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Houlque laineuse. > Flouve odorante. J jjjj

Agrostis commune. | Agrostis commune. J Houlque laineuse. | Agrostis commune. J Houlque laineuse.

Houlque laineuse. J ^^J Fétuque durelte. iTréd

Houlque laineuse.

'\ Fléole des prés.

t Vulpin des prés.

Pâturin et Ray-grass.

Pâturin des prés.

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Pâturin et Houlque. J ^j \i,

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Agrostis traçante. 1 ]

Fromental. ^

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rose pas. Surtout la prairie dont le sol est imperméable et compact, doit être complètement égouttée.

Ces recommandations s'appliquent en première ligne aux irrigations importantes de l'automne qui suivent le regain, et à celles d'hiver.

Sur les places maigres ou pourvues de mauvaises herbes, comme sur les sols pauvres, il est souvent avantageux de mettre Teau durant tout Thîver; mais alors on pratique l'écoulement continu et régulier.

En général, les panies de prairie qui sont de qualité inférieure et rapportent moins de fourrage, devront être arrosées plus souvent et avec de Teau limoneuse, afin d'égaliser la récolte. Les places dégarnies pourront être resemées au printemps avec de la graine de foin, et engraissées avec la vase des curages.

L'irrigation de printemps, porportionnée aux progrès de la végétation, doit être interrompue pendant les pluies, surtout dans les terres fortes, car elle n'a pour but après avril , que de donner au sol Thumidité d'une saison pluvieuse. Des arrosages rares et de peu de durée en mai offrent deux avantages précieux : le premier, c'est que la terre légèrement humectée s'échauffe fortement, en favorisant la croissance de l'herbe et avançant l'époque de la première coupe; le second, c'est que la qualité du fourrage peut rivaliser ainsi avec les produits des bonnes prairies ordinaires.

Tant que les herbes sont courtes, on peut se servir des eaux troubles, mais quand elles sont déjà hautes, il faut soigneusement les écarter.

L'irrigation d'été n'étant que la continuation de celle du printemps, exige la même réglementation quant aux arrosements de nuit, au changement d'eau et au détournement des eaux troubles. L'arrosage doit se faire encore plus rarement en été et par couche très mince ;

il devient superflu pendant les pluies; aux approches des coupes, il ne doit durer que quelques heures, afin d'éviter la sécheresse.

Après la sortie des foins, Teau peut être donnée cinq ou six jours plus tard; quelques fortes irrigations sont souvent très utiles à ce moment, surtout avec des eaux troubles; mais dès que le regain commence à pousser, on doit suivre toutes les règles de Tirrigation d'été , si Ton veut obtenir de bons fourrages.

Le pays de Siegen (i). — L'irrigation des prairies commence en automne et s'étend du printemps jusqu'à l'été; celle d'automne est la plus profitable.

Sur un bon sol, on laisse couler l'eau dès le mois d'octobre, pendant six ou sept jours sans interruption. Quand le débit n'est pas suffisant pour pouvoir arroser toute la prairie à la fois, on arrose par parties successivement, en laissant l'eau deux ou trois jours sur chaque partie.

Au mois de novembre, par un temps doux, ou de petite neige, on n'interrompt pas l'irrigation; mais en prévision de la gelée, on doit évacuer Tcau. Il en est de même en décembre, et si, malgré les précautions observées, la prairie est prise quelque part en glace, il importe de profiter du premier beau jour de soleil, pour donner un fort arrosage et la faire disparaître.

L'irrigation de printemps qui commence au mois de mars exige de grands soins et de fréquentes interruptions, l'eau étant encore trop froide, afin de ne pas nuire à la pousse précoce de Therbe. Si le temps est chaud et sec, l'arrosage ne dure que 24 heures, avec des intervalles de trois à quatre jours. S'il gèle, on n'arrose que pendant la nuit; c'est du reste une pratique générale au mois de mars.

En avril, par un temps doux, on arrose pendant deux

(I) Voir tome II, p. 333.

OU trois jours consécutivement, et on suspend pendant un iour. Quand les nuits sont froides, l'eau doit toujours être sur le pré, à la condition qu'elle ne soit pas limoneuse. En cas de surprise parla gelée, on donne Teau le matin, au lever du soleil, et on Tévacue vers 9 ou 10 heures, pour corriger les mauvais effets du gel.

