PRODUIT EN ARGENT
3 coupes; ensemble i3.36o kil. à 7 fr. 33 les
1 00 kil 983 . 67
3 coupes; ensemble 10.000 kil. à 6 fr. 61 les 100 kil 673.67
Bénéfices 431.00 106.17
Ainsi les irrigations à Teau claire, dans l'arrondissement d'Avignon, ne donnent qu'un faible produit; partout où Ton peut, on leur substitue les eaux troubles; mais si l'on augmentait la fumure, les eaux claires perdraient beaucoup de leur infériorité.
Avec les eaux de la Durancole, sur le territoire d'Avignon, les luzernières arrosées par planches, donnent en cinq coupes, i3,5oo kil. pendant cinq ans; l'engrais annuel est fourni par le fumier et les guanos, ou par des composts avec de la trouille.
A Cavaillon, les luzernières fumées avec un compost de tourteaux et de trouille, irriguées par les eaux du canal de FugueyroUes, rendent i5,ooo kil. à Thectare. Succédant au blé, après melons fortement fumés, elles peuvent donner en cinq et six coupes, jusqu'à 10,000 kil. de foin par hectare, sans fumure spéciale.
Les luzernes, à Lorîol, sont arrosées tous les quinze jours, c'est-à-dire deux fois pour chaque coupe. 11 est fait cinq ou six coupes, selon l'époque plus ou moins hâtive delà première. Le rendement ordinaire des terres relativement sablonneuses, mais assez profondes, atteint 14,000 kil. de foin par hectare.
Prairies du Centre. — Aveyron. — En vue de rélevage, de Tentretien et de Tengraissement des bêtes à cornes de la race d'Aubrac, le domaine de Ruelle, situé à 6 kilomètres de Rodez (Aveyron), a réservé une large part aux prairies naturelles , en dehors des pâtures qui reposent sur le roc. Des conduits souterrains amènent les eaux supérieures dans un vaste bassin, qui recueille également les liquides des étables, des cours, du village, etc., et sert à Tirrigation des terrains inférieurs, convertis en prairies. La production des prairies atteignant de 6,000 à 8,000 kil. de foin par hectare, sur 60 heaares, permet d^entretenir 48 vaches, plus des bœufs et des moutons à Fengrais, des bétes bovines de l'année, etc. La chaux, à raison de 8 mètres cubes, après un chaulage initial de i5 à 5o mètres cubes par hectare, selon la nature et la fertilité de la couche arable, est le principal agent pour maintenir les terres de prairie en bonne productivité. Le fumier de ferme n'est guère appliqué que tous les trois ans, à la dose de 20 mètres cubes par hectare.
Haute-Loire. — Le Chassagnon, canton de Langeac (Haute-Loire), comprend aussi, pour Télevage et l'engraissement des bêtes bovines et ovines, .42 hectares de prairies naturelles arrosées, et 20 hectares de pâtures. En raison même de la faible surface en pâturage, la stabulation est presque permanente. C'est seulement après la fenaison que les vaches et les animaux d'élevage sont conduits dans les prairies susceptibles de fournir un regain fauchable.
Les eaux du ruisseau la Chamalière débouchent dans un réservoir de 1000 mètres de superficie et 2"', 20 de profondeur, qui domine les prairies et alimente les canaux et les rigoles de niveau. L'arrosage, entre les rigoles espacées de 10 mètres, se fait par reprises d'eau.
Les liquides des érables et les fumiers servent à la fertilisation des prairies dont la récolte totale atteint de 220,000 à 25o,ooo kilogrammes.
Creuse, — A la ferme-école de la Villeneuve, i3o hectares de prairies naturelles peuvent être regardés comme la base essentielle de toutes les spéculations. Ces prairies sont en grande partie irriguées par reprise de Teau provenant du drainage des étangs et de deux grands ruisseaux dérivés sur un parcours de 1,200 mètres. Les rigoles sont disposées de manière à assurer en temps convenable l'assainissement du sous-sol. Un compost appliqué comme fumure, complète Faction des eaux naturellement froides et dépourvues de sédiments. En 1869, les prairies irriguées de la Villeneuve donnaient à rhectare 3,5oo kil. de foin de qualité moyenne, et en outre, à l'automne, un pâturage très abondant.
