Frix tfe rean
Dans les pays où la propriété de Peau est liée à celle du sol , c'est-à-dire , ceux où fonctionnent des syndicats de propriétaires, le prix de l'eau se décompose en deux parties; l'intérêt du capital dépensé dans la dérivation et les canaux, et la quote-part dans les frais de curage, de réparations, d'entretien et d'administration des canaux. Il arrive souvent que dans les contrées qui jouissent de longue date des irrigations, le capital de premier établissement est inconnu, soit qu'il ait été fourni par le trésor, ou par les premiers usagers, soit qu'il ait été amorti, et le prix de l'eau actuellement payé se réduit à la quote-part dans les frais annuels des syndicats.
Italie. — En Italie, l'eau se paye en raison du volume
distribué , ou de Theure de débit que fixent les divers modules, ou enfin, de la surface irriguée, par arrosage.
D'après certains règlements entre propriétaires et fermiers, ceux-ci payent l'eau moyennant une taxe fixe, ou canon^ qui se base, soit : (i)
i" Sur l'écoulement du volume d'eau convenu, par une bouche modellée, pendant un temps déterminé ;
2" Sur l'écoulement d'un volume convenu, en rapport avec la surface à irriguer;
3*^ Sur l'écoulement que fournissent les terrains supérieurs, à l'état decolatures.
Quel que soit le mode adopté vis-à-vis du domaine, des communes, ou des propriétaires, le prix vénal de l'eau, qu'on l'achète, ou qu'on la loue, est extrêmement variable, suivant qu'elle est continue, ou employée en hiver ou en été; suivant sa provenance et sa qualité; suivant la nature des terrains et les localités.
L'administration domaniale concédait jadis sur les grands canaux lombards , une once d'eau continue (34 litres 60 par seconde' au prix de 490 lire par an ; soit 14 lire par litre à la seconde. Un grand nombre de concessions perpétuelles ont été faites dans ces conditions, qui représentent aujourd'hui un prix nominal 2\
Nous chercherons, d'après les documents plus récents, fournis par l'enquête agricole italienne, à établir les prix qui se payent actuellement dans l'Italie du Nord, pour la concession et la Jouissance des eaux d'irrigation.
Pavesan. — Dans l'arrondissement de Pavie, par exemple, l'once d'eau continue (34 litres 60 par seconde^ pour l'année entière, vaut 20.000 francs. Le prix de
(1) G. CoXy'i , V Italia agricole ; 1879.
(2) Bordiga, loc. cit., p. 877.
jouissance de Tonce d'eau d'été est de 1,200 ou de 1,400 francs, et celui de l'eau d'hiver, de 70 à yS francs (i).
Deux sortes de contrats règlent la jouissance de Teau : la compera d'acqua, aux termes de laquelle le fermier s'engage à utiliser la concession inhérente au domaine, moyennant un prix fixe, convenu pour la durée du bail, et Vaffitto, en vertu duquel le fermier paye le prix convenu par année, ou par saison, en redevances échelonnées par termes.
Pour Tarrosage des prairies en rotation, le prix varie entre 61^,10 et 76^,40 par hectare; pour celui des autres cultures, entre 53',5o et 68',75. Quant aux rizières, on convient parfois de payer en nature, soit un quart, ou un cinquième de la récolte.
Le prix des colatures est difficile à établir, à cause de leur qualité variable, vu la nature des terrains traversés, de la difficulté de les recueillir, et de les diriger vers un point déterminé.
Lomelline. — Dans la Lomelline, Tonce continue vaut 16,000 francs, et, comme jouissance, 1000 francs. Suivant les rotations, Tarrosage se paye en moyenne 75 francs par hectare ; quand il s'agit d'une rotation de 10 jours, le débit de 4 modules italiens, ou de 12 onces milanaises, coûte en moyenne 60 francs par heure (2).
Crémonais. — On estime à 20 hectares la surface moyenne que Ton peut irriguer avec une once d'eau continue de 16 litres 32. Pour irriguer une plus grande surface avec ce même débit , il faut que l'assolement comporte une partie en froment, qui ne s'arrose pas. L'once crémonaise se loue 5oo à 600 francs par an et
(1) SagliOf Monograjia di Pavia, Inchiesta agraria^ loc. cit.
