Digues iniart;es. — Le système des digues mixtes
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FiG. by» — RÉSERVOIR de Torcy; coupe et plan de la digue
DANS L*AXE DE l'aQUEDUC.
paraît être le moins économique de tous, car l'ensemble des maçonneries qu'il exige représente un cube au moins égal à celui que nécessiterait un mur unique , et les remblais ne donnent lieu qu'à une dépense excédante.
Digue de Torcy, — Comme type de digue mixte, construite pour les anciens réservoirs, nous citerons celui du réservoir de Torcy qui alimente le canal du Centre; il offre, pour une hauteur d'eau maximum de 1 1 mètres, une capacité de 2, 3 80, 000 mètres cubes. Le talus extérieur du remblai en terre porte en profil une retraite avec banquette; le talus intérieur, avec revêtements maçonnés sur une épaisseur de i mètre à i'",25, est formé
par une série de sept plans inclinés jusqu'à la crête. La largeur de la digue (fig. 5y) est de 40 mètres , et la hauteur au couronnement, de 1 3 mètres.
L aqueduc servant de prise d'eau offre une section rétrécie au droit du puits maçonné vertical ; c'est de la première banquette du talus intérieur, au niveau de laquelle affleure le sommet du puits, que se fait la manœuvre.
Digue de Saint-FerréoL — Le bassin de Saint-Ferréol sur le canal du Midi, présente un type plus complet du
Fig. 58. — Réservoir dk Saint-Ferréol; type mixte; coupe de la digue PAR l'aqueduc.
système mixte. La digue en terre (fig. 58) de 140 mètres de longueur à la base, est soutenue et consolidée par deux murs extrêmes. Un -troisième mur est construit à peu près au milieu de la digue. Les terres, dont les talus sont très doux, arrivent à l'aval au niveau du sommet du mur central , et à Tamont , seulement à 9^,40 en contre- bas de ce même niveau, de façon que lorsque les eaux sont basses dans le bassin, la partie supérieure de ce mur, sur une hauteur d'un peu plusde 9 mètres, supporte sans contrepoids le massif de terre qui est derrière lui.
L'épaisseur des murs extrêmes se calcule comme celle des murs de soutènement, en tenant compte pour le mur d'amont, du poids des terres imbibées deau;
quant à celle du mur central , elle se calcule sur la surcharge que donne le massif d'aval.
L'aqueduc qui traverse la digue n*est pas seulement fondé avec solidité pour rompre les filtrations, et pourvu de contreforts en saillie qui brisent les lignes droites qu'offriraient les parements dans le sens de la longueur, mais il lui a été ajouté trois tuyaux, scellés dans le mur du milieu, garnis en amont d'une grille et terminés en aval par des robinets de o™,20 de diamètre. Par suite de leur tendance à se soulever quand l'eau y arrive avec pression, ces robinets sont maintenus par une vis.
Le bassin de Saint- Ferréol, pour une hauteur d'eau maximum de 3i'",35 ofFrcune capacité de 6,374,000 mètres cubes.
3. Digues en maçonnerie. — On construit ces digues soit à Taide d'un simple mur dont les parements sont en ligne droite, ou profilés par retraites successives, soit à l'aide d'un mur soutenu par des contreforts également en maçonnerie.
Les trois conditions essentielles à remplir, comme nous l'avons déjà signalé, sont les suivantes : bien enraciner les fondations et les flancs dans le sol, afin qu'aucune filtration ne vienne affaiblir ou menacer l'ouvrage; donner une résistance suffisante à la poussée de l'eau ; et rendre imperméable la maçonnerie pleine.
Nous verrons que l'étude du terrain est de la plus grande importance pour assurer le succès des réservoirs, et qu'un grand nombre de ces coûteux ouvrages ont péri par les fondations, devenues perméables ou mobiles sous une forte pression d'eau. Des enracinements en maçonnerie ou en béton, d'une profondeur de i mètre à i'",5o, sur 3 mètres de largeur, le long de la base, n'ont pas suffi parfois pour préserver les murs.
Pour le calcul de l'épaisseur, supposée égale sur toute
la hauteur du mur, qui peut faire équilibre à la poussée des eaux du réservoir (i), les formules de Navier donnent dans les cas les plus défavorables pour la résistance au renversement :
et pour la résistance au glissement :
Mais Déglin remarque que Ton doit considérer ces résistances comme des minima^ car au réservoir de Grosbois (canal de Bourgogne), oti l'épaisseur a été établie à 1,65 de l'épaisseur théorique, nécessaire pour résister à la poussée, les lézardes se sont prononcées avant que les eaux fussent arrivées à leur hauteur définitive.
Le canal de Nantes à Brest offre l'exemple de deux réservoirs dont les murs supportent des charges, avec des épaisseurs qui sont en raison inverse de l'effort de la poussée des eaux. Tandis que le mur du réservoir de Bosméléac, dont les parements sont, Tun incliné, l'autre vertical (voir le profil, fig. 59), supporte une charge d'eau de 14", 3o avec une épaisseur moyenne d'environ 7 mètres, ce qui réduit la maçonnerie à un cube minimum, le mur du réservoir de Vioreau, dont les parois sont verticales (voir le profil, fig. 60), supporte une charge de 10 mètres seulement,
(i) Navier a donné deux] formules théoriques, Tune pour la résistance au renversement :
P ^ ^« I. . /densité de l'eau.
densité de la maçonnerie;
l'autre pour la résistance au glissement :
„, h densité de Teau.
2F densité de la maçonnerie;
h étant la hauteur totale depuis la base, F étant le rapport du frottement à la pression, eu égard à la résistance du terrain en aval des fondations.
avec une épaisseur de 8 mètres, c'est-à-dire avec excès
de maçonnerie.
Le réservoir de Vioreau ofiFre d'ailleurs la singularité, dans sa construction, d'une cloison imperméable au sein du massif, consistant en une tranche de béton, de 2 mètres d'épaisseur, qui sépare le corps de la digue en deux parties égales. A une hauteur d'eau maximum de 10 mètres, correspond une capacité de 7,497,000 mètres cubes.
Digne de Grosbois. — Le mur du réservoir de
Fie. 59. — RÉSERVOIR DE BoSMÉ- FlG. 6o. — RESERVOIR DE VtOREAU ;