On agit de même en mai, en ayant soin par un temps chaud d'arroser seulement la nuit, avec une ou deux nuits d'intervalle. Les irrigations trop prolongées abandonnent sans cela, quand la pente n'est pas assez forte, un dépôt visqueux qui étouffe Therbe.

En juin, on n'arrose plus du tout quand il pleut; et par un temps sec, on borne l'arrosage à la nuit, de deux en deux nuits.

Huit jours avant la coupe , on cesse tout arrosage, et après la coupe aussi, pendant le même temps.

Les irrigations reprennent en juillet, d'abord toutes les nuits, puis toutes les trois ou quatre nuits. Au mois d^août, les prairies en bon sol, mais sec, sont arrosées de deux nuits Tune, jusqu'en septembre; on ne les met à sec que dix ou douze jours avant le regain, pour reprendre après cela les travaux préparatoires de curage, d'entretien, etc., qui précèdent les irrigations d'automne. Angleterre [Devonshire) i\ — L'irrigation commence en automne avec les fortes pluies ; les premiers arrosages sont considérés comme les plus importants; les ayant-droit se partagent l'eau à cette époque, le plus souvent par périodes de trois jours.

On fait dans le Devonshire une première coupe à la fin de février, ou bien l'on admet les brebis pendant quinze jours au pacage. On arrose encore pendant une quinzaine et l'on admet de nouveau les brebis à pâturer. Dans les bonnes années et sur de bonnes terres , on re-

<i) Voir tome II. p. 4.00.

nouvelle une troisième fois le pacage avant le premier mai. Dès cette époque, on n'arrose plus qu'en vue de la coupe de la mi-juin.

Comme il ne s'agit, en été, d'arroser la prairie que pour l'humecter, et que précisément alors il y a le plus souvent pénurie d'eau, Pusey recommande de laisser couler l'eau sans déversement dans les rigoles ; cela suffit pour maintenir la prairie à l'état humide.

En hiver, l'arrosage peut se continuer pendant une quinzaine de jours consécutifs , tant que l'herbe ne se fonce pas trop en couleur. On n'a pas à évacuer l'eau en prévision de la gelée, car la mince croûte de glace protège l'herbe, aussi bien que la neige protège les plants de froment; mais le sol étant gelé, il n'y a plus à donner d'eau (i).

Norfolk, — La ferme célèbre de Castleacre, exploitée par J. Hudson, comprend, sur 80 hectares de prairies, 20 hectares en arrosage. L'irrigation commence en novembre, dès que le regain a été pâturé, et se continue de prairie en prairie jusqu'au commencement de mars. Les moutons sont alors parqués vers le commencement d'avril. Le coût du curage de la Nar, de l'entretien des rigoles, etc., représente 3o francs par hectare et par an (2V

Nottingham. — Aux environs de Salisbury, sur les bords de la Naddec, les versants crayeux, légers, sont occupés par les prairies qui s'étendent en longueur sur plus d'un kilomètre et demi.

On commence à arroser en novembre, sur les fermes d'Uxford et de Bulbridge, et on continue tout l'hiver jusqu'à 8 ou 10 jours avant le pacage. Les brebis sont parquées vers la fin de mai sur les prairies les premières arrosées, et successivement sur les autres. Après par-

(1) Ph. Pusey, Journ. Roy. Agric. Soc. 0/ England, 1849, vol. X.

(2) Jenkins, Farm Reports; Journ. Roy. Agric. Soc. 1869, vol. V; p. 469.

cage, on arrose de nouveau et on fait la coupe du foin. Le regain est pâturé par les vaches laitières et les jeunes bêtes; et quand il n'est pas assez abondant, par les moutons. Le drowner^ c'est ainsi qu'on désigne l'eygadier, reçoit pour la conduite des irrigations, l'entretien des rigoles et des drains, ry francs par hectare et par an. Il est aidé d'un journalier qui travaille aux heures perdues (i}.

La Caxnpine (2). — Keelhoff distingue trois époques d'arrosage pour les prairies de la Campine, l'automne le printemps et l'été.

