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Les irrigations

Avant de classifier les systèmes d'irrigation (i), nous avons montré que Ton arrose les terres et les cultures pendant Thiver, ou pendant Tété, ou bien toute Tannée; d'une manière continue ou intermittente; de jour ou de nuit, ou bien toute la journée; en plaine, en vallée, ou en montagne; au Nord comme au Midi; nous pourrions ajouter que chaque plante, ou chaque culture a son mode spécial d'arrosage.

La prairie naturelle est ainsi irriguée d'une manière intermittente par déversement ou par submersion, hiver ou été.

(I) Voir tome II, livre IX, p. 3» i.

T. ni. I

La prairie marcite reçoit une irrigation hivernale continue qui la tient submergée sous une nappe superficielle à courant ralenti.

La rizière est submergée Tété, d'une manière permanente.

Pour les céréales, les cultures arbustives, industrielles, etc., l'irrigation est estivale, intermittente et par infiltration; tandis que pour les légumes, elle est de toutes saisons, également périodique et par infiltration, ou par aspersion.

Parmi les arbres de grande culture, les noyers, les amandiers, les caroubiers, etc., ne s'arrosent pas; les oliviers et les vignes, sous nos climats, ne tirent point grand profit en général de l'irrigation, à cause de la détérioration dans la qualité des fruits rendus plus abondants. Il en est de même du mûrier que l'on irrigue rarement, ou seulement quand il est jeune; les feuilles étant moins succulentes pour les vers à soie, s'il est arrosé (i\

La pratique des arrosages, qui varie pour un si grand nombre de motifs, est d'ailleurs régie, quant à leur époque, leur durée et leur fréquence, par deux conditions principales que nous avons exposées, à savoir : accroître la somme des aliments dont les plantes ont besoin, en faisant déposer à la surface et au sein du sol ceux que Teau tient en dissolution et en suspension ; apporter au sol l'humidité indispensable pour la végétation.

Quoique ces deux conditions se confondent le plus souvent dans la pratique, on peut les envisager Tune et l'autre séparément. Pour satisfaire à la première, il est évident que plus le volume d'eau distribué sera

(Il G. Calvi, Italia agricola, 1879.

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grand , c'est-à-dire, plus le temps pendant lequel Teau aura agi sera long, plus le sol s*enrichira. Comme c'est sur le sol nu, ou dépouillé de toute récolte, qu'on peut appliquer Teau plus abondamment et plus facilement, l'irrigation devrait pouvoir se faire sans interruption dans les pays où le climat le permet, depuis l'automne jusqu'à la fin de l'hiver. Mais on a vu que le sol est limité dans sa puissance d'absorption; en conséquence, Tarrosage ne peut s'étendre utilement au delà du moment oîi cette faculté cesse, et il convient dès lors de mettre entre chaque arrosement l'intervalle de temps nécessaire pour que le sol reprenne son pouvoir d'absorption, sans lequel non seulement les éléments de l'eau seraient perdus, mais ceux déjà déposés seraient entraînés.

Quant à la seconde condition, elle exige que l'irrigation commence lorsque la germination la réclame, ou bien lorsque la végétation se réveille, et qu'elle s'arrête lorsque la végétation faiblit, faute de chaleur suffisante, ou bien se concentre dans la maturation des grains et des fruits. Comme volume, Teau doit être distribuée en quantité modérée, suffisante pour donner au sol le degré voulu d'humidité et dissoudre les engrais qu'on y a mis. La durée des arrosements sera donc calculée d'après le volume requis par l'infiltration de la couche arable, et la fréquence devra être telle que l'état moyen d'humidité ou de fraîcheur approprié à chaque nature de récolte soit maintenu (i).

Des principes aux règles pratiques la distance est souvent très grande.

(i) A. Billot, Journ, agric. prat,. 1870-71.

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