate que la rivière emporte par an 9 millions et demi de tonnes d'argile siliceuse; 7 millions de tonnes de carbonate de chaux; 14,000 tonnes d'azote et 98,000 tonnes de carbone.
Barrai ne croit devoir attribuer aux chiffres observés par Mangon, pendant une période trop restreinte, qu'une valeur accidentelle; car, outre que les troubles de l'eau, au même moment, ne sont pas identiques sur les différents points du parcours , ils n'ont pas de rapport constant avec le débit de la rivière. On ne saurait non plus admettre, avec Mangon, que chaque mètre cube de limon a un poids fixe de 1,600 kilog., l'intensité des troubles n'étant pas proportionnelle à la hauteur ni au débit des crues. Les plus grands troubles dus à des orages locaux, éclatant dans le bassin supérieur, ne produisent que des crues relativement faibles. D'autre part,
il convient de remarquer que si les grands troubles ont le plus souvent lieu dans la saison d'été, la Durance est, au contraire, généralement claire dans la saison d'hiver (i).
La puissance colmatante d'une rivière ne saurait ainsi être calculée que par dérivation d'un débit constant, et sur base des coefficients donnant pour chaque jour le poids du limon charrié par ce débit constant (soit I mètre cube).
Il résulte des études sur le régime de la Durance, poursuivies sans interruption au pont de Mirabeau, par le service des ponts et chaussées, que pendant dixsept années le débit total moyen a été de 5,980 millions de mètres cubes par an, correspondant à un débit moyen, par seconde, de 188 mètres cubes. Le débit maximum constaté le 18 mars iSyS a été de 4,008 mètres cubes par seconde, et le minimum^ le 28 juillet 1870, de 45 m. c. 95.
Le limon charrié annuellement a donné, comme poids total moyen, 12 millions et demi de tonnes, représentant un volume moyen de 8,3oo,ooo tonnes. Tandis que la saison d'été offre un poids moyen annuel de 21 kil. 70 de limon dans 10,000 litres d'eau, la saison d'hiver n'en présente que 17 kil. 60 (2).
Toute tentative pour mesurer la vitesse avec laquelle se transportent les crues et leurs limons a été inutile.
Le canal de Carpentras, l'un des dix-huit canaux alimentés par la Durance, a fait aussi l'objet d'expériences contradictoires sur la quantité et la composition des eaux de la rivière. Mangon a constaté qu'à l'échelle de Taillades, à 16 kil. et demi de la prise d'eau de Merindol, la moyenne mensuelle du poids des matières en suspension
(i) Les irrigations des Bouches-du-Rhone ; 1876; p. 358. (2) Rapp, de ring, en chef, Gay : Bull, Min. agric; 1886.
a varié, en 286 jours, entre i36 gr. 25 et 7,444 gr. 36; et la moyenne générale annuelle a été de i kil. 417- Comme composition , les limons ont indiqué les variations suivantes pendant les mois d'observation :
Ponr 100.
Résidu argilo-siliceux insoluble 45.90 à 52.75
Alumine et peroxyde de fer 3.70 à 6.00
Carbonate de chaux 34.82 à 42.50
Azote 0.09 à 0.12
Carbone o«49 à 0.93
Eau combinée et produits non dosés. 4.44 à 6.61
Le carbonate de chaux présente un maximum en juillet, et un minimum en septembre. La proportion de carbone est un peu moindre que dans les limons de la Durance, et celle d'azote légèrement supérieure. Ces résultats concordants démontrent que la composition du limon variant avec les diverses époques de Tannée, il y aurait intérêt à la déterminer aussi sur plusieurs endroits du parcours des eaux, à la même époque.
Limon du Var. — Le Var, cours d'eau plus torrentiel que la Durance, offre des variations très considérables dans le poids de limon que contient un mètre cube d'eau (au pont de la Gaude). L'écart constaté par Mangon est compris entre 36 kil. et demi, le 3o juin 1864, et 9 grammes, le 9 janvier i865. Les limons renferment plus du tiers en moyenne de leur poids de carbonate de chaux , et un peu plus d'azote que ceux de la Durance.