Automne. — L'irrigation d'automne commence après la coupe du regain, dans la seconde quinzaine de septembre, et se continue jusqu'au moment des gelées. C'est la plus importante, l'eau étant très riche à cause des engrais qu'elle entraîne. Immédiatement après la récolte du regain, on cure toutes les rigoles, on rétablit les crêtes des rigoles de déversement; on répare les talus, les digues et tous les ouvrages d'art; et Ion répartit soigneusement les terres enlevées , de manière à niveler autant que possible, les panies qui présentent des dépressions ou des élévations. On donne ensuite l'eau en abondance pendant quinze jours, ou même un mois, sur les sols sablonneux ou graveleux; beaucoup moins longtemps sur les terrains glaiseux, peu perméables. Dès que les gelées sont à craindre, on doit cesser Tirrigation, afin que la prairie soit bien égouttée au moment oîi les rigueurs de l'hiver se font sentir.

Printemps. — La saison d'irrigation du printemps commence vers le mois de mars, pour finir vers la fin de mai. On ne doit donner l'eau que lorsque les froids à

(I) Jcnkins, loc. cit., p. 499.

{2) Voir tome II. pp. 447 et 469.

glace ne sont plus à craindre; sinon les jeunes pousses que Parrosage fait croître sont détruites par les gelées. Ayant d'arroser, on épand les buttes de terre formées par les taupes et on distribue les engrais. Pendant la première quinzaine, on n'arrose pas par déversement; on met seulement de l'eau dans les rigoles afin de maintenir le sol humide. Si pendant l'arrosage, on craint une gelée blanche, la prairie doit être mise à sec avant le soir ; ou bien, si Ton a suffisamment d'eau à sa disposition, on donne un arrosage abondant. L'irrigation doit être de moindre durée qu'en automne, et les plantes sont soumises avec avantage alternativement à l'action de l'eau et de l'atmosphère. Lorsque la végétation est assez avancée pour qu'on puisse distinguer les mauvaises herbes des bonnes, on extirpe les premières avec soin. Plus on avance dans la saison, moins les arrosages doivent être longs; on en diminue la durée au fur et à mesure que l'herbe grandit et que la température devient plus chaude. Quelques jours avant la fenaison, on cesse complètement l'irrigation.

Été. — L'époque de l'irrigation d'été commence immédiatement après la fenaison et se prolonge jusque vers la 1 5 août. On ne donne de l'eau que huit ou dix Jours après la coupe de Therbe. Si les tiges des plantes qui ont été tranchées par la faux sont desséchées, on arrose avec prudence; on ne donne de l'eau que la nuit, pendant les fortes chaleurs, lorsque l'herbe jette ses premières pousses; ensuite, on fournit assez d'eau pour tenir toujours la prairie dans un état de fraîcheur convenable. On arrête l'irrigation huit jours avant la coupe du regain.

Si l'on a des eaux troubles, on n'arrose plus au printemps et en été, du moment où l'herbe a acquis une certaine longueur; sans cela on a un foin sali par les ma-

ûcres tenues en suspension dans Teau, rempli de poussière, et nuisible au bétail.

lie midi de la France. — Sous le climat méditerranéen, où les pluies estivales sont rares e^ peu abondantes, il n'y a pas moyen d'avoir des prairies d'un bon rapport sans un fort arrosage tous les sept jours au moins, en été, et de bonnes fumures en hiver, qui compensent l'épuisement occasionné par les récoltes de foin(i). La sommedes arrosages, du i'' avril au i"" septembre, pour faire durer les prairies dans les conditions les plus générales de climat et de sol, devant représenter un écoulement continu d'un litre par seconde et par he ctare, correspond le plus souvent à un arrosage par semaine.

Pendant l'hiver, les arrosages n'ayant pas pour objet de fertiliser, dépenseraient au contraire en pure perte les engrais qu'il faut donner à l'automne ; aussi , sont-ils exclus. Un bon pré reçoit annuellement de 40 à 5o m. cubes de fumier qu'il est préférable de répandre avant les pluies, pour que les principes fertilisants s'incorporent lentement. L'eau d'arrosage complète la dissolution du fumier et supplée aux besoins de la végétation herbacée.

Provence. — On arrose les prairies naturelles d'avril à septembre par compartiments submergés, sur les terrains d'alluvion, en renouvelant tous les douze jours, avec une épaisseur d'eau deo™,io; et sur les garrigues, tous les sept jours avec une épaisseur de o™,o5 à o"*,07 quand les eaux sont claires ; ou tous les trois ou cinq jours, avec une couche de o'",o4 à o",o5 quand les eaux sont troubles (2). Dans l'arrondissement de Vaucluse on

/i) A. Boitel, loc. cit,, p. 63o.

