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Egypte. — Des trois genres de cultures que pratique rÉgypte, celles d'été et d'hiver qui restent le plus longtemps sur pied, occupant les plus grandes surfaces, sont les plus importantes. Les cultures d'hiver n'exigent pas d'irrigation, tandis que celles d'été, comprenant la canne à sucre, le coton, le riz, le maïs, ne peuvent se
(I Pcrels, Handbuch des Landw, Wasserbaus, p. 5o2.
33o LES IRRIGATIONS.
passer d*arrosage pendant les mois les plus chauds de l'année, lorsque les eaux du Nil sont les plus basses. Les récoltes de printemps, ou d^automne, qui ne durent guère que 60 à 80 jours, consacrées principalement au dourah et au maïs, réclament également l'irrigation, ou la submersion.
La consommation d*eau qui assure l'irrigation de plus d'un million d'hectares, tant dans la haute que dans la basse vallée, est plus faible que celle adoptée dans d'autres pays, même moins arides. Boussingault relève le fait que Linant, ingénieur au service du pacha, évalue à 29 mètres cubes deau, l'arrosage donné par jour à i hectare des terres du Delta. « On pourrait, il est vrai, se demander d'abord si ce régime est suffisant ; mais il faut remarquer qu'il s'agit surtout, en Egypte, de conserver l'humidité introduite dans le sol par l'inondation du Nil (i). » Linant de Bellefonds indique, en effet, comme débit reconnu suffisant dans la pratique ordinaire, o''^,65 pour les rizières, et o"S44 pour les autres cultures, soit une moyenne de 0"% 55, que la commission internationale des études du canal de Suez avait également adoptée; il ajoute toutefois que o''S826 satisfont à peine aux besoins du coton et de la canne à sucre, et o''', 989, à ceux des rizières.
L'ingénieur Fowler, dans son étude des projets d'ensemble pour l'irrigation de l'Egypte, fonde ses calculs sur une moyenne de o lit. 58 par hectare en culture, et le Ministère égyptien des travaux publics (i 883), sur un débit continu de o"', 65 par seconde et par hectare.
Les projets actuels, en cours d'exécution, ou à l'étude, ont admis un débit de o^'^^^ô par hectare de culture
(i) B^conomie rurale, 2" éd'il.^ t. II.
LES IRRIGATIONS. 33i
d'été, pendant les plus basses eaux, excepté pour les rizières. On estime que ce volume appliqué au tiers de la surface cultivable d'une région, suivant ce qui se pratique pour les récoltes d'été, couvre largement les besoins; et le tiers, soit o"^ 275 par seconde et par hectare, sert de base aux calculs du débit d'étiage des canaux (i).
Dès que les eaux du Nil montent, la dépense d'eau devient bien plus considérable , en raison de Tarrosage des cultures d'automne, maïs et dourah, et de la préparation des terres pour les cultures d'hiver, qui demandent une submersion de quelques centimètres, à laquelle le fleuve pourvoit. Excepté pendant cette courte période de crue, ou d'inondation, la dépense d'eau d'irrigation est encore moins élevée que dans l'Inde (2).
France. — Pour terminer ce qui a rapport aux irrigations arrosantes, nous comparerons les résultats de deux départements du midi de la France, où elles sont le plus répandues, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône.
Vaucluse. — Sauf dans les associations de canaux, on n'arrose les blés, les vignes et les fourrages, non compris les luzernes, que dans les saisons de sécheresse; c'est-à-dire, quand il ne pleut pas, en mai et en Juin.
L'association du canal Saint-Julien arrosait en i85o, 2,950 hectares sur base des consommations qu'indique le tableau XXI. La dépense qui résulte des données du tableau est d'environ o"S85 par hectare. L'ingénieur Conte en conclut que pour une association comprenant 1,000 hectares, il faudrait, à cause de la diversité même des cultures, que le débit moyen du canal fût de o'",o85 par seconde (3); malgré cela, la consommation d'eau
(1) J. Barois, loc, ciL, p. 34.
(2) WiUcocliif Effxptian Irrigation, 1889, p. 234..
(3) Journ.agric, prat., i85i,t. XV, p. 5i3.
LES IRRIG.\TIONS.
Tableau XXI. — Consommation d'eau des cultures dans Vaucluse.