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CONDITIONS GÉNÉRALES DE L'ENTRETIEN DES DIGUES ET DES CANAUX

Pour une superficie cultivée de 2 380 000 hectares, l'outillage destiné à l'utilisation agricole des eaux du Nil comporte en chiffres ronds :

2 300 kilomètres de digues construites pour limiter le lit majeur du Nil pendant la crue ;

2 900 kilomètres de digues de séparation des bassins d'inondation ;

3 400 kilomètres de canaux d'inondation dans la région des bassins ; 12500 kilomètres de canaux publics d'irrigation recevant Teau toute

l'année ;

3 000 kilomètres de canaux d'irrigation qui ne reçoivent de Teau que pendant la crue.

4 500 kilomètres de canaux de drainage.

Si, dans la Haute Egypte, les digues des bassins et du Nil ne sont pas maintenues en bon état, la culture y est mise en péril et de grandes surfaces de terre sont menacées de stérilité. Dans la Basse Egypte, une rupture des digues du Nil pendant la crue noie les riches récoltes de coton qui sont alors sur pied et amène ainsi des désastres irréparables. Or, le remblai des digues est formé de limon et repose sur le limon de la vallée. Ainsi construites, elles ne peuvent résister à la pression des eaux, aux érosions du courant d'un fleuve dont le lit est essentiellement mobile, aux efforts des vagues soulevées par le vent à la surface des bassins ou du Nil, à toutes ces causes de détérioration qui se reproduisent chaque année, que si elles sont l'objet d'une surveillance attentive et d'un soigneux entretien.

Quant aux canaux, ils sont, sauf de très rares exceptions, creusés dans

un sol limoneux peu résistant ; sous Faction d'un fort courant, les berges s*éboulent sur le plafond, donnant lieu à des sinuosités et à des irrégularités fâcheuses du chenal. D^autre part, comme, pendant la crue, ils reçoivent une eau très chargée de matières, si la vitesse n'est pas alors partout bien uniforme et suffisante pour maintenir en suspension le limon, des envasements se produisent rapidement qui bouchent en partie le canal et diminuent son débit. Dans certains cas encore, les bancs de sable qui se déplacent le long du fleuve envahissent les prises des canaux et créent aux ingénieurs une autre série d'ennuis. Ce n*esl donc qu'avec des précautions et des réparations continuelles qu'on peut assurer le fonctionnement régulier de l'ensemble des canaux qui sont les facteurs indispensables de la vie et de la fertilité dans tout le pays.

Ajoutons à cela que tous les ouvrages d art qui assurent la répartition et l'écoulement des eaux, reposent sur un sol éminemment afFouillable et qu'il faut, chaque année, défendre leurs fondations à grand renfort d enrochements.

Ainsi, par suite des conditions d'établissement et de fonctionnement des canaux et des digues d'Egypte, d'importants travaux annuels d'entretien sont nécessaires pour ainsi dire tout le long de ces ouvrages ; chaque année, il faut vérifier les sections, ramener les canaux à leur profondeur normale et les digues à un profil convenable.

Si l'on n'y pourvoyait avec la plus grande régularité, il ne faudrait pas longtemps pour que la ruine et la stérilité régnent oîi l'on rencontre aujourd'hui abondance de biens et fécondité du sol. C'est, en effet, un caractère spécial de l'irrigation égyptienne que les ouvrages qui la desservent sont rapidement déformés et facilement détruits par l'usage même qu'on en fait, si une main attentive n'arrête pas au fur et à mesure les dégâts qui se produisent. C'est, par contre, une économie annuelle considérable et un grand bienfait pour l'agriculture quand le régime des eaux, réglé d'une façon rationnelle et surveillé continuellement, est établi de façon à diminuer autant que possible les envasements et les érosions.

En 1879, on calculait que le cube des terrassements à exécuter chaque année pour l'entretien des digues et des canaux était de 29 000 000 mètres cubes, dont 16 000000 pour la Haute Egypte et 13 000 000 pour la Basse Egypte, sans compter 1 400 000 mètres cubes de dragages.

Vingt ans après, malgré le développement pris dans l'intervalle par tous les ouvrages d'irrigation et l'augmentation du volume d'eau distribuée régulièrement pour l'arrosage, ce cube n'était plus que de 19 000 000 mètres cubes, dont 11000000 pour la Haute Egypte et 8 000 000 pour la Basse Egypte, sans compter 1 800 000 mètres cubes de dragages.

Grâce aux systèmes de distribution employés, grâce à un entretien soigné

et méthodique, la quantité de travail à exécuter s'est trouvée ainsi diminuée

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d'un tiers. C'est une économie annuelle de près de 4 000 000 de francs, représentant une moyenne de. 1,65 fr, par hectare de terre cultivée.

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