A un poids total de 19,600,000 tonnes de matières solides que le Var entraîne annuellement, suffisante pour colmater plus de 12,000 hectares sur une épaisseur de o",oi, correspond un poids de 1,214 "aillions de tonnes de matières solubles contenant 391 millions d'acide sulfurique et 387 millions de chaux. Ce transport énorme de matières solides qui constituent les remblais et
les deltas à rembouchure des fleuves, et de matières solubles qui se transforment, se combinent et partiellement se déposent, explique la grandeur des ressources dont l'agriculture dispose pour créer ou améliorer le sol végétal.
Limons divers. — Même pour les fleuves à cours paisible, comme la Loire, la Marne, la Seine, mais également soumis aux crues qui causent des inondations , le limon atteint des quantités véritablement extraordinaires. Tandis que la Vienne, avec des hauteurs de 2^,90 à 3",6o à l'échelle de Châtellerault, peut entraîner en 24 heures 28,900 tonnes de limon contenant 102 tonnes d azote et 818 tonnes de carbone, la Loire, au pont de Tours, charrie pour des hauteurs de 2", 10 à 2", 65, en 24 heures, 47,000 tonnes de limon, correspondant à un volume de 29,000 mètres cubes, suflisant pour colmater 100 hectares sur une épaisseur de près de 3 centimètres. Avec des eaux de 2 mètres seulement au-dessus deTétiage, la Loire comporte 2,736 mètres cubes de limon contenant 24 tonnes d'azote et 217 tonnes de carbone (voir le tableau L).
Eaux de pluie et limons, — Une observation , due à Robinet, trouve naturellement sa place ici : c'est que les eaux de pluie ont non seulement une influence sur la composition des eaux des fleuves et des rivières, par rapport du limon qu'elles entraînent, mais par la précipitation de ce limon, elles contribuent à leur clarification. Ainsi, après de fortes pluies tombées dans la vallée de la Saône, qui avaient surchargé Teau du fleuve de limon, il a constaté qu'elle avait gagné en pureté, c'est-àdire qu'elle retenait en dissolution une proportion moindre de sels calcaires. Ce résultat s'explique, d'une part, par l'introduction d'une masse d'eau pluviale pure et, d'autre part, par l'impossibilité pour cette eau, privée
d'acide carbonique, de dissoudre une quantité suffisante de carbonate de chaux qui maintienne entre i3 et i5 degrés le titre hydrotimétrique de l'eau de la Saône (i).
Nous reproduisons dans le tableau L le poids moyen approximatif des matières en suspension dans un mètre cube d'eau de divers fleuves, pour Tannée, et pendant les crues; le poids total et le volume total annuels, par année moyenne, avec l'indication des quantités de carbonate de chaux et d'azote, entraînées dans l'année par certains fleuves, tels que la Durance, le Var, la Vienne, la Loire, la Seine et la Marne. Quant aux autres cours d'eau, l'Allier, la Saône, le Rhône, le Rhin, l'Elbe, le Danube, le Pô, le Nil, le Gange et le Mississipi, les chiffres du tableau indiquent, quand les ingénieurs en ont fait mention,, le débit annuel, le poids moyen de limon par mètre cube d'eau et le volume de limon charrié annuellement.
L'intérêt qui s'attache à ces déterminations est d'autant plus grand que les observations s'étendent sur une plus longue période; aussi est-il à regretter que les services techniques, en faisant connaître les renseignements qu'ils recueillent pour les études des inondations, des crues et des atterrissements vers les embouchures, ne joignent pas des données sur la composition des limons charriés.
Qualité des limons. — La composition des limons, malgré les variations considérables d'une crue à une autre, malgré l'inégalité dans les couches sédimentaires, est, en effet, non moins utile à connaître que leur quantité. 11 ne faudrait pas croire, en généralisant les quelques données que l'on possède, que tous les limons sont analogues aux terres les plus fertiles et renferment invariablement les éléments utiles à la végétation (2). Il en est des limons comme des eaux d'irrigation. L'analyse seule,
(i) Soc, centr. agric, décembre 1864.
(2) C. de Cossigny, Notions sur les irrigations, 1874, p. 23.
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