<2) Conte, Annales des Ponts et chaussées , 2* série, t. XX, i85i. T. m. 4

5o LES IRRIGATIONS.

fait trois coupes, et après la troisième on fait brouter. Au Pontet, Boitel a constaté, dans les prairies irriguées : /ô ^^ graminées, entre lesquelles dominent le fromental et le dactyle; ^\ de légumineuses où le trèfle blanc et le trèfle des prés abondent; et ^^ de plantes diverses comprenant le pissenlit, le leontodon, la carotte, etc.

Grâce aux irrigations, l'étendue des prairies naturelles de Vaucluse s'est non seulement accrue, mais la production a presque doublé depuis quarante ans. Leur avantage du reste est rendu plus qu'évident, si Ton compare le rendement moyen des prés arrosés, qui est de i88, contre loo représentant celui des prés secs (i).

Dans les Bouches-du-Rhône, tous les huit jours au moins, on opère un arrosage de 3o litres pendant 6 heures ; ce qui fait environ comme dans le Vaucluse, 1 5,000 m. cubes répartis en 23 tranches de o"",o65 de hauteur, ou une seule tranche d^une hauteur de i™,49. La formule générale de i litre par seconde pendant la saison d'arrosage est, en pratique, de o"'. 91 {2).

HauteS'Pyrénées. — Dans la montagne, les rigoles de niveau distribuent Teau par étages superposés; de simples ardoises remplacent les petites vannes. Ainsi, la même prairie en pente rapide, comprend souvent 5 ou 6 étages de rigoles principales, alimentant les rigoles de distribution qui ont de o'",o5 à o",o8 de profondeur, de o",i5 à o",20 de largeur, et un espacement de 3 à 4 mètres.

Les irrigations des prairies de la plaine ont lieu par submersion; mais dans celle deTarbcs, sillonnée par les

(i) Barrai, les Irrigations dans le Vaucluse, p. 49.

(2) La formule donne en effet, 60 X 60 X 24 X ï83 = 1 5.801.200; or, on a en pratique i5,8oi,20o Xo, 94 = 14.853,048; le volume réel étant de o litre 9^ par seconde et par hectare (Barrai, les Irrigations des Bouches^ du-Rhône, p. 490).

LES IRRIGATIONS. 5i

rigoles, on arrose, après renlèvement du produit de la première coupe, tous les dix jours pendant 48 heures. Les prairies des vallées de Campan et de Louron sont irriguées depuis la fin d'octobre jusqu'à la fin de février, puis pendant le mois de mars, quand la température est douce, et aussitôt après la première coupe.

Ueau la plus limpide est la plus appréciée , lorsque Vherbe commence à pousser. Si au printemps, ou pendant Tété, Peau se trouble par suite d'orages, on ferme les vannes des canaux de distribution, afin d'empêcher l'ensablement des prairies. Les eaux limoneuses ne sont utilisées avec soin que lorsque les prés ne présentent aucun gazon.

Les prairies fumées pendant le mois de décembre ne sont pas irriguées en hiver, ni au printemps suivant (i). Languedoc, — Les départements formant l'ancienne province du Languedoc se font remarquer par les irrigations des prairies, qui augmentent non seulement la production, mais encore la valeur des terres incultes. C'est avec leur concours que dans l'Hérault, par exemple, on est parvenu, aux environs de Saint-Pons et de Saint- Chinian, à convertir les garrigues en magnifiques prairies. Les irrigations de Cazillac, dans la vallée de l'Orb, de Gignac, dans la vallée de l'Hérault, sont très remarquables.

Aux environs de Béziers et de Montpellier, les prairies sont soumises au régime que décrit l'ingénieur Maffre (2) :

Automne. — Après l'enlèvement du regain, on profite des crues d'automne, qui apportent avec elles de nombreux limons, pour féconder les prairies susceptibles

(i) Heuzé, les Primes d'honneur en iSôj, 1870, p. bji. (2) Mémoires de la Soc. Centr. agric, 1847.

d'être amendées par les matières que charrient les eaux. On n'irrigue que si ces matières sont reconnues fertilisantes. Avant que les eaux troubles n'arrivent, on arrose tous les cinq à six jours, pendant quelques heures, pour favoriser la croissance des herbes qu'on livre aux troupeaux pendant la saison d'hiver.

Hiver. — L'entrée des troupeaux dans les prairies a lieu vers la fin de décembre, et leur sortie vers les premiers jours de février. Le pacage a lieu pendant environ quarante jours; il donne lieu à un loyer qui s'élève jusqu'à 80 francs par hectare.

