Ensemencement des prairies irriguées
Comme Tirrigation favorise la venue des bonnes plantes, surtout de celles qui conviennent au sol sur lequel elles végètent, on est certain que les mauvaises plantes, dans le mélange des graines de semence, ou que les plantes impropres, finiront par être éliminées.
Il est utile de prendre un mélange de graines, quand on doit ensemencer une prairie, parceque Ton ignore a /7rior/ quelles sont les plantes qui, dans un sol donné, résisteront le mieux aux intempéries, fourniront le fourrage le plus agréable au bétail et assureront une abondance constante des coupes. Les mélanges varient ainsi naturellement selon les sols, le climat et les habitudes locales concernant le foin.
Les graminées convenant surtout aux prairies fréquemment arrosées, il ne faut pas oublier que les légumineuses abritent dans les semis les plantes plus délicates, garnissent les places nues et donnent un produit dès la première campagne; seulement ces plantes protectrices doivent être semées un peu clair (i). Un grand nombre de formules ont été données, notamment pour les prairies arrosées; on en trouvera quelques-unes indiquées dans le tableau VI, en regard des quantités moyennes de kilogrammes de graines par hectare. Les formules de Stephens, composées par
(1) Lecoq, Traité des plantes four rager es, p. 458.
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Pierre Lawson , le grainetier spécialiste de l'Angleterre, comprennent des semences auxquelles il importe d'ajouter, pour la protection des semis, du seigle, si l'on sème à l'automne, et de Torge, si Ton sème au printemps 90 litres environ par hectare;; mais il n'est pas dit que ces mélanges conviennent aux prairies irriguées. La formule employée pour Tensemencement des prairies de la Campine, par Keelhoff, fournit les meilleurs résultats, lorsque l'eau en vue du semis n'est amenée dans les rigoles que dans le but de maintenir la fraîcheur du sol, sans déversement. Une des formules données par Vilmorin. est signalée par Nadault de Buffon comme très avantageuse pour les terres à blé, à convertir en prés arrosables; l'autre est celle que Moll a employée sur la ferme de Vaujours pour l'arrosage à l'engrais liquide. Le mélange employé pour les prairies-marcites milanaises a été relevé par A. de Roville; enfin, celui des prairies arrosées de la Provence est cité par Boitel.
Tous les ouvrages donnent la nomenclature des plantes bonnes, médiocres et mauvaises que Ton rencxjntre dans les prés secs et les pâturages; ce qui est certain, de l'avis de Villeroy et Mûller ^^i) et de Moll, c'est que l'espèce des plantes joue un rôle moins important que la nature du sol et des eaux , dans le rendement et la qualité du fourrage. Nous avons pensé toutefois qu'il serait intéressant de mettre à profit les précieuses données recueillies par Boitel, dans l'ouvrage qui fait partie de cette Bibliothèque, sur la composition des prairies arrosées de plusieurs régions de la France, pour dresser un tableau présentant les rapports pour cent entre les graminées, les légumineuses et les plantes diverses; les dominantes parmi les espèces; les terrains;
(ij Loc. ctt.^ p. 241.
les eaux et les modes d'irrigation; les rendements en foin et la qualité telle que Tavait appréciée le regretté agronome. Les prairies pour lesquelles les renseignements énumérés figurent dans le tableau VII, appartiennent à onze départements.
Comme instructions complémentaires pour l'irrigation des prairies nous reproduisons les préceptes donnés par Schwarz, ingénieur-irrigateur dans les Vosges (i); puis ceux observés à Siegen, en Angleterre, en Campine, dans le midi de la France, et en Lombardie pour les marcites.