Au Mas«Gellier, dans le but d'assainir les terres, de recueillir les nombreuses sources que le sous-sol imperméable ne laisse pas filtrer en profondeur, et de créer des prairies irriguées, une canalisation souterraine a été exécutée sur i5 kilomètres, exigeant 35 aqueducs, pour assurer le débit, par 24 heures, déplus de 3, 000 mètres cubes d'eau. Trente bassins de répartition, ou pêcheries, outre un étang de 6 hectares, emmagasinent et bonifient les eaux d'arrosage. Moyennant une avance de 48.000 francs qu'ont exigé les travaux de captation et d'irrigation, il a été possible de créer 65 hectares de prairies nouvelles.
Haute-Vienne, — De même que dans la Creuse, les prairies de la Haute- Vienne sont, pour la plupart, arrosées à l'aide des ruisseaux qui sillonnent le pays (i).
Sur les 62 hectares de faire valoir direct du domaine
lO Voir tome I, p. 41.
de Nexon, 22 sont des prairies, en terrain argilo-siliceux, avec sous-sol argileux, mais parfois granitique. La plupart des eaux qui arrosent ces prairies, après avoir lavé les rues et les égouts de la ville voisine , sont de nouveau reprises par une large rigole, en communication avec deux réservoirs, qui permettent d'irriguer 10 autres hectares de prés, de première qualité.
Comme résultat de cette opération , tel hectare qui, avant Tarrosement, produisait i,5oo kil. de foin, en a produit 10,000 après Tarrosage, avec les eaux mélangées des purins et des liquides de la ville, et des terres qui s^affermaient de 3o à 40 francs, se sont converties en prairies arrosées que Ton afferme au prix de 25o francs l'hectare (i).
Dans la propriété de la Chateline , en pleine région granitique, à 415 mètres d'altitude, non loin du partage des eaux du bassin de la Loire et de celui de la Garonne, 53 hectares de prairies ont été créés de toutes pièces par Tirrigation , dans des bruyères, ou des terres aussi peu productives. Les eaux d'arrosage proviennent des sources captées sur tous les points du domaine, et d'un étang alimenté par la petite rivière de la Dronne. Deux béliers hydrauliques accouplés servent à leur distribution. Les prairies, qui reçoivent en outre du fumier de ferme et des composts formés de plâtre et de superphosphate,rendent 6000 kil. de foins (2).
Au domaine de Lavaud (arrondissement de Limoges), 10 hectares de prés sont arrosés par un ruisseau et par les eaux de sources réunies dans quatre pêcheries. Le canal de dérivation du ruisseau a i,5oo mètres et celui des sources, 2,000 mètres de longueur. Les prés
(i) E. Bonnemère, la Prime d'honneur de la Hauie-Vienne , Journ, agric. praU, 1862, t. II.
(2) E. Risler, Géologie agricole, p. 72.
reçoivent tous les ans, soit du phosphate de chaux des Ardennes, soit du fumier (5o voitures par hectare), et rendent de 5,ooo à 6,000 kil. de foin. Le regain, comme dans la plupart des autres exploitations limousines, est mangé sur pied par les animaux, jusqu'à la Toussaint.
La terre de Sereilhac, pour l'arrosage de» 44 hectares et demi, compte 20 pêcheries d'une longueur moyenne de 8 mètres, sur une largeur de 6 mètres; 9,760 mètres de rigoles principales ; 1,120 mètres d*aqueducs ; et trois prises d'eau dans le ruisseau Lajugie. Les rigoles, creusées «^ l'aide de la rigoleuse, répartissent l'irrigation sur toute la surface, que l'on fume régulièrement avec du terreau et du fumier. Le rendement moyen en foin est de 4,000 kil. (i).
Cantal, — La haute Auvergne, embrassant le département du Cantal, est peu boisée; ses points les plus élevés sont engazonnés jusqu'au sommet. Les herbages dominent presque partout, dans les vallons, sur les plateaux, et à la montagne. La différence de rendement ou de richesse ne provient que de la position des prés, et des soins qui sont donnés aux irrigations, les eaux étant partout abondantes.
Les prairies naturelles sont parquées , fumées et arrosées. Quand elles ne sont pas déprimées y c'est-à-dire parquées pendant la première pousse, du 25 avril au 25 mai, elles donnent par Tarrosage de 8,000 à 10,000 kil. de foin, avec un regain de très bonne qualité; mais la moyenne des prairies où le déprimage est usité, correspond à 6,000 et 7,000 kil. par hectare.