Les bœufs et les vaches sont regardés comme améliorant les prairies; les moutons finissent par les détériorer.

Printemps. — A moins d'une grande humidité sur les terres, ou à moins qu'il ne gèle, on recommence les irrigations dans le courant de février. On ne laisse les terres submergées que pendant trois ou quatre heures; puis on enlève l'eau; et c'est cinq ou six jours après qu'on procède à de nouveaux arrosages. On fait de cette manière cinq à six arrosages par mois, et environ vingtcinq jusqu'à la première coupe des fourrages, qui a lieu dans le courant du mois de juin, ou de juillet.

Eté. — Si la terre est très abreuvée au moment de la coupe, on évacue entièrement les eaux trois ou quatre jours avant la fauchaison; si, au contraire, le sol est ferme, les faucheurs évacuent eux-mêmes ces eaux en avançant leur travail, l'expérience ayant montré que la faux coupe alors le fourrage avec plus de facilité. Immédiatement après l'enlèvement des foins, on arrose de nouveau, comme pour la première coupe; la seconde se fait dans le courant du mois d'août : c'est ce qu'on appelle le regain; huit arrosages ont eu lieu entre les deux coupes. Après le regain, on arrose pour la pousse d'herbe de pacage.

Lombardie {Prés-marcites) ( i ). — Les marcites lombardes se caractérisent, comme nous l'avons dit, par ce fait qu'elles sont couvertes pendant l'hiver d'une nappe d'eau courante dont la température doit être au minimum de 4 à 5 degrés centigrades; mais elle est en réalité de 8 à 10 degrés.

L'eau servant d'abri contre les températures trop basses, le soin principal de la conduite de l'arrosage d'une marcite, consiste à utiliser les moments où le thermomètre pendant le jour marque une température supérieure à zéro, pour retirer l'eau et laisser l'herbe profiter de l'action atmosphérique. D'ailleurs, la prairie est divisée autant que possible en parcelles peu étendues, pouvant recevoir chacune leur alimentation directement, de telle sorte qu'une grande surface ne puisse jamais se trouver exposée aux effets d'un refroidissement subit. Enfin, la couche d'eau de o",02 qui recouvre les planches doit être incessamment renouvelée dans le même but, avec la vitesse nécessaire, résultant d'un débit considérable (2).

Comme les eaux de sources {fontanili) conservent pendant toute l'année une température à peu près constante, elles paraissent relativement chaudes en hiver, mais très fraîches en été. Aussi, quand cela se peut, recourt-on en été à l'eau des canaux qui s'est réchauffée au soleil pendant un trajet plus ou moins long. Au demeurant, comme dans toutes les prairies à plusieurs coupes, la production de l'hiver nuit à celle de l'été, en ce sens que les meilleures marcites ne rendent en été qu'environ les trois quarts du fourrage obtenu sur les prairies soumises à l'irrigation ordinaire; mais l'herbe fraîche de l'hiver compense et au delà ce manque de rendement.

(I) Voir tome II, p. 457.

/2) \adault de Buffon, Journ. agric. prat., 1880, t. I.

Cest lorsque rarroscment d'été des prés ordinaires a cessé, en septembre, que Ton recueille les eaux pour Tirrigation des marcites. Quand on commence à arroser fin septembre, on laisse parfois sur pied comme' engrais, rherbe venue depuis la précédente coupe, ou le regain {quartirola)^ et Ton procède à la première coupe de la marcite irriguée vers le milieu de décembre.

S'il s'agit de créer une marcite, les travaux de terrassement étant faits, et Teau ayant été donnée afin de vérifier l'écoulement, on sème à la volée la graine de ray-grass vivace et les déchets de graines des meules. Le fumier se charge d'éliminer les mauvaises plantes; ce qu'il faudrait plutôt attribuer à l'action de l'eau; aussi ne se préoccupe-t-on guère du choix des semences destinées aux marcites. Le ray-grass vivace (Lo/mmperennc), appelé en Italie loglio ou iogiiarella, domine les autres espèces, graminées et légumineuses, et parmi ces dernières, le trèfle blanc. Les légumineuses reprennent comme proportion seulement dans le foin d'automne, par rapport à celui du printemps.