(2) Pollini, Monograjia délia Lomellina; Inchiesta agraria, loc. cit.
représente comme prix d'achat 10,000 à 12,000 fr. (i). Véronais. — Les propriétaires qui possèdent une concession de 3o ans de TÉtat, ou qui appartiennent à un syndicat jouissant d'une telle concession, sont tenus de verser au trésor 100 francs pour 100 litres d'eau à la seconde, et de prendre à leur charge les travaux de conduite et de distribution, qui augmentent le coût de l'arrosage de 10 à i5 pour cent, si Ton comprend les pertes par infiltration.
A moins de circonstances exceptionnelles , les propriétaires n'utilisent que le volume d'eau concédé : s'il ne suffit pas , ils en achètent aux usagers qui en ont de trop; et s'il est trop abondant, ils en cèdent à des prix qui varient entre 35 et 40 francs par hectare arrosé , ou bien entre 1 5 et 20 pour cent du produit en nature de l'hectare arrosé (2%
Les experts estiment la valeur d'un module ancien, ou quadretto véronais de 145 litres 36 d'eau par seconde, entre i5,ooo et 20,000 francs. En général, la concession d'un module se partage entre 3 usagers; le premier qui a l'eau de première main, paye 6446^6; le second qui jouit du reliquat non employé, paye 3223',o8, et le troisième qui dispose seulement des colatures du précédent, paye 161 i'jÔq; de façon que l'administration domaniale reçoit 1 1,280 fr., ou 77^,80 par litre (3).
Mantouan, — Dans la province de Mantoue, quoique le quadretto véronais, réglé par Marie-Thérèse au point de vue des surfaces en rizière et en prairie, ait été reconnu d'un débit trop élevé et ne s'utilise qu'en par- Ci) Marcnghi, Monografia del circondario di Cremona, Inchiestaagraria: loc. cit.
(2) Monografia délia provincta di Verona; Inchiesta agraria; loc. cit.
(3) Bordiga, loc. cit., p. 877.
tie, la valeur du quadretto est encore aujourd'hui payée au domaine, soit en capital, soit par redevance annuelle, à raison de 4 pour cent de ce capital, comme l'exigeait le décret impérial du 2 5 décembre 1781, rendu par Joseph II, aux conditions suivantes :
TEREBS en culture. en fricho.
fr. fr.
Premier usager 6.494.98 5.704.97
Usager des premières colatures — 3.207.37 2.852.36 — des secondes colatures 1.623.56 1.426. 18
Total 11.325.91 9.983.51
ce qui revient à faire payer annuellement aux trois usagers, par hectare de prairie, ou de rizière, les prix suivants peu justifiés par l'emploi fi) :
TEBRES en euUuro. en friehe.
fr. fr.
Premier usager 129.90 114. 10
Deuxième usager 64.15 57.05
Troisième usager 32.47 28.52
Total 226.52 199.67
Piémont, — Le prix de l'eau en Piémont s'établit de diverses manières, suivant que les eaux ou les canaux, appartiennent au domaine, aux communes, ou aux particuliers.
Dans la province de Cuneo, il y a des canaux dont les eaux sont utilisées, sans qu'il soit payé aucune redevance; mais les usagers sont tenus de payer les frais de
(I) E. Paglia, la Provincia di Mantova; Inchiesta agraria, vol. VI, f. 4, p. 81.
35o LES IRRIGATIONS.
curage, d'entretien, de réparation, etc., qui atteignent, à Mondovi, de 7 à 12 francs par hectare. Pour d'autres canaux, c'est le plus grand nombre, les eaux se payent à raison de o fr. 5o à 6 francs par surface arrosée de 38 ares ; ou bien, à raison de 5 à 10 francs par heure, dans chaque rotation, suivant que la saison est plus ou moins chaude. Enfin, pour certains canaux, les usagers versent aux propriétaires une redevance fixe annuelle, sur base de la surface à arroser, ou de la portée d'eau concédée.
Dans la province de Turin, les eaux appartenant aux communes donnent lieu au paiement de redevances annuelles, et celles concédées à des syndicats, seulement à une quote-part proportionnelle dans les frais d'entretien.
