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SUIVANT AB DE LA FIGURE

en terre et 3oo,ooo ouvrages maçonnés (i). Quoique le revenu annuel de l'irrigation dans la présidence fût évalué à 37 millions et demi de francs, les Anglais jusqu'en i853 n'avaient rien fait f>our entretenir les réservoirs des indigènes et construire de nouvelles digues. C'est seulement depuis la création, en 1867, du service général des irrigations, confié par le gouvernement au colonel Strachey, qu'une grande impulsion a été donnée aux travaux de barrages dans les districts de Madras et de Mysore.

Les réservoirs, dans cette zone déshéritée de la pluie, sont établis d'après divers systèmes, suivant la configuration du terrain ; ou bien, des digues sont élevées en travers des gorges des vallées , à la hauteur voulue pour assurer le volume d'eau nécessaire à l'irrigation d'une surface déterminée ; ou bien des réservoirs sont étages de manière à recevoir le trop-plein des eaux supérieures ; ou bien enfin , des versants étendus sont clos de trois côtés et forment des étangs d'une contenance en rapport avec les besoins de l'arrosage. Quelquesunes de ces retenues d'eau sont très anciennes. C'est ainsi que le réservoir Viranum, dont la construction remonte à des siècles , occupe une superJîcie de 8,700 hectares; la digue a 19 kilomètres de longueur; le revenu annuel s'élève à 290,000 francs. Le réservoir Chembrumbaussum, dans le Chengalpat, ressemble à un étang naturel; la digue a 4^^8 de longueur; six canaux de décharge {calingulas) pourvoient à la sécurité de la digue, au cas de crues, par des bassins ayant ensemble une largeur de 210 mètres. Les eaux de pluie et de drainage superficiel alimentent cette retenue qui sert à Tirrigation de 4,000 hectares de rizières. L'administration décida en 1867 de l'augmenter au moyen d'une nouvelle digue, estimée à i,25o,ooo francs.

(i) East India, Progress and condition {iSji-yS)^ London, 1874, p. 17»

Dans le Nord-Arcot, le très ancien réservoir de Kavery-pauk, alimenté par la rivière Pallair, a une digue de ô'^jS de longueur, revêtue en maçonnerie sur tout son développement. Il sert à l'irrigation de 3,ooo hectares. En 1872, par une crue exceptionnelle, les eaux déterminèrent plusieurs glissements de la digue, en même temps que des crevasses d'infiltration; la digue fut aussitôt fortifiée sur les points menacés par les soins de l'administration.

Le danger le plus à redouter pour ces vastes retenues n'est pas l'envasement, comme en Algérie et en Espagne, mais le choc contre les parois, que causent les vagues, en temps d'orage ou de grand vent. On y obvie autant que possible en donnant du fruit au talus d'amont que l'on protège par des perrés de pierres frustes. Le canal de décharge [calingula) pour chaque réservoir, est creusé en maçonnerie à l'une des extrémités du terrain, et à un niveau assez bas pour laisser écouler l'excédent des eaux. Quand la saison des pluies est à sa fin, le canal est bouché pour que les eaux puissent être retenues à toute hauteur dans le réservoir. La fermeture s'opère à l'aide d'une banquette solidement faite en mottes de gazon et en paille, qu'étaye une série de piliers de granit, de 1 mètre de hauteur, ménagés sur le couronnement du calingula.

Depuis 1872, le service des irrigations a procédé avec une très grande activité à la réparation des réservoirs dans la province de Mysore ; mais ces ouvrages, à causé même de la configuration du sol ondulé, sont beaucoup moins importants, sauf dans le voisinage du fleuve Kavery et de ses affluents. Les réservoirs que réparent les ingénieurs du service, sont laissés, quant à l'entretien, à la charge des usagers, ou mieux des Ryots sous le régime des Zamindars.

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Dans la présidence de Bombay, plusieurs grands barrages ont été relevés ou construits depuis 1867 par les ingénieurs du gouvernement. Celui de Ekruk, situé à 6 kilomètres au nord de Sholapur, sur un affluent de la Bhima, TAdela, consiste en une digue en terre, flanquée de maçonnerie, d'une longueur de 2,200 mètres et d'une hauteur de 21 ",95 sur le fond, et en un canal de décharge à l'extrémité orientale de la digue. La superficie occupée par ce réservoir est de 1,710 hectares, et la contenance, de 95 millions de mètres cubes, pouvant desservir 1 4, 5oo hectares en culture. Trois canaux servent à Tirrigation ; deux à un niveau supérieur, de 6 kilomètres et de 29 kilomètres de longueur, destinés, le réservoir étant plein, à l'irrigation des récoltes de la mousson; le troisième, d'une longueur de 1 1 kilomètres pour le service de l'irrigation permanente. Cet immense ouvrage a coûté, canaux compris, 3, 5 62,500 francs; il fonctionne depuis 1871,

Un autre réservoir, dans le même bassin de la Bhima, a été construit sur les plans du colonel Fife, en travers de la vallée de la Muta; au moyen d'une digue en maçonnerie de 884 mètres de longueur, d'où partent deux canaux dirigés l'un sur Puna, et l'autre sur Kirkî. La partie centrale de la digue a été surélevée sur une longueur de 76 mètres pour obtenir un niveau égal de i6",i5 au-dessus du lit de la rivière.

