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chaque propriétaire, ou cultivateur, qui eût impliqué des jaugeages exacts, à l'aide d'appareils d'un fonctionnement assuré. Il restait à faire payer, en raison de la surface arrosée pendant la saison ; c'est ce mode qui a prévalu, quoiqu'il réclame un personnel nombreux pour vérifier quels ont été les champs arrosés, et qu'il ne fournisse aucune indication certaine sur la consommation des eaux, puisqu'elle varie suivant les terrains et suivant les cultures. L'expérience apprend toutefois que les mêmes cultures arrosées reviennent sur les mêmes terrains, de façon qu'en taxant Teau par hectare d'après la récolte, on obtient une moyenne suffisamment approchée.
Dans le Punjab, sur le canal Bari-Doab et ses branchements, l'administration n'avait eu d'abord que deux taxes applicables à toutes les récoltes : la première de i5 fr. 14 par hectare pour l'eau courante, et l'autre de 7 fr. 55 par hectare, pour l'eau élevée mécaniquement. Plus tard, les récoltes furent divisées en quatre classes, à chacune desquelles on appliqua une taxe spéciale 1° : pour la canne à sucre, 33 fr. 26 par hectare; 2® pour le riz et les jardins, 26 fr. 60; 3° pour le froment, l'orge, le coton et l'indigo, 14 francs; et 4** pour les autres céréales, millets, légumineux, etc., 8 fr. 5o. Déjà, en 1873, plus de 92.000 hectares arrosés par le canal Bari-Doab, étaient soumis à ce régime de redevances.
Sur les canaux du Jumna occidental, depuis 1866, les tarifs appliqués aux différentes catégories de récoltes ont été les suivants : 27 fr. 72 par hectare et par an pour les terres en jardins, l'eau étant continue; 16 fr. 60 pour la canne à sucre et l'indigo; 12 fr. 5o, pour le riz, le coton et les céréales; et 10 francs pour les légumineux, l'orge, etc. Si l'eau doit être élevée artificiellement
par des roues, des écopes, etc., ces redevances sont réduites d'un tiers.
Les canaux du Jumna oriental et du Gange appliquent à peu près les mêmes taux de redevance , à savoir : 27 francs 72 pour la canne à sucre; 16 francs 60 pour le tabac, le riz et les jardins; 12 francs 5o pour Tindigo, le coton et les millets; et 5 francs 5o pour les légumineux.
La surface arrosée des provinces du Nord-Ouest, soit 38o,ooo hectares, en 1873 , représentait pour l'administration une redevance moyenne, par hectare arrosé, de
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Les redevances fixées d'après la nature des récoltes, n'ont été établies dans les diverses régions de Tlnde, qu'à la suite d'observations soigneusement recueillies et d'expériences bien conduites; mais une fois établies, il devient difficile de les relever. L'écart entre le rendement des terres arrosées et de celles non arrosées, qui se trouvent dans le voisinage immédiat ; les différences observées dans les rendements des diverses saisons, suivant la chute d'eau pluviale; la prédominance de telle ou telle culture dans la région irriguée; enfin, le coût de l'eau élevée par des manèges attelés, sans laquelle certaines récoltes ne peuvent être obtenues, sont autant d'éléments d'appréciation du coût de l'irrigation, dans une contrée comme Tlnde, qui la pratique depuis un temps immémorial (2\
Les données relatives aux canaux de l'Inde, groupées dans le tableau XXVI, permettent de comparer le coût de l'arrosage à l'hectare avec le prix de revient du litre d'eau par seconde, et le prix payé durant Tannée du même litre d'eau continue (3). Quoique remontant à
(1) East India. progress aud condition; 1874, p. 65.
(2) Agricultural engineering in India ; Engineering. 18 mai 18S8.
(3) Jackson's Hydraulîc manual ; Madras, 1871.
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une période (1846-1868), pendant laquelle les canaux n'étaient pas achevés, ces données indiquent que l'irrigation se pratiquait dans Tlnde à des conditions bien plus avantageuses qu'en Europe, sans que le nombre des arrosages y fût moins grand ; car, sous un climat aussi chaud que celui des provinces du nord-ouest, par exemple, pour le canal Nageenale, les arrosages étaient réglés de la manière suivante :
Arbres fruitiers et jardins 8 arrosages par an.
Chanvre 5 — par récoite.
Riz, indigotier, canne à sucre, tabac, piantes de prairie 4 — —
Coton, froment, orge, graines légumineuses 3 — —
Prix comparatifs. — Il est facile, d'ailleurs, en comparant le prix de l'eau fournie par les canaux en France, en Italie et en Espagne (tableau XXVI T, avec celui de l'Inde (tableau XXVI) de constater l'infériorité de l'agriculture européenne.
On a prétendu que la véritable valeur de l'eau est le prix qui rémunère le canal et laisse un bénéfice au cultivateur; en d'autres termes , elle devrait résulter d'un débat entre les parties intéressées. Peut-être serait-ce exact dans certaines contrées où la jouissance de l'eau est l'objet d'une concurrence, et donne lieu à des enchères, à cause de la spéculation des propriétaires ( comme en Espagne, à Elche, à Lorca, à Alicante), et oti le prix de l'eau est de beaucoup le plus élevé, parce qu'elle est moins abondante; mais demander que des agriculteurs, qui ne jouissent pas encore des bienfaits de l'irrigation, commencent par s'imposer des sacrifices au-dessus de leurs forces, pour rémunérer les capitaux des compagnies ayant construit trop chèrement , ou d'après des tracés
LES IRRIGATIONS. SyS
forcément improductifs sur une grande partie de leur parcours, c'est évidemment rendre le débat stérile. Il ne faut pas oublier que les agriculteurs n*ont pas seulement à payer la redevance annuelle par litre d'eau, ou par hectare arrosé, mais qu'ils ont des frais considérables, établis dans le paragraphe suivant, pour approprier leurs terres suivant les divers systèmes d'arrosage , et modifier leurs cultures, ou leur assolement.
On a prétendu bien plus, que le prix de Teau en France, est généralement fixé trop bas, et qu'au prix de 5o francs par litre à la seconde, il serait à souhaiter, dans rintérét de l'agriculture, qu'elle fût taxée dans la plupart des cas(i).
Il n'y a pas de plus riches cultures que celles des plaines de la vallée du Pô et des huertas de l'Espagne , où les irrigations établies depuis des siècles ne cessent de se développer, et pourtant , comme le montre le tableau XXVII, la redevance moyenne par litre d'eau, quoique supérieure à celle de l'Inde, n'y excède pas 3o francs; le coût de l'arrosage par hectare variant entre I fr. 75 et 5o francs. Cest à ces conditions également qu'arrosent les agriculteurs des départements français dont les canaux anciennement établis sont exploités en syndicat (2); mais le prix de 5o francs est un maximum qui n'est pas de nature assurément à favoriser l'extension des arrosages, même pour les très riches cultures; à plus forte raison, pour les prairies auxquelles les régions du centre et du Nord devront d'augmenter le rendement des récoltes.
(1) C. de CossigtïYf Notions élémentaires sur les irrigations, p. ii6.
(2) Voir le tableau XXIV indiquant la situation des arrosages dans Vaucluse.
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