PERIODES
CUBBS ANNUELS moyens.
DÉPENSE ANNUELLE moyenne.
OBSERVATIONS
92^000 fr.
Avant la cOMtrttction des épia.
Période de progression du travail des épis; en 1891, ifs étaient achevés sur
Période d'achèvement de la construction des épis.
Les épis sont terminés.
La diminution est remarquable ; elle n'est peut-être pas entièrement due à Teffet des épis sur la stabilité des berges ; elle peut être aussi causée dans une certaine mesure par un déplacement du chenal profond du fleuve au droit de la prise, d'où il résulte que les eaux entrant dans le canal sont moins chargées de limon qu'autrefois. En tout cas, le fait est fort intéressant à constater, même comme résultat de ces deux causes.
Ray ah de Béhéra^. — Ce canal a sa prise en amont du barrage du Delta, à l'ouest de la branche de Rosette. C'est un exemple d'un canal creusé en grande partie au travers d'un désert de sable.
11 a 41 kilomètres depuis sa prise jusqu'au point où il se jette dans le canal Katatbch. Sur les neuf premiers kilomètres, il coule dans les terres cultivables et ensuite, sur 32 kilomètres, il coupe un désert couvert de sables mouvants.
Sa largeur est de 20 mètres au plafond, les talus ont 2 de base pour 1 de hauteur dans les terrains de culture, et 5 à 6 de base pour 1 de hauteur dans les sables.
Avant la mise en état du barrage du Delta, c'est-à-dire lorsque cet ouvrage ne relevait les eaux du Nil que de 0,30 m. à 0,50 m., le rayah de Béhéra portait 1 mètre à 1,50 m. de profondeur d'eau en étiage; mais, par crainte d'éboulement des berges sableuses, lorsque les eaux de la crue dépassaient un certain niveau, on interrompait l'alimentation en barrant le canal par des digues en pierres ou en terre, à la prise (l'ouvrage de tête ne présentant pas une sécurité suffisante), au kilomètre 9 et au kilomètre 27.
Malgré ces précautions, il fallait chaque année 20000 hommes de corvée, travaillant pendant vingl^cinq à trente jours, pour nettoyer le lit du canal du sable qui provenait de Técroulement des talus ou qui était apporté du désert voisin par le vent. Les déblais, déposés sur les bords de la cuvette, et en partie au-dessous du niveau des plus hautes eaux qui y étaient
* Voir la description de ce canal, page 160 et suivantes.
admises, retombaient chaque année et devaient être relevés chaque année à grand renfort de bras.
De 1885 à 1887, on fit des essais pour obtenir le curage du canal au moyen d'un fort courant provoqué par l'introduction de Teau de la crue à son maximum de hauteur. Comme on aurait dû s'y attendre, le sable des talus, trop lourd pour être emporté bien loin par des eaux déjà chargées de limon, se déposait sur le fond, à quelques mètres du point d'où il était enlevé. L'effet fut désastreux, et le canal se remblaya presque complètement sur une grande partie de sa longueur.
On se décida alors, d'une part, à faire des travaux de consolidation des talus et, d'autre part, à combattre Tenvahissemcnt du canal par le sable du désert.
Pour rétablir d'abord le profil normal du canal, on se servit de dragues qui enlevèrent 315 000 mètres cubes de déblais.
Pour consolider ensuite les talus, on employa la méthode des épis, comme sur le canal Ibrahimieh, et des plantations.
Les épis sont actuellement au nombre de 475, soit 12 en moyenne par kilomètre. Dans les alignements droits, ils sont placés en face l'un de l'autre, à des distances de 200 mètres. Dans les courbes allongées, les épis de la berge concave sont à 100 mètres de distance. Dans les courbes de faible rayon, les épis de la rive coneave sont à 50 mètres de distance et ceux de la rive convexe à 100 ou 200 mètres suivant les cas. De petits épis intermédiaires sont en outre placés dans les endroits où il y a des érosions locales. Ces épis sont construits en pierres sèches ou enbriques de 0,40 m. X 0,20 m. X 0,10 m.
Quant aux plantations, elles sont faites sur les talus, depuis un niveau un peu inférieur au niveau d'étiage jusqu'à une hauteur plus élevée que le niveau de crue. On a dû choisir des espèces poussant bien dans le sable ; celles qui ont le mieux réussi sont le Bouss Hagna (arundo donax) et le Burdi (typha angustata) ; mais ce dernier a l'inconvénient d'envahir le canal.
