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25 et y 5 quintaux par hectare, et celle des prairies alternes entre 75 et i5o quintaux.
Cantoni estime le rendement d'une prairie ordinaire Milanaise, bien fumée et bien arrosée, à 10,000 kil. qui laissent un produit net par hectare de 3 1 6',8o, se décomposant de la manière suivante :
fr. fr.
100 quintaux de foin à 5 fr. le quintal 5oo.oo
Dépenses de culture 83 . 20
— d'engrais 100.00
Total des dépenses i83.2o
Produit net 3i6.8o
Prairies alternes ou en assolement. — En
Lombardie , les prairies artificielles constituent la base de l'assolement d'une zone entière dont le Lodigian fait partie; c'est la zone privilégiée pour la fabrication des fromages, improprement dénommés Parmesans.
Ce n'est pas fortuitement que dans cette région, la prairie dite alterne a remplacé la marcite et la rizière. En effet, les eaux d'hiver n'y sont pas assez abondantes, ou celles qui s'y rencontrent, sont trop froides, en raison de leur éloignement des sources, pour que Ton songe aux marcites; et le sol est trop léger, trop défavorable, pour la culture du riz. Les prairies artificielles permettent seules d'utiliser la mince couche arable, avec des résultats d'autant plus remarquables que le fumier des étables ne cesse d'augmenter la puissance et la fertilité de cette couche, de manière à l'approprier aux arrosages.
Un ancien dicton caractérise la culture dans les trois zones principales de la plaine lombarde : « acqua mila" nese; terra pavese; conduttore lodigianoy>(esiU de Milan ; terre de Pavie; fermier de Lodi); en d'autres termes, on
(i) Cantoni, // bestiamc ed il prato; 1860.
attribue, dans le Lodigian, le succès des cultures que Ton doit à Peau pour les marcites milanaises, et au sol pour les récoltes de Pavie, au mérite pratique du fermier, ou à l'assolement qui, sur 7 années, en consacre 4a la prairie artificielle. L'assolement ordinaire de Lodi comporte en effet : i "année, froment ; 2®, 3*, 4* et 5® années, trèfle; 6® année, lin de mars, suivi de maïs quarantain; et 7' année, maïs.
Nous n'avons pas à revenir sur les prairies de trèfle blanc, ladino^ qui se maintiennent luxuriantes pendant quatre années, à l'aide d'abondantes fumures, et se reproduisent d'elles mêmes. Leur rendement est, en moyenne, de 70 quintaux par hectare ; mais dans les terres les plus fertiles, il atteint iio et 120 quintaux. On fait le plus souvent 4 coupes, et le bétail trouve encore un regain copieux à l'automne.
L'objectif de l'exploitation rurale de cette zone, est d'obtenir le plus d'herbe possible sur une surface donnée, de convertir cette herbe dans le plus grand volume possible de lait, et de fabriquer avec ce lait la quantité maximum de produits vendables. A force de capitaux, de travail, d'eau et d'engrais, la production en herbe du territoire entier n'a pas été égalée ailleurs. Le second point n'a pu être réalisé , pour les marcites, que par l'introduction des vaches de la Suisse; quant au troisième, quoique la fabrication du beurre et du fromage soit susceptible de nombreuses améliorations, le résultat dépasse toute attente.
Ainsi que les marcites, les prairies alternes de la Lombardie , constituent la culture à gros profit, basée sur deux produits d'une importance capitale, le lait et l'engrais.
Comme produit à l'hectare des prairies alternes, en Lombardie, nous comparerons celui d'une culture de
trèfle, pendant trois années, dans le Lodigian et le Pavesan.
Prairie de trèjle [Lodigian) (i).