Pour les montagneSy ou pacages naturels, dans les-
(1) Barrai» l'Agriculture et les irrigations de la Haute-Vienne, loc, cit.
quels les vaches passent la belle saison , il y a lieu de distinguer la partie arrosée à Taide de Tcau des sources ou des ruisseaux, et la partie fumée par le bétail (i). Chaque domaine possède une vacherie à la montagne ; à moins que plusieurs cultivateurs ne se soient associés pour faire pâturer une même montagne. De toutes manières, ces pacages doivent être irrigués, afin que la tête d'herbage corresponde, comme dans Its montagnes de Salers, à 70 ares en moyenne ; ou bien comme dans les montagnes de Coyan, de Trizac et du Cantal, à i hectare (2).
Allier. — Les prairies des arrondissements de Moulins et de Montluçon font lobjet d'irrigations importantes ; celles situées sur les terrains primitifs et calcaires, sont arrosées avec soin, en raison de la vertu fertilisante des eaux. La vallée de la Sioule , soumise à des inondations assez fréquentes, contient de très belles prairies.
Dans leur domaine de la Salle (1,000 hectares), MM. Riant frères, pour augmenter les engrais et par suite, la production fourragère, ont créé 80 hectares de prairies nouvelles, sur un massif enclavé entre deux ruisseaux, qui se réunissent après un parcours de 2 kilomètres en terrain déclive. Les prises d'eau se font à même sur les ruisseaux, et les rigoles en pente irriguent toute la surface sans frais notables.
Pour la mise des terres en prairie, on commence par les chauler, à raison de 120 mètres cubes par hectare, et on les ensemence en blé d'automne. L'année suivante, on les fume,et on y cultive encore du blé d'hiver. Enfin, la troisième année, on sème de Tavoine ou de Torge, au printemps, avec de la graine de foin. Les trois
(1) Voir tome III, p. 16,
(2) V. Duffourc, les Herbages d: la haute Auvergne. Journ. agric. prat., 1859, t. XXXI.
récoltes de céréales payent les frais de chaulage et de fumure, et il ne reste plus, comme dépenses applicables à la création des prairies , que Tachât de la graine de foin, s'élevant environ à 1 20 francs par hectare, et rétablissement des rigoles, représentant une main-d'œuvre de 5 fr.io par hectare.
Prairies de FEst. — Ain. — Au Saix, près de Peronnas, 60 hectares de prairies sont arrosés, en automne et au printemps, par les eaux pluviales que recueillent des fossés servant à la fois de collecteurs de drainage et de rigoles d'irrigation. Ces rigoles sont munies, à cet effet, de vannes fixes et de vannes mobiles. La fertilité est entretenue par des fumures , des terreautages et des purins dilués; ce qui explique la persistance des légumineuses. L'ensemencement comprend, outre la graine mélangée des fenils, i5 kil. par hectare, de graines de trèfle, rouge, blanc et hybride, et de lupuline.
Un autre domaine, celui de Cornaton , situé au cœur de la Bresse, et formé d'un sol argilo-siliceux, ou terre blanche, sur sous-sol d'argile compacte, imperméable, offre 140 hectares de prairies, dont 14 créées sur marais tourbeux desséché, et 2 5 sur d'anciens étangs. La plupart de ces prairies, qui représentent au delà du tiers de la superficie du domaine, sont irriguées suivant des pentes horizontales, sur les versants oh le sol devient calcaire, avec sous-sol marneux. Dans les parties planes des anciens étangs ou marais , elles sont irriguées par planches. Des retenues permettent de recueillir les eaux qu'amènent de toutes parts les fossés d'assainissement et d'eaux pluviales. Les prairies qui ne peuvent être irriguées sont hersées tous les trois ans(i).
(i) De Guaita. la Prime dthDinmr de l'Ain; Journ, agric, prat. 1861, t. 11.
LES IRRIGATIONS. 4o3
D'une manière générale, pour arroser en terre forte et imperméable, sur des surfaces horizontales ou en faible pente, les rigoles de niveau sont prescrites, à moins de rigoles d'assainissement aussi larges et aussi profondes que le comporte Tégouttement rapide des prairies. La pente ne gène nullement Tarrosage, quand on barre les rigoles de niveau , de distance en distance, par des vannettes qui règlent Tétendue de la prairie restée sans eau, au point de vue de Tégouttement. Boitel constate que ce système mixte d'arrosage et d'assainissement est appliqué avec beaucoup de succès , aux environs de Nantua, à des prairies qui étaient toujours restées mauvaises, avant d'avoir été ainsi traitées.