Pour empêcher les apports de sable du désert, on construisit des écrans en roseaux ou en tiges d'abrisseaux tels que le cotonnier; c'est le système ordinairement en usage pour s'opposer au cheminement des dunes de sable. On lança, en outre, dans le désert qui s'étend à l'ouest du canal, une partie de la décharge des bassins de la province de Ghizeh, de façon à développer, sur ces terres auparavant stériles, une certaine végétation après le retrait des eaux et à colmater le sol.
Les dépenses de protection ainsi faites, non compris les dragages qui ont coûté 4 600 000 francs, ont été les suivantes :
Construction d'épis . ; 592000 francs.
Plantations 59000 —
Écrans pour empêcher les apports de sable du désert . 31 000 —
Inondation dans le désert 286000 —
Construction de digues, d'ouvrages divers 26000 —
Dépense totale 994000 francs.
Ce qui représente environ 24 000 francs par kilomètre de canal. A la suite de ces travaux, le cube annuel à draguer n'atteint pas 100000 mètres cubes, soit une dépense de 100 000 francs, et le canal est utilisé pour porter Teau toute Tannée à la province de Béhéra jusqu'au moment de la crue où la hauteur du Nil, à la prise du canal Katatbeh, est assez forte pour que ce dernier canal suffise à Talimentation de toute la province ; le rayah de Béhéra est alors fermé.
Rayah MenoitfiehK — Ce grand canal, qui part du barrage du Delta, alimente toute la superficie de la Basse Egypte comprise entre les deux branches du Nil. Il a théoriquement 40 mètres de largeur au plafond.
Autrefois, ce canal ne s'envasait pas; mais, depuis 1890, on doit y faire des dragages annuels. Dans les cinq années 1896 à 1900, la moyenne du cube dragué sur les 28 kilomètres de ce canal a été de 250 000 mètres par an.
Les causes de cet envasement sont de plusieurs sortes.
En premier lieu, l'augmentation de débit et de vitesse résultant de Textension des irrigations, a amené l'érosion des talus et leur éboulement et, par suite, de très fortes irrégularités dans la section transversale du canal.
En second lieu, des travaux de rectification du Nil ont été entrepris juste en amont du barrage du Delta, c'est-à-dire à peu de distance de la prise du rayah Menoufieh. Le procédé employé pour obtenir cette rectification consiste à faire creuser au fleuve lui-même son nouveau lit en déplaçant le courant au moyen d'épis. Comme résultat, les eaux sont chargées du limon arraché à la rive attaquée et une partie de ce limon va se déposer dans les premiers kilomètres du rayah Menoufieh.
En troisième lieu, au moment de la crue, la nécessité de fournir l'eau à niveau aux terres voisines de la pointe du Delta, qui sont très élevées, oblige à fermer en partie les deux ouvrages régulateurs de Nanaïeh (km. 11) et de Karineïn (km. 28) ; on relève ainsi le niveau des eaux limoneuses dans le canal ; mais, en même temps, on diminue la vitesse d'écoulement ; d'où, formation de dépôts.
Ici encore on a remédié aux érosions des berges par des épis et par des plantations. Mais on avait d'abord fait les épis trop bas; entièrement submergés au moment de la crue, ils produisaient en aval une chute dont l'effet était de ramener sur le plafond le produit des dragages de l'année
* Voir la description de ce canal, pages 152 et suivantes.
précédente, déposé sur les talus dans le but d'en rectifier le profil. On surhaussa ces épis et on obtint ainsi de bons résultats pour la fixation des berges.
Enfin, pour diminuer les envasements résultant de la réduction de vitesse des eaux au moment de la crue, on exécute actuellement un projet qui consiste à reporter jusqu'au Nil, en amont du Barrage, la prise de tous les canaux nili qui desservent la pointe du Delta sur une distance de 25 kilomètres, tant à droite qu'à gauche du rayah Menoufieh, et qui sont alimentés actuellement par ce dernier canal. De cette façon, on n aura plus à manœuvrer les ouvrages régulateurs pour relever dans le rayah les eaux de la crue qui fileront, sans réduction de vitesse, vers des terrains moins élevés (voir pi. VIII fig. 11).
Rayah Tewfikieh\ — Jusqu'à présent, ce canal, achevé en 1888, n a pas eu besoin de dragages ; cependant les berges se sont rongées peu à peu par suite de l'excès de vitesse et de débit que les nécessités des irrigations ont imposé, et on commence à sentir le besoin d'y construire des épis pour consolider les talus et rétablir la section normale dans les points attaqués.