Les communes de la province d'Alexandrie, propriétaires des eaux d'arrosage, les font distribuer, soit directement par les eygadiers, soit par location aux fermiers. Le prix varie entre 3 fr. et 4 fr. 5o par hectare et par arrosement.
C'est dans le Novarais que le prix de l'eau est le mieux réglé, par suite de l'intervention du domaine et de l'association d'irrigation verceillaise.
Il n'en existe pas moins des concessions anciennes, faites à perpétuité, pour lesquelles les redevances sont presque nominales, par rapport au volume d'eau distribué; tandis que les concessions récentes, sur base du module légal, reviennent à 2,000 et 3, 000 francs de loyer annuel.
L'administration domaniale des canaux Cavour fait payer le module, du i" avril au 3i septembre, 2600 francs, soit 26 francs par litre à la seconde, et le module d'hiver, du i" octobre au 26 février, 180 francs, soit 1 8 francs par litre à la seconde ; mais elle se réserve toutes les eaux des colatures. Pour les syndicats qui ont
LES [RRIGATIONS. 35i
contribué à la construction des canaux secondaires, Tcau d'été est cédée à 1 5 francs, au lieu de 26 francs le litre , et pour les arrosages sur des terres qui n'ont pas encore été soumises à Tirrigation, la réduction est de 20 pour cent.
A raison de 2600 francs, prix moyen de jouissance du module italien fourni par le canal Cavour, une rizière exigeant 7 litres à la seconde, représenterait une dépense de 78 francs par hectare, non compris l'intérêt des travaux d'irrigation et la main-d'œuvre; mais par la reprise des colatures, ce débit peut servir à l'arrosage gratuit d'un tiers ou d'un quart de la surface en assolement, les eaux étant plus chaudes et plus riches en principes fertilisants que celles immédiatement dérivées pour la rizière.
En outre, le domaine concède exceptionnellement Teau par bouches non modellécs, et sans garantie, par conséquent, aux conditions suivantes :
fr.
Par hectare de rizière loo
— de prairie 60
— de mais, etc., et par chaque arrosage — i5
Ces concessions ne s'accordent pas toutefois pour les terrains trop perméables, ou superposés à des nappes souterraines.
L'association verceillaise qui utilise les eaux des canaux domaniaux dérivés de la Dora Baltea et du Roggione de Verceil, a renouvelé, après 3o ans d'exercice, la convention qui lui assure 5oo modules pour la saison d'été, et 2 5o modules pour la saison d'hiver. Le prixde l'eau qui avait été jusque-là de 1724 francs par module légal, plus 689 francs pour quote-part dans les frais d'administration, d'entretien, etc., soit en tout, de 24 T 3 francs, a été fixé, pour le module d'eau d'été, à
2,600 francs. Il est vrai que l'association a droit à une remise de 10 pour cent sur les 200 premiers modules, de II pour cent sur les 100 modules suivants, de i3 pour cent sur les 100 autres modules et de 16 pour 100 sur les 5o derniers. Le débit venant à excéder 450 modules, l'État concède même une remise uniforme de 12 pour cent sur la totalité; le prix du module n'en reste pas moins de 2288 francs, y compris la jouissance pendant 3o ans des eaux de colature, mais non compris les frais proportionnels dans l'administration syndicale.
Il est d'usage dans le Verceillais, comme dans le Novarais, pour les rizières notamment, de payer Teau en nature aux propriétaires ou concessionnaires, qui ne sont pas le Domaine, moyennant l'abandon d'un tiers, ou d'un quart du produit. Pour une rizière rendant 45 quintaux de paille et 3o quintaux de riz brut, ce paiement équivaut de 170 à 23o francs par hectare.
Sur la rive droite de la Sesia, dans le territoire de Gattinara, jusqu^aux approches du canal Cavour, la commune afferme ses eaux, à raison de 40,000 francs par an, à un concessionnaire qui les loue, moyennant un sixième du produit des terres arrosées (i).
Dans la province de Plaisance, oti l'on n'utilise que les eaux estivales (du 23 avril au 3i août), pour l'arrosage des prairies, le mètre cube d'eau, par rotation de quinzaine, vaut environ 4000 francs et se loue par heure, dans la saison, au prix de 200 à 260 francs.