Belfort. — La prairie le Duc, située dans )e ban de la Chapelle-sous-Chaux, près de Belfort, occupe 6 hectares et 35 ares de mauvaises terres louées ensemble, jusqu'en i86r, au prix de 400 francs. Grâce à l'installation de rigoles qu'alimentent trois barrages mobiles sur le ruisseau de Plancher, et à l'application d'un compost formé de terre, de suie, de plâtre et de fumier, coûtant 28 francs par hectare et par an, la prairie le Duc se louait 920 francs en 1867. Il a suffi d'une dépense totale en améliorations de 1725 francs, pour doubler et au delà le prix du fermage (i).
Vosges, — Le département des Vosges, qui figure au huitième rang, d'après la dernière statistique, parmi ceux comptant le plus de prairies naturelles (86,296 hectares), vient au second rang pour l'étendue des prairies irriguées artificiellement. Aussi bien, dans la région des plateaux et des montagnes, où se rencontre la plus forte proportion de prairies arrosées , la qualité et le volume des eaux, joints à la qualité des sols légers
(i) Heuzé, les Primes d'honneur en iSti'; , p. 189.
et perméables, assurent une supériorité marquée aux foins de cette région. Comme dans le Limousin et l'Auvergne, la plupart des irrigations en montagne sont alimentées par des sources, des ruisseaux, des réservoirs, et quand Teau n^est pas assez abondante, par les eaux pluviales provenant des terrains supérieurs. Le plus souvent arrose-t-on par reprise d'eau. Les réservoirs abondes automatiques qui permettent d'utiliser toute l'eau autrefois perdue par le trop-plein, économisent en même temps la main-d'œuvre de Tirrigateur (i).
Tandis qu'au Ménil, près de Thillot, à 3oo mètres au-dessus de la vallée, les prairies où les graminées sont associées aux légumineuses et aux plantes diverses, rendent 5,000 kil. de foin remarquablement fin et parfumé; celles de Gerardmer, à 600 mètres d'altitude, offrant également une bonne composition d'herbe, que caractérise le trèfle blanc, ne rendent que 4,000 kil. Dans les deux cas, les prairies sont arrosées par des rigoles de niveau qu'alimentent des sources abondantes descendant de la montagne. Aux environs de Remiremont, à 5oo mètres d'altitude, sur une colline à flancs inclinés, l'arrosage des prairies se pratique à l'aide de réservoirs qu'approvisionnent des eaux de fontaine, distribuées par rigoles de niveau avec reprise, et le rendement en foin de bonne qualité y atteint 5,ooo kil. pour la première coupe et le regain. Sur le terrain sec, maigre et granitique de ces prairies, on procède toutefois à des fumures, et à des arrosages au purin.
A Saulxure-sur-Moselotte, avec un sol constitué par des alluvions très perméables, granitiques et sans calcaire, les prairies ne sont jamais fumées, ni pâturées; mais elles reçoivent d'énormes quantités d'eau. Malgré
(1) Voir tome 1, p. 433.
une altitude de 416 mètres, et le voisinage de montagnes qui ne rendent ces prairies fauchables qu'au commencement de juillet, le rendement atteint 5, 000 kil. de foin en première coupe, et 2,3oo kil. pour le regain. Ce foin, riche surtout en graminées, forme une bonne nourriture pour les vaches laitières, les bœufs et les chevaux de travail. Le prix de location des prairies de Saulxure s'élève à 25o francs par hectare.
Moselle. — C'est dans les grèves stériles et mouvantes du lit de la Moselle, au-dessous d^Épinal, que s'étendent jusque dans la Meurthe, les prairies des frères Dutac, acquises depuis, par Naville de Genève, et couvrant plus de 400 hectares. Sur plusieurs points, le cours de la rivière a dû être détourné pour faire place à un canal, afin de surélever les bords, et de maintenir les eaux au niveau qu'exige Tarrosage des parties les plus hautes des prairies, ou bien, pour gagner du terrain. Dans ce dernier but, un canal de 1 5 mètres de largeur donnant accès à la rivière, force le courant à l'approfondir et à Télargir, tandis que l'ancien lit, pendant les hautes eaux, se colmate et se remplit, pour être plus tard nivelé et ensemencé.