Pour une marcite déjà installée et que l'on doit fumer avant Thiver, il importe de toutes manières de rectifier le nivellement, en donnant l'eau après la dernière coupequartirola. La pelle à marcite dont se servent les ouvriers chaussés de bottes imperméables, est représentée (fig. 3). Quand les dénivellcments sont peu importants, il leur suffit de piétiner les endroits en saillie, au lieu de soulever la couche de gazon pour extraire la terre en excès. Les taupinières font l'objet d'une recherche spéciale; comme elles nuisent à l'égale repartition des eaux, on paye une prime par taupe détruite (i).

Lorsque l'on irrigue en octobre, ou seulement en no-

(I) A. Hérisson, les Irrigations de la vallée du Pô. p. i6i.

vembre, après avoir fumé la marcite, la première coupe n'a lieu qu'en février, ou en mars. L'avantage de commencer rarrosementde bonne heure, avant les froids, est que Therbe s'enracine et croît avec plus de vigueur; mais il est toujours de règle, avant de donner l'eau aux marcites, de fumer le sol, découper les osiers et les saules en bordure des fossés, de curer fossés et rigoles, de niveler les bords des rigoles, afin que rirrigation se fasse avec la plus grande uniformité à la surface des ados.

Une fois la marcite pourvue de la quantité d'eau qui doit Tarroser d'une manière continue, l'eygadier (camparo) n'a d'autres occupations que celles de l'entretien. Dans le mois de février, et surtout au commencement de mars, les belles journées sont mises à profit pour ùtcr l'eau vers 9 heures du matin , et on la rend vers 3 heures , quand l'air redevient plus froid. Dans le courant du mois de mars, on

FiG. 3. — Pelle a marcite.

supprime l'eau définitivement, et à partir du Jour de TAnnonciation, on n'arrose plus la marcite qu'à la façon des prairies ordinaires.

La question de fumure est des plus importantes quand on veut maintenir une production des marcites qui corresponde à 6 et 7 coupes de foin par an, représentant de 1 5,ooo à 25,ooo kil. de foin sec par hectare.

On fume jusqu'à deux fois par an; chaque fumure comporte de 20 à 25 tonnes de fumier d'étable que Ton mélange quelques mois d'avance avec de la terre, de manière à en faire un compost pulvérulent. Cette terre est fournie le plus souvent par le curage des fossés; on en fait une banquette de o",5o de hauteur; sur cette banquette on étend une couche de fumier de o"»,4o; puis une couche de terre de o",o6 à o'",o7 et une nouvelle couche de fumier de 0^,40, et ainsi successivement, jusqu'à une hauteur de 2 à 3 mètres. G; mélange abandonné à lui-même ne tarde pas à se transformer en terreau que l'on découpe par tranches verticales pour répandre sur le pré.

D'autres engrais sont recommandés par les anciens auteurs, au lieu du fumier frais qui met trop de temps à se décomposer, ou se laisse entraîner par les eaux. Ainsi, outre le purin des porcheries qui peut s'épandre en tout temps et en toute saison, mais seulement après la coupe de l'herbe, Berra préconise l'emploi du mélange de fumiers consommés de cheval et de vache. La farine de tourteaux oléagineux, principalcnent de colza, mélangée avec de la chaux; les cendres de lessive ou de savonnerie, les terres salpétrées, les vases des fossés, etc., sont également des engrais complémentaires, recherchés pour les marcites que Ton fume seulement au printemps.

L'engrais est répandu à l'état pulvérulent, quelques

LES IRRIGATIONS. bj

îours avant d'admettre les eaux, après que l'on a passé toute la prairie à la fourche et à la herse [strusajy puis nivelé et régalé les planches.

Cest seulement quand la saison pluvieuse rend les eaux trop abondantes et qu'il faut les détourner, ou bien qu'il y a pénurie à Tépoque du froid, et il faut les supprimer, que la conduite de l'arrosage se modifie. Dans le dernier cas, on n'arrose complètement que moitié ou partie de la marcite, ou bien Ton répartit la distribution de l'eau entre la nuit et le jour, quoique la marcite baignée le jour reste en retard sur celle arrosée la nuit. Aussi bien sur les prairies permanentes que sur les marcites , les fumures abondantes et répétées finissent par exhausser le sol et il devient nécessaire après un certain temps de parer le pré, c'est-à-dire de détacher le gazon par plaques, et d'enlever en dessous une couche de terre de o", lo environ. On replace le gazon qui fait bientôt prise; mais cette opération revient seulement tous les quinze ou vingt ans, et peu de marcites atteignent cette durée.

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