Aquiîa, — La province d'Aquila, dans les Abruzzes, se signale par l'emploi direct des eaux de rivières, de lacs et de sources. Sur les 26,000 hectares arrosés, il y a un quart de la surface à peine qui recourt aux canaux. Parmi ces derniers, un des plus importants,
(i) Meardi, Inchicsta agraria^ loc, cit,, vol. VIII, f. i, p 255,
dérivé de la rivière Aterno, à San Veneziano, fait payer, au profit de la commune, les redevances suivantes, à raison d'une heure et demie en rotation, par 12 ares (coppa)^ pendant la saison (i) ;
3 fr. pour les terrains en jardinage; ou 40 fr. par hectare; I fr. 3o pour les autres terrains; ou 20 fr. par hectare.
Ces redevances applicables à la zone interne, sont payées sur rôles, au mois d*a6ût. Dans la zone externe, le prix de chaque arrosage est fixé par coppa^ à o fr. 5o, soit 6fr.66 par hectare, payable dès la livraison de Teau.
D'après un règlement du 6 mars 1871, pour les eaux du lac de Scanno, dérivées par le canal Corfinio qui arrose la vallée occidentale de Sqjimona, et par le canal Sagittario qui arrose la vallée orientale, avec une portée commune de 8 m. cubes à la seconde, le syndicat des canaux perçoit une taxe d'irrigation, comprise entre 4 et 6 francs par hectare.
Sicile. — Le prix de Teau n*a pas cessé d'augmenter en Sicile depuis que les cultures arbustives se sont étendues. Dans certaines provinces, le prix est double de ce qu'il était il y a cinquante ans (2). Les eaux de la commune de Chiaramonte (Catane) sont cédées aux usagers par le propriétaire emphytéotique, à raison de 89 fr. 25 pour 12 heures dans la semaine, pendant Tannée. Le droit à l'eau pendant 6 heures dans la semaine, s'achète à.raison dé 6.935 francs à Chiaramonte, et de 1.275 francs dans la Jcommune de Comiso.
Espagne. — Dans les grandes huertas du midi de l'Espagne, ce sont les syndicats des canaux qui fixent le prix de Teau, en assemblée générale.
(1) Quaranta, Jnchicsta agraria, Moiograjia di AquUa : vol. XII, f. III, p. 57.
(2) Danoiani, Inchiesta agraria, loc. c/Y., vol. XIII, f. I. p. 412.
A Valence, les taxes ordinaires sont de deux sortes: la taxe proprement dite {tacha) , et la taxe de curage (cequiage). Chaque usager paye proportionnellement à la surface qu'il possède. Les taxes extraordinaires sont également assignées par les assemblées, et réparties au prorata de la surface à chaque usager. Dans quatre des syndicats de Valence, le règlement ne fixe aucunes limites de taxes ordinaires et extraordinaires. Dans le syndicat de Tormos, le maximum fixé pour la taxe ordinaire est de 3 fr. 70 par hectare ; dans celui de Mestalla, il est de I fr. 75 ; dans ceux de Mislata et Chirivella, de 4 fr. 20, et dans celui de Rascana, de 2 fr. 10. En admettant que la taxe extraordinaire soit égale à la plus forte taxe ordinaire de 4 fr. 20, le prix de Teau n'excède pas ainsi 8 fr. 40 par litre à la seconde, et par hectare.
A Murcie, les canaux sont entretenus, les uns au compte de la commune, les autres aux frais des riverains; quant aux autres dépenses, elles donnent lieu à une taxe proportionnelle à la surlace, mais sur base de trois catégories de terrains, qui sont dans le rapport de 3, 2 et i; c'est-à-dire que les meilleurs terrains payent trois fois plus que les terrains médiocres.
Dans la huerta d'Almansa les syndics fixent la redevance annuelle, qui est d'environ 3 francs par hectare et par arrosage, tandis qu'à Alicante, le syndicat, sur base des dépenses obligatoires et volontaires, établit deux taxes: une taxe ordinaire de o fr. o3 par minute d'eau débitée, suivant les rotations que fixe le syndicat, et de 2 fr.o8 par hectare irrigué à Taide des eaux de crue; elle fixe en outre une taxe extraordinaire variable.
