UTILISATION DES EAUX EMMAGASINÉES; DÉPENSES ET BÉNÉFICES
Le principe du fonctionnement du réservoir d^Assouan, en ce qui concerne son remplissage et sa vidange, est le suivant : tous les pertuis, qui sont d'ailleurs établis dans le corps môme du barrage, sont largement ouverts pour Técoulement de la crue, depuis le moment où elle commence à se faire sentir jusqu'au moment où les eaux deviennent plus claires, c'est-à-dire dans le courant de novembre ; on règle alors les vannes de façon à ce que le réservoir se remplisse durant les mois de novembre, décembre, janvier et février, le surplus du débit du Nil, en quantité suffisante pourles besoins de l'agriculture et de lanavigation, continuant à passer en aval du barrage par ceux des pertuis qui restent encore ouverts ; puis, dans les mois suivants, jusque vers le 15 juillet, on restitue au Nil le supplément d'eau indispensable aux cultures, et le réservoir se vide de telle sorte que, lorsque le flot des eaux limoneuses arrive, il trouve le lit du fleuve débarrassé, prêt à le recevoir et ne lui présentant d'autre obstacle que la section rétrécie des pertuis du barrage, calculée pour débiter les crues ordinaires avec une charge de 2 mètres et les plus fortes crues avec une charge de 4,25 m.
Ainsi l'eau emmagasinée est lâchée directement, au moment voulu, dans le Nil, qui la porte jusqu'aux prises des grands canaux d'arrosage.
La quantité d'eau à réserver pour une année et pour toute l'Egypte, supposée cultivée entièrement par irrigation, étant évaluée à 3660 000000 mètres cubes et le réservoir d'Assouan n'en pouvant contenir que 1 065 000000, il a fallu décider comment et sur quelles régions du pays on utiliserait cette eau.
Une partie est destinée à la conversion en cultures d'irrigation de 190 000 hectares de bassins d'inondation situés dans la Moyenne Egypte, entre Assiout et le Caire, sur la rive gauche du Nil ; ce qui représente, dans les mauvaises années, un volume de 410 000 000 mètres cubes à ajouter au débit du fleuve pendant les mois d'avril, mai, juin et juillet.
Des 655 000 000 mètres cubes restants, 205 000 000 mètres cubes doivent être consacrés à permettre la culture sucrière sur 80000 hectares de bassins dans la Haute Egypte, au moyen de pompes à vapeur ; quant au surplus, il sera réservé pour les usages suivants : développer dans le Fayoum les cultures d'été, qui ne couvrent aujourd'hui qu'un cinquième du territoire ;