‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 112 sur 159 · POMPES A VAPEUR · texte numérisé non relu

POMPES A VAPEUR

NORIAS, TYMPANS, roues diverses.

Nombre.

Force en chevaux.

Basse Egypte

Haute et Moyenne Egypte

Fayoum

Totaux

Ce coûteux outillage est rendu nécessaire par les conditions de niveau dans lesquelles est distribuée Teau d'arrosage.

Considérons d'abord les terres hautes, riveraines du Nil, qui s'alimentent dans le lit même du fleuve. En temps de bonne crue, elles peuvent être irriguées à niveau ; mais, pendant la baisse des eaux, il n'en est plus de môme. C'est presque toute Tannée que les machines élévatoires doivent fonctionner pour les terres de cette catégorie.

Prenons, d*autre part, des terres situées dans Tintérieur de la Basse Egypte, arrosées par des canaux qui reçoivent leur eau d'une prise faite dans le Nil, en amont du barrage du Delta.

Dans rétablissement de ces canaux, on a cherché avant tout à régler les sections et les pentes, de telle sorte que Ténorme masse d'eau que demande Tagriculture, au moment de la crue, puisse être répandue sur les terres par gravitation, sans élévation mécanique. Ce premier but atteint, on ne s est pas attaché à le réaliser pour tout le reste de Tannée ; on s'est contenté de prendre les dispositions nécessaires pour que, avec les eaux basses et moyennes, les niveaux relatifs des canaux et du sol rendissent pratiquement possible l'élévation mécanique. Il en est résulté que, presque partout, il faut recourir aux pompes ou à d'autres machines pendant une grande partie de Tannée pour irriguer; les régions un peu éloignées de la pointe du Delta sont naturellement celles qui se trouvent dans les meilleures conditions, au point de vue de la durée et de la hauteur d'élévation, puisque la pente généralement adoptée pour les canaux est moindre que celle de la vallée.

De grandes améliorations ont déjà été apportées à cet état de choses par les relèvements successifs de la retenue du Barrage et par la construction de nombreux ouvrages régulateurs le long des canaux ; mais le pas décisif ne sera fait que lorsque, par Textension du réseau de drainage jusque sur les rives mômes des canaux d'arrosage et jusque sur les terres les plus hautes, on ne craindra plus les infiltrations résultant de plans d'eau maintenus au-dessus du niveau du sol. Le temps amènera certainement ce dernier perfectionnement, lorsqu'on aura pu dépenser les sommes nécessaires à cet effet, et surtout lorsque, par suite de l'augmentation croissante de la valeur vénale des terres et de la diminution progressive du prix des produits agricoles, le fellah réclamera l'abolition de Télévation mécanique de Teau, qui constitue une lourde charge pour lui.

A ce moment-là, on trouvera très probablement plus avantageux, tant au point de vue de l'économie, qu'au point de vue de la conservation de la fertilité des terres, de recevoir par gravitation l'irrigation, et de n'employer les machines élévatoires que pour se débarrasser, le cas échéant, des eaux de drainage, dont le volume est trois fois moindre que celui des eaux d'arrosage.

Dans la Haute Egypte, les conditions de Télévation mécanique des eaux sont tout à fait différentes. La culture par submersion, qui est surtout pratiquée dans cette région, ne peut comporter que la fourniture de Teau par gravitation. Les pompes à vapeur ne sont guère employées que sur les bords du Nil, pour l'arrosage des terres isolées des bassins d'inondation par des digues et cultivées par irrigation. Ces terres forment en général de

vastes domaines et sont alimentées par de puissantes usines. Les machines à vapeur sont aussi employées, dans la Moyenne Egypte, le long du bief supérieur du canal Ibrahimieh ; elles le sont encore pour Tarrosage des cultures permanentes, enclavées dans les bassins d'inondation, surcertains points des bords du Bahr Yousef. Dans la plus grande partie de la région arrosée par l'Ibrahim ieh, Teau est délivrée au niveau du sol.