La taxe ordinaire de o fr. o3 par minute d'eau en rotation, représente o fr. 5o par hectare en hiver, et o fr. 35 en été, pour chaque arrosement. En comptant 12 rotations hivernales et 6 estivales, le montant de cette
taxe s'élève à 8 fr. lo environ par hectare; si l'on prend ce même chiffre pour le paiement des autres taxes, on obtient comme redevance totale par hectare, 1 6 fr. 20 ; mais les bilans annuels du syndicat n'indiquent généralement pas plus de 12 francs.
C*est exceptionnellement, en cas de sécheresse et de pénurie, que les propriétaires des eaux du réservoir de Tibi doivent en acheter aux anciens propriétaires du Rio Monegro, et que le prix du débit d'une heure continue, ou de 900 mètres cubes, atteint 20 francs; ce qui représente le prix très élevé de o fr. 022 par mètre cube, et porte le coût de l'irrigation d'un hectare à 20 fr.
La huerta de Lorca est celle où le prix de l'eau est le plus élevé en raison des spéculations des propriétaires, surtout pendant les années de sécheresse. Aymard, se fondant sur les résultats de la vente des eaux dans une de ces années exceptionnelles, en 1861, avait calculé le prix du litre d'eau continue à 1966 francs (i); mais le débit du Guadalantin qui avait servi pour son calcul, est trois fois moindre que celui effectivement jaugé; de façon que le prix devrait être ramené à 655 francs. Rapporté à l'hectare, le prix moyen de l'eau de Lorca est compris entre 5o et 60 francs, et s'applique aux cultures spéciales; céréales, vignes et oliviers, qui s'arrosent l'hiver.
Dans les autres centres d'irrigation, les prix ne sont pas moins variables que dans le midi. Ainsi le prix par hectare et par an de l'eau d'arrosage, dans la vallée du Ter, est de 18 francs; tandis qu'il est de 14 francs sur le canal de Moncada, dans la vallée du Besos. Le canal de Manresa fait payer 12 fr. 5o, alors que le canal de rinfanta, dérivé également du Llobrcgat, a désintéressé
(i) Aymard, loç. ciU^ p. 237*
les usagers, moyennant un paiement effectué en une fois, de 41 5 francs par hectare.
Le canal de la rive droite du Llobregat, administré par l'État, fait payer le tarif suivant par hectare et par an :
fr.
Eaux troubles pour limonage 5.5o
{ i" catégorie. 3i.oo p. r pour surfaces au-dessous de 25 hectares. < 2* — 26.00
\ pour surfaces au-dessus de 23 hectares 12 à 3o
L'ingénieur Job rapporte, d'après des documents mis sous ses yeuX) que sur le canal impérial d'Aragon, il était perçu 1/6 delà récolte en grains de toutes sortes, prêts pour la vente, plus 1/8 de fruits, tels que figues, olives, etc., et une somme de 54 francs en argent, par hectare arrosé; d'où il suit qu'un hectare de terrain arrosé, produisant dans la même année deux récoltes de grains, et concurremment une récolte de fruits, payerait à l'irrigation environ 3oo francs. Dans d'autres districts, ajoute-t-il, la redevance serait payée entièrement en argent, à raison de i5o francs par hectare (i).
Les prix actuels du canal impérial de la vallée de TEbre sont de i5 francs par an, pour i litre par seconde, quand la location excède une année. Pour les débits à durée fixe, le prix est variable selon la durée souscrite; c'est-à-dire d'autant plus élevé que la durée de la période d'irrigation est plus courte. Le canal d'Urgel, dans la même vallée, fait payer Sg fr. Sopar hectare et par an.
D'autres canaux comme ceux d'Esla, de Lozoya, de Henarès concèdent l'çau continue à des prix qui varient entre 1 8 et 67 francs par hectare.
(0 Job, Rapport sur les travaux de canalisation de VEbre, j853.
Selon Roberts, sur base de renseignements soigneusement recueillis, en tenant compte des circonstances exceptionnelles et des bénéfices des entrepreneurs, les travaux des canaux en Espagne donnent lieu à l'établissement suivant du coût par hectare arrosé (i) :
tr.
