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EMMAGASINEMENT DES EAUX DE LA CRUE DU NIL

assurer pendant les étiages bas un arrosage suffisant aux cultures de coton de la Basse Egypte ; mettre en valeur dans la Basse Egypte et dans le Fayoum 80 000 hectares environ de terres aujourd'hui stériles faute d'eau, notamment autour des lacs et sur les bords du désert.

La répartition de Teau du réservoir d'Assouan serait donc à peu près la suivante :

Haute Egypte 205000000 mètres cubes.

Moyenne Egypte 460000000 —

Basse Egypte et Fayoum 350000 600 —

Total 4 015 000000 mètres cubes.

à ajouter :

PertesparévaporationetabsorptionSp. 100 50000000 mètres cubes. ToUil 1065 000000 mètres cubes.

chiffre égal à la capacité du réservoir.

L'utilisation des eaux destinées à la Haute et à la Basse Egypte n'exige pas la construction d'ouvrages spéciaux importants, mais il n'en est pas de même pour la Moyenne Egypte. L'irrigation de cette dernière région est desservie par le canal Ibrahimieh qui, après les travaux de transformation des bassins à supprimer, arrosera 425000 hectares, y compris le Fayoum, et alimentera en outre, pendant la crue, 30 000 hectares maintenus à l'état de bassins sur la rive gauche du Bahr-Yousef. On ne pouvait songer à laisser cette importante artère dans Tétat oii elle se trouvait, à la merci des fluctuations du niveau du fleuve. Aussi en même temps qu'on construisait le réservoir d'Assouan, on établissait, en tôte du canal Ibrahimieh, un ouvrage de prise, composé de neuf arches de 5 mètres, avec écluse accolée de 50 mètres de longueur sur 9 mètres de largeur et, en travers du Nil, un grand barrage analogue à celui du Delta, comprenant cent onze ouverlures de 5 mètres, avec une écluse de navigation ayant 80 mètres de longueur et 16 mètres de largeur.

L'exécution de l'ensemble des travaux d'Assouan, du barrage du Nil à Assiout et de l'ouvrage de prise du canal Ibrahimieh coûta 85 millions de francs. En outre, la construction des canaux d'alimentation et de drainage des 190 000 hectares de la Moyenne Egypte, à aménager pour Tirrigation, peut être évaluée, y compris tous les ouvrages accessoires, à 50 millions. C'est donc une somme totale de 135 millions qui se trouve engagée dans cette opération.

Pour compenser les dépenses ainsi faites, le gouvernement égyptien a établi des taxes supplémentaires sur les terres de bassins qui profiteront du supplément d'eau fourni par le réservoir. Ces taxes annuelles sont fixées à 31 francs par hectare, pour les terres qui recevront l'eau au niveau du sol, et à 19 francs par hectare, pour celles sur lesquelles l'eau aura besoin d'être

élevée par des pompes \ Lorsque tous les travaux d'aménagement seront terminés, on peut estimer, d'après les surfaces indiquées plus haut, le produit annuel de ces taxes à plus de 7 millions de francs.

On peut se rendre compte approximativement, par des considérations générales, du bénéfice qui résultera de ces travaux pour le pays lui-même. DanslaMoyenneÉgypte, les terres irriguées valent actuellement, en moyenne, 3 500 francs par hectare, et les terres des bassins 2 000 francs. C'est donc de 1 500 francs par hectare que s'augmentera le prix des terres des bassins converties en terres d'irrigation. Pour 190000 hectares, cette plus-value représente une somme de 285000000 francs, et, en comptant un rendement net de 5 p. 100 (ce qui n'est nullement exagéré en Egypte), une augmentation de revenu annuel de plus de 14000 000 francs, rien que pour la Moyenne Egypte, c'est-à-dire pour une partie seulement des terres qui profileront du barrage d'Assouan.

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