Quant aux appareils mus par l'homme ou par les animaux, ils sont surtout utilisés, dans la Haute et la Moyenne Egypte, pour les petites élévations d'eau de la région du canal Ibrahimieh, pour l'arrosage des cultures nabari (maïs ou doura) pratiquées sur les berges du Nil pendant la crue, et pour les cultures qédi (maïs ou doura) faites dans les points bas des bassins au moyen des eaux de la nappe souterraine, avant l'époque de la submersion.

Enfin, dans le Fayoum, la situation est encore différente, par suite des pentes plus fortes du terrain ; on n'y compte que fort peu de machines d'arrosage, dont la plus grande partie est mise en mouvement par le courant même des canaux.

Les divers appareils éleva toires employés en Egypte sont mus par l'homme, par les animaux, exceptionnellement, et au Fayoum seulement, par l'eau, enfin par la vapeur.

L'homme manœuvre le nataieh, la vis d'Archimède, le chadouf ; les animaux domestiques font tourner diverses espèces de sakiehs (norias), de tabouts (roues à augets) ou de tympans; l'eau, au Fayoum, actionne des norias ou des tabouts ; enfin la vapeur met en mouvement des pompes de différentes sortes.

Avant de passer à l'étude de ces diverses machines, nous rappellerons que, pour les canaux d'irrigation, on admet un débit continu de 0,605 1. par seconde et par hectare cultivé en coton. En comptant un arrosage tous les vingt jours, en moyenne, ce qui est considéré comme suffisant, le chiffre de 0,603 1. par seconde et par hectare équivaut à un volume d'eau de 1 045 mètres cubes par arrosage donné à un hectare. Comme ce chiffre comprend toutes les pertes par évaporalion et par infiltration, depuis la prise au Nil des canaux jusqu'aux champs, nous pouvons dire que la quantité d'eau à élever, pour donner un arrosage à un hectare de terre planté en coton et situé dans le voisinage, sera de 800 à 900 mètres cubes. Nous prendrons ce volume comme base pour évaluer la puissance agricole des machines élévatoires.

NATALEH (fig. 47).

Cet instrument s'emploie lorsque la hauteur à laquelle Teau doit être élevée est de 0,50 m. à 0,60 m. et ne dépasse pas un mètre, et lorsque

riiTjgalion à niveau est fréquente ; il est facile et peu coûteux h installer et à déplacer. Il se compose d'un seau en cuir de 0,40 m. de diamètre et de 0,25 m. de profondeur, à bord circulaire rigide formé souvent d'une arôte recourbée de feuille de palmier; il est muni de quatre cordes en fibres de palmier. Pour l'employer, on entaille la berge du canal, de façon à faire une petite plate-forme de 1,50 m. environ de largeur, au

Fig. 47. — Nataleh.

niveau de Teau ou un peu au-dessus de ce niveau, jusqu'où Ton pousse la rigole à alimenter, en ayant soin de terminer celle-ci par un bourrelet en terre recouvert d'une natte qui le consolidé ; deux hommes se placent sur la plate-forme ; ils sont ou debout, ou appuyés sur deux petits monticules en limon desséché. Ils tiennent dans chaque main une des quatre cordes du seau en cuir et, leur imprimant un mouvement de balancement, lancent le seau dans le canal, le relèvent en rejetant le haut du corps en arrière, l'approchent de l'extrémité de la rigole et, chacun d'eux faisant avec les bras le mouvement du terrassier qui vide sa brouette sur le côté, déversent Teau dans la rigole.

Un nataleh avec deux équipes de deux hommes, se relayant d'heure en heure, peut arroser en une journée de un sixième à un tiers d'hectare suivant la hauteur d'élévation.

VIS D'ARCHIMÈDE (fig. 48).

Pour les faibles hauteurs, on emploie également la vis d'Archimède. L'appareil est construit en bois ; il est muni d'un axe en fer, reposant à ses deux extrémités sur de petits cadres en bois ou sur de simples pieux fixés dans le sol ; en haut est une manivelle en fer qui est saisie par un ou

Page 1