Province de Madrid 945
— Ix>grano 478
— Tolède 385
— Gerona S 12
— Léon 463
— Navarc 462
— Guadalajara 400
Quant au prix de l'eau par hectare et par an, déterminé le plus souvent par les dépenses d'entretien et de garde, Roberts l'indique comme il suit :
fr.
Canal de Urgel 59.40
Vallée du Tagc 10 pour cent du produit.
Malaga 58.75
Llobregat 16.90 à 52.40
Aragon 1 2 . 3o à 83 . 3o
Catalogne 37.00 à 49.30
Navare 37 fr. pour 4 arrosages par an .
Canaux récents 2 à 3 fr. par arrosage.
L'usage le plus répandu consiste en une redevance de 10 pour cent sur les récoltes.
En résumé, le prix de l'eau des canaux qui est représenté, pour i5 à 20 arrosages à l'hectare et par an, par 12 francs, dans les grandes huertas du Midi;
(1) Irrigation in Spain; Engineering: 1873,
s'élève de 1 5 à 60 francs et au delà, dans les autres centres d'irrigation, que les eaux appartiennent à des syndicats, à l'État, ou à des particuliers.
Eaux artésiennes, — Dans la huerta de Murcie, un certain nombre de puits artésiens ont pu être forés , mais seulement à 2 kilomètres de la ville, vers Orihuela, avec une profondeur moyenne de 35 mètres, et un débit variable entre 3 litres et demi et 20 litres par seconde. Certains forages se sont étendus jusqu'à 100 mètres des bords de la Segura. Le niveau maximum des eaux jaillissantes au-dessus du sol a été de 6 mètres. En y comprenant le tube d'ascension en tôle qui représente une dépense de 12 fr.5o à i5 francs par mètre courant, le coût moyen d'un puits varie entre 1750 et 5.000 francs, à raison de 54 fr. le mètre.
Sur quelques points de la huerta^ les eaux artésiennes se vendent pour l'arrosage. Sur l'un des puits fournissant i.3oo mètres cubes d'eau par jour, permettant d'arroser 60 ares de terre en trois heures, Teau se vend au prix de 12 francs par jour, ou de ofr.5o par heure : c'est-à-dire que le mètre cube d'eau se paye o fr.009. Un autre puits, fait payer l'eau i franc par heure, quoique le débit soit moindre , mais le niveau est plus élevé pour l'arrosage des terrains supérieurs.
Pour les puits qui ne donnent pas des eaux jaillissantes, des pompes élèvent les eaux, sous l'action de moulins à vent [molinetas\ comme dans la plaine de Carthagène.
France. — En France, de même qu'en Italie et en Espagne, il y a des localités privilégiées où le prix de l'eau représente simplement o: une ancienne redevance féodale, ou coutumière, qui n'a pas changé, malgré les bouleversements des rapports de toutes choses i>. Ailleurs, des ordonnances anciennes ont fixé des droits
LES IRRIGATIONS. 'iSg
invariables de concession, sans tenir compte des variations de Tunité monétaire (i).
Sans parier des canaux dont rétablissement remonte à la domination des Arabes, ou des chartes et cartulaires octroyés au moyen âge pour concession des prises des cours d'eau ou des sources, la plupart des redevances évaluées en nature, ou au taux nominal des monnaies, ne représentent plus que le tiers ou le quart de la valeur réelle de Teau. Jusques de nos temps, Teau a encore été concédée gratuitement contre échange des terrains livrant passage aux canaux, et l'agriculture a naturellement bénéficié en plus grande partie de cet état de choses.
Eau gratuite. — Parmi les canaux qui donnent leurs eaux gratuitement, on peut citer ceux des moulins de PeyroUes, du Puy Sainte-Réparade et du réal d'Eyragues, dans les Bouches-du-Rhône. Le canal de Peyrolles, qui a une longueur de 6.200 mètres et débite 3oo litres à la seconde, a été construit au seizième siècle; il permet d*arroser sans redevance 25o hectares. Les arrosants n'ont à leur charge que les frais du curage, dans la traversée de leurs terres. Le canal du Puy Sainte-Réparade offre une longueur de 7.600 mètres et un débit de i.ooo litres à la seconde, à Taide duquel on irrigue gratuitement 25o hectares, sans fixation d'heures ou de jours; cette jouissance a été accordée en retour des terrains sur lesquels passe le canal. Le réal d'Eyragues, établi au douzième siècle, pour Tarrosage de 400 hectares, fut Tobjet d'une censé de 3o doubles décalitres de blé, payée à l'archevêché d'Avignon ; mais depuis la Révolution, les propriétaires arrosants ne sont plus soumis à aucune taxe,
ti)BsLTrail, frrig^ations, Engrais liquides^ p. 36 1..