Quand le sol dans lequel il s'agit de détourner la Moselle a été encombré de grèves ou de sables amoncelés, une chaussée est établie entravers, qui oblige le courant, pendant les crues, à entraîner les dépôts pour les porter plus loin dans l'ancien lit. Ces chaussées empierrées construites sur de très grandes longueurs, à Taide des matériaux des carrières du voisinage, ont enrichi de prairies fertiles plusieurs communes riveraines.
Sur les grèves ainsi couvertes d'un limon visqueux, on sème, après nivellement, de la graine de foin et des graines de légumineuses, spécialement du trèfle blanc et des ray-grass d'Angleterre et d* Italie. Après deux ou trois mois d'irrigation continue, le gazon
4o6 LES IRRIGATIONS.
est formé; toutefois Therbe qui croît la premièreannée n'a pas grande valeur; quoique sur les bonnes grèves la première coupe est déjà importante. Cest seulement à partir de la troisième année, que les herbes grossières disparaissent, pour faire place aux bonnes plantes fourragères. La coupe par hectare est de 3,ooo à 4,000 kil. de foin sec, fin et odorant (i\
Prairies de l'Ouest. — Comme toutes les contrées granitiques ^2;, la Bretagne, si riche en sources et en petits cours d'eau, deviendrait Tune des plus fertiles régions du territoire, malgré un sol montagneux et pauvre, et des landes stériles, si les eaux étaient utilisées pour féconder des prairies, grâce aux nitrates et aux sels alcalins qu'elles tiennent en dissolution (3 .
Le domaine de Técole du Lézardeau, près de Quimperlé, a montré ce que l'emploi régulier du sable marin à 70 pour cent de calcaire, de fumures abondantes et répétées, de labours profonds, et d'eaux de source de bonne qualité, pouvait réaliser dans toutes les cultures, et principalement sur les prairies naturelles qui fournissent 5, 000 kil. de foin par hectare, en première coupe. La seconde coupe est pâturée par les vaches. Le foin touffu des prairies irriguéesdu Lézardeau ne permet pas aux légumineuses d'atteindre un grand développement, mais à la repousse, elles prennent leur revanche sur les graminées, grâce au sable calcaire des composts. Ainsi , dans ces formations primitives, Teau des granités et les sables coquilliers de la mer suffisent au maintien, et même à l'accroissement de la fertilité des prairies [4),
(1) De Gourcy, Voyage en Lorraine ; Journ. agricprat ; i852, t. XVil, p. 266.
(2) Voir tome I, p. 281.
(3) E. Risler, loc, cit., p. c)3.
{\) Boitcl, loc, cit., p. 471.
AClisson, dans la Loire-Inférieure, 3o hectares de prairies sur un sol argilo-siliceux et non schisteux, fournissent par l'irrigation, de 5, 000 à 5,5oo kil. de foin par hectare. Il est certain que sur la rive gauche de la Loire, dans toute la vallée, Tirrigation pourrait s'étendre aux prairies naturelles avec un égal succès (i), en recourant aux amendements calcaires.
Avec Taide d'un canal de dérivation du Loir, alimentant des canaux secondaires et des rigoles, le marquis de Talhouet, a pu créer, dans sa terre de Lude (Sarthe , sur des dunes siliceuses avec sous-sol calcaire, dit tuffaUy 62 hectares de prairies, en se passant d'engrais. Ces prairies, après deux années d'ensemencement, ont produit sous l'action de l'arrosage, jusqu'à 3,3oo kil. de foin par hectare, et en moyenne, 2,378 kil. En outre, 9 chevaux, i5 vaches et 145 moutons ont été abondamment entretenus dans les regains, du i5 août au i5 décembre.
Aux termes du rapport de Kergorlay (2), la dépense figurant au compte capital, pour l'irrigation de i65 hectares , y compris l'établissement d'une turbine au prix de 81 3 1 fr., se répartissait de la manière suivante, par hectare :
fr.
Quote-part des terrains déjà irrigues 49. 3o
Frais d*dtablissement des prairies et de l'irrigation 85 . 70
Ensemencement, graine et main-d'œuvre. . . . 8y.oo
Total 224.00
A cette dépense de 224 francs par hectare, correspondait un revenu variable selon les années, de 60 à 2 35 francs.
(i) Enquête sur les engrais industriels y t. 1, p. 409. (2) Soc. centrale d'agriculture, mal 1867.
4o8 LES IRRIGATIONS.