Les réservoirs de Mudduk, avec canaux d'irrigation, dans le Dharwar; de Kalhola-NuUah, des vallées de la Mulpurba et de la Yerla, ont été exécutés dans des conditions non moins grandioses, par les ingénieurs du gouvernement du Bengale.

Au nord de la présidence de Madras, quelques grands réservoirs sont à signaler dans le district de Nemar, occupant la vallée de la Narbada , oîi prospère la culture du coton. L'administration anglaise eut à réparer, dès

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l'entrée en possession de ce district, Tancien réservoir de Lachma qui a 5 kilomètres de circuit, et io5 bassins moins importants. La grande digue en maçonnerie, construite en travers du ravin de Chuli qui débouche dans la vallée de la Narbada, et la digue en terre, à travers la vallée du Chapri, formant les retenues du grand Chuli et de Mandleswav, sont dues au colonel French , qui gouvernait en 1845 et 1846 le district de Nemar.

De bien plus nombreux et de plus récents exemples, sans parler des canaux d'État qui ont absorbé plus de 700 millions, témoigneraient de l'activité et de la puissance avec lesquelles le gouvernement de Tlnde a développé Tirrigation pendant ces vingt dernières années, dans cette immense contrée, prodiguant les ressources des capitaux et des connaissances techniques pour amener Teau en abondance et à bas prix à l'agriculture.

D'après les calculs établis pour le grand réservoir d'Ekruk, le prix du mètre cube de Teau emmagasinée est de 3 centimes et demi ; tandis qu'il est compris entre 7 et 9 centimes pour les réservoirs dernièrement construits enEspagne.

Le prix de vente de l'eau est représenté pour l'Inde entière par une redevance fixe annuelle de 1 5 fr. 45 par hectare, qui frappe les terres arrosables, c'est-à-dire les nunjah ou terres en rizières, qui exigent l'irrigation continue. Les terres, pour être classées comme irrigables et taxées comme telles à 1 5 fr.45 par hectare, doivent avoir été arrosées pendant trois années consécutivement; après ce délai, si même l'arrosage n'était pas continué, elles demeurent sujettes à la redevance (i). Quant aux terres classées comme ^oon/aA, sur lesquelles certaines récoltes comme le coton, le maïs, le blé, etc., ne sont soumises qu'à

(0 Report on Irrigation workt in îndia^ by colonel Strachey, 1869.

un nombre restreint d'arrosages, la redevance annuelle est bien moindre ; elle a le plus souvent pour base le volume d'eau employé. Cette question du prix de Teau et du coût de l'irrigation dans les divers pays sera, du reste, traitée dans un chapitre spécial du Livre XI.

5. Réservoirs aux États-Unis. — L'établissement des réservoirs offre un intérêt tout spécial qu'il convient de signaler, dans les contrées où les eaux de rivières grossissent de mai à juillet et baissent en août, bien avant la fin de la saison des irrigations ; c'est le cas du Colorado, et de quelques autres Etats américains. La nécessité d'établir des retenues devient impérieuse, d'autant plus que la surface cultivée dépasse en étendue celle que le volume d'eau disponible permet d'arroser.

Pendant une période chaque année, n'excédant pas un mois ou six semaines, à partir des premiers jours d'août , les eaux à l'étiage ne suffisent plus à l'alimentation des canaux et la récolte peut être très amoindrie ou perdue. Il a été proposé, en conséquence, pour obtenir une réserve d'un volume égal au débit de chaque canal pendant un mois ou six semaines, d'utiliser d'une part, les lacs ou étangs situés sur les parcours du canal, et d'autre part, des réservoirs constitués par le lit même des rivières.

Les réservoirs faisant partie d'un système de canaux sont principaux ou secondaires. Les premiers reçoivent la totalité de leurs eaux du canal même et peuvent atténuer ou faire disparaître complètement les risques de manque d'eau pour l'étendue des terres à irriguer. Les seconds ne reçoivent du canal qu'une partie de leurs eaux et diminuent proportionnellement les risques. Un certain nombre de réservoirs secondaires peuvent remplir l'office de réservoir principal, et les deux sortes peuvent se rencontrer dans un même système de canaux.

Il <ist essentiel, dans les deux cas, que les niveaux des

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canaux d'amenée et d'évacuation diffèrent assez pour que les réservoirs puissent être utilisés (i).

Des associations formées au Colorado dans le but de construire et d'employer de tels réservoirs, sans se préoccuper des canaux situés en aval, ont dû suspendre les travaux par suite d'actions judiciaires. Du reste, le faible profit retiré de Femmagasinement des eaux a été encore amoindri par la perte due à Tévaporation , là où fonctionnent les réservoirs.

(0 O'Mcara, 3/tfw. 5ttr /'irri^. des pays neufs ; Bull. min. agric, i885.

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