36o LES IRRIGATIONS.
et c'est la commune môme d'Eyragues qui contribue aux frais d'entretien pour une somme annuelle de 3oo francs.
Dans Vaucluse, la jouissance des eaux de la Durançole, des canaux de Vaucluse, de l'Hôpital, de Violés, de Puget, etc., n'est l'objet d'aucune réglementation. Les eaux du canal du Grozeau, dans la commune de Crestet , arrosent 12 hectares, sans qu'il soit payé aucune cotisation. Chaque arrosant en dispose comme il l'entend, pour la submersion des prairies en hiver.
Eau à prix réduit. — Dans certaines associations , les actions de capital et les obligations confèrent le droit à l'arrosage, avec ou sans paiement de cotisations annuelles. Ainsi, dans l'œuvre du canal des Alpines, chaque obligation donne la jouissance de l'arrosage gratuit d'un hectare, et pour l'embranchement d' Istres, du même canal, deux actions donnent droit à 3o litres d eau par seconde, mais avec paiement de la redevance annuelle. Les concessionnaires du canal domanial obtiennent à ce litre, la jouissance de l'eau à des prix réduits; 60 francs par exemple, pour un débit de 33 litres à la seconde.
En dehors de ces cas particuliers pour lesquels la gratuité, ou le rabais du prix de l'eau, correspondent à des avances et à des participations dans les frais d'établissement des canaux, le prix de l'eau, tout en étant relativement bas dans certaines localités, est accru de redevances accessoires, de servitudes multiples et complexes, provenant de conventions, ou de droits anciens que fixent les syndicats d'arrosage par leurs règlements. Entin, les inégalités dans les durées et les espacements des arrosages et dans les débits, ne sont pas sans influer sur la valeur de l'eau. Aussi, peut-on dire, d'une manière générale, que dans aucun pays, le même vo-
LES IRRIGATIONS. 3ôi
lume d'eau est payé à des prix aussi variables et aussi élevés qu'en France.
Les associations syndicales de Vaucluse, parmi lesquelles s'en trouvent qui possèdent des canaux importants , livrent Teau d'arrosage au meilleur prix. Le relevé que nous présentons dans le tableau XXIV, d'après les chiffres de la commission chargée du concours des irrigations du département en 1876, montre que pour une surface de près de 5. 000 hectares , arrosée par 20 syndicats différents, la redevance moyenne par hectare et par an, a été de 18 fr. 3o. Les prix les plus bas des cotisations sont de 2 et de 7 francs, et les prix les plus hauts de 29 et 3o francs.
Dans les Bouches-du-Rhône, certains canaux alimentés par des sources, ou en rivière directement, livrent l'eau d'arrosage à bon marché. Au canal de Lafare, ou des Nationaux, qui a sa prise d'eau dans l'Arc, les arrosants en syndicat autorisé ne payent d'autre redevance que la cote d'entretien et de gestion , s'élevant à 8 francs environ par hectare. L'association syndicale de Gèmenos qui emploie les eaux de la source de Saint- Pons à l'arrosage de 79 hectares, fait payer une cote de 16 francs par hectare. Celle du canal de Chateaurenard, exécuté à la fin du siècle dernier, pour l'arrosage de 2.600 hectares, base son rôle annuel sur trois classes de terrains, payant, la première i5 francs, la seconde 10 francs, et la troisième 5 francs par hectare.
L^œuvre générale de Crapponne qui comprend deux branches de canaux; celle de Salon et celle d'Arles, pour lesquelles le régime des redevances est différent, offre sur la branche de Salon , certaines concessions gratuites, en échange des terrains traversés, et pour les autres arrosants, une cote se réduisant aux frais d'entretien ^ variable entre 5 et 10 francs par hectare. Sur la
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