I. L£S PUITS
Dans les terrains sédimentaires les eaux de pluie s*infiltrent et tendent à s'accumuler au-dessus des couches imperméables pour y former des nappes souterraines, d'où il est facile de les extraire par des puits creusés à des profondeurs variables.
a. Puits ordinaires et citernes. — De temps immémorial les puits servent à l'alimentation et aux besoins domestiques des habitants des villes et de la campagne. C'est le plus souvent à des puits qu'ont recours les fermes isolées pour les arrosages des potagers et des jardins. Quand les nappes souterraines sont abondantes, les puits sont employés à l'irrigation de surfaces étendues, en recourant à des engins plus ou moins simples que mettent en mouvement les animaux.
L'emplacement du puits étant déterminé, soit par un sondage, soit par la connaissance que l'on a de la couche aquifère dans la localité, on ouvre un trou circulaire sur la ligne que la nappe est censée suivre, et l'on approfondit jusqu'à ce que la nappe soit atteinte. Si
le diamètre du trou initial est de 2 mètres, on le réduit à partir du point oti la nappe est rejointe, à i",4o par exemple, de façon à former une banquette sur laquelle se monte jusqu'au niveau du sol un revêtement en maçonnerie. Ce revêtement est d'autant plus solide qu'il repose au-dessus de la banquette sur un châssis ou rouet bien horizontalement assis et construit en madriers robustes.
Lorsque le puits doit avoir une profondeur de 1 5 mètres et au delà, on écarte de nombreuses causes d'accident en ayant soin de maçonner toute la partie qui traverse le sol mouvant, avant de pénétrer plus profondément. Le forage du puits achevé, on élève au-dessus du sol- la maçonnerie destinée à supporter Tappareil à tirer Teau (i).
Dans les terrains sans consistance, il est indispensable d'étayer au fur et à mesure que la fouille avance, et afin de faciliter le travail, on donne à Torifice une forme carrée, rectangulaire ou pentagonale. Les châssis, circulaires, ovales ou carrés, suivant la section du puits, à Taide desquels on soutient la paroi, sont placés à I mètre ou i",5o d'intervalle; derrière ces châssis on glisse des planches ou des clayonnages faits avec des perches dressées ào",35 de distance, entre lesquelles on entrelace, au fur et à mesure que Ton descend, des verges fortes et flexibles. Les suintements s'arrêtent à l'aide de tampons ou trousses, maintenus contre la paroi par un picotage. Il ne faut pas généralement s'arrêter à l'origine de la première nappe, mais approfondir en épuisant l'eau, et donner en tous cas sur le fond un coup de sonde que Ton tube.
Dans certains sols, comme la craie, on augmente
(i) Bona, Manuel des constructions rurales, 3* édit., p. 234.
beaucoup le débit du puits en creusant latéralement des galeries qui amènent l'eau au puits central (1).
Nous venons de décrire le mode le plus ordinaire pour la construction des puits, mais d'autres procédés plus expéditifs sont employés par les puisatiers; notamment celui qui consiste à descendre dans la fosse un tambour en bois, ou en fonte, formé d'un anneau ou gril plat, destiné à soutenir la maçonnerie, et d'un cylindre creux vertical, de même diamètre que celui du muraillement extérieur, portant Tanneau sur le bord supérieur, et taillé en biseau sur le bord inférieur. Quand le puits a été creusé à la profondeur que comporte le terrain, sans éboulement, on y introduit le tambour et Ton commence à maçonner audessus de l'anneau, en ayant soin de ne commencer une seconde assise que la première étant achevée, de façon à ce que le tambour supporte une charge égale sur sa périphérie. Pendant qu'on maçonne, on fouille le terrain au centre du tambour, puis au-dessous, et peu à peu, sous la charge du muraillement, le tambour descend verticalement jusqu'à la profondeur voulue. Cette disposition est montrée par la figure 2.
Un autre procédé, suivi dans Tlnde, revient à creuser
Fie. 2. — Puits en ponçage avec cadre