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FiG. 72. — Bariuge d'Elche; galeries de curage; éLévATioN et coupe.
meture est plus rationnellement établi qu'au Tibi. En effet, la galerie, au lieu d'offrir, sur le radier et sur la voûte, des rainures dans lesquelles la porte est encastrée, de façon à ne plus pouvoir l'en faire sortir sans la dépecer, présente des feuillures qui l'empêchent simplement de tomber vers l'amont. Trois traverses horizontales, pénétrantdans les entailles des pieds-droits, servent à lamaintenir contre la poussée d'aval.
La manœuvre du curage se fait alors en entrant dans la galerie par l'aval : la traverse supérieure et la traverse inférieure étant enlevées à la main, on met à droite et à gauche du point central de la traverse médiane qui est seule à maintenir la porte, deux étais pro-
visoires buttant sur le radier; on scie la traverse et on la soutient au droit du trait de scie par un nouvel étai, qui permet d'enlever les deux premiers. La porte n'étant plus ainsi maintenue que par un seul étai incliné, dont le pied est solidement engagé dans une entaille du radi«r, les ouvriers montent dans la galerie supérieure (qui n'existe pas au barrage du Tibi) et là, par un trou deo™,6o ménagé dans le dallage, ils travaillent à l'aide d'une longue bisaiguë pour saper le pied de Tétai de la galerie inférieure. L'étai tombe ; les deux tronçons de la traverse du milieu tombent aussi, et en ébranlant la porte par une corde préalablement assujettie à un crochet, elle finit par tomber à son tour.
C'est alors que, du couronnement du barrage, on manœuvre à l'aide d'une poulie et d'un treuil, sur lequel s'enroule une corde, la barre de mine qui sert à forer les dépôts. La barre de mine pèse jusqu'à 5oo kilogrammes; elle est taillée en pointe par le bout où elle pénètre dans les limons. Quand le trou est assez profond, l'eau exerçant une pression supérieure à la résistance des couches limoneuses inférieures, le mouvement commence à s'opérer; les vases s'avançant lentement dans la galerie, puis y trouvant un débouché, se précipitent comme une avalanche, avec une force d'impulsion prodigieuse que détermine l'eau du réservoir tombant d'une hauteur de lo mètres. L'effet de ces chasses que l'on renouvelle au printemps, tous les trois ou quatre ans, tant qu'il y a 3 à 4 mètres de hauteur d eau approvisionnée au-dessus des vases, est radical; sur toute l'étendue du bassin la place est nette ; seulement, il faut se résoudre à perdre un volume immense d'eau, et par conséquent, à faire un lourd sacrifice.
La ventelle à coulisse qui règle la sortie des eaux porte une crémaillère dentée; elle est mise en mouvement
par des roues d'engrenage que l'on manœuvre dans la chambre spécialement pratiquée au-dessus. Toute en bronze, elle porte une échancrure par laquelle s'échappe toujours un filet d'eau qui empêche les limons en suspension d'obturer la ventelle et la galerie. Les figures 92,
93 et 94 représentent le plan de la chambre de la ventelle et les coupes suivant AB et EF du plan (fig. 92).
C'est aux eaux du barrage d'Elcheque la culture doit son aspect féerique sur 1,200 hectares consacrés aux céréales, aux vignes, aux oliviers et aux palmiers.
Autresdigues.— Depuisletravailde Aymard, la digue de Puentès a été refaite sur 48 mètres de hauteur, pour une retenue d'une contenance de 40 millions de mètres cubes. La dépense s'étant élevée à 1,700,000 francs, le prix du mètre cube d'eau emmagasiné est de o fr. 09.
Les nouvelle digues de Hijar, hautes de 43 mètres, fournissant deux réservoirs, ensemble de 17, 000, ooode mètres
Fig. 92. — Plan de la chambre de la ventelle.
cubes, ont coûté 1,273,000 francs; ce qui met le mètre cube d'eau à o fr, 07 (i).
La digue curviligne de Villar, construite de 1869 ^
FiG. 93. — Coupe de la ventelle suivant EF de la figure 92.
1876 sur le Lozoya, en pleine sierra du Guadarrama, pour l'alimentation de la ville de Madrid et des arrosages
(i) Annali di agricoliura; Relaiione Zoppi e TorriceUiy Roma, i885, et 1888.
de sa banlieue, offre une hauteur de 5i",4o, fondations comprises, et une contenance de 20 millions de mètres cubes. Elle a coûté i, 665, 000 francs; d'oîi un prix de o fr. o83 par mètre cube d'eau en réservoir.
4. Réservoirs dans l'Inde. — Dans Tlnde britannique, les barrages et les réservoirs constituent la seule ressource pour rirrigation de vastes contrées auxquelles sont ainsi épargnées les mauvaises récoltes et la famine.
Les bassins de retenue dominent dans la zone des terres sèches oti la chute d*eau pluviale annuelle n'atteint pas 76 centimètres de hauteur.
Cette zone comprise au centre de la péninsule, entre le versant est des Chattes occidentales et le versant ouest des Chattes orientales, s'étend sur le Nizam, le Mysore , la moitié de la présidence du Bengale à Ûestj et le Karnatic. On y compte les retenues par milliers; dans 14 districts seulement de la présidence de Madras, la statistique fixait à 43,000 leur nombre, construites par les indigènes, représentant plus de 48,000 kilomètres de longueurdedigues
Fie. 94. — Coupe de la ventelle