‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 132 sur 159 · PL. IX · texte numérisé non relu

PL. IX

I Dispositif pour couler le ciment

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Cli.Béraii^er, Editeur à

Ed. OberlirL,Gr.

tical qu'on laissait vide, et, quand les blocs étaient secs et que les corrois d'argile étaient en place, on remplissait ce trou de ciment qui se répandait dans les petites fentes existant à la jonction des deux blocs.

Le même procède de ciment coulé sous Teau fut employé pour le radier des écluses, qui a 100 mètres de longueur sur 17 mètres de largeur. Après la construction des bajoyers, on établit des encoffrements aux deux têtes de l'écluse (pi. IX, fig. 4 et 5). Puis on fixa à un plancher, placé au-dessus du niveau de Teau, des tubes en fer verticaux descendant jusqu'au fond de la fouille draguée, disposés comme pour les murs de chute et distants de 3,80 m. d'axe en axe. On jeta, tout autour, des moellons mélangés de 20 p. 100 de pierres cassées et de 15 p. 100 de cailloux, de façon à former sur tout le radier une couche uniforme de 2 mètres, et on coula sans discontinuer, jour et nuit, le ciment, par les tubes, d'un bout a l'autre du radier, puis dans les encoffrements de tête destinés à former ensuite bâtardeaux. En moins de quatre jours, le ciment fut coulé dans l'écluse de Damietle ; un mois après on épuisait et on trouvait un radier parfaitement imperméable qu'on achevait de construire à sec. Sur la branchede Rosette, par suite du dérangement causé par de fortes pluies, le coulage du ciment commencé le 24 février ne fut terminé que le 3 mars ; le 4 mars on épuisait et le radier était parfaitement étanche.

En même temps qu'on faisait ces travaux, on augmentait de 1,50 m. la hauteur de toutes les portes supérieures de l'ancien barrage, de façon à ce que, mises en place, elles pussent affleurer à l'altitude 15,50 m., cote de la retenue à obtenir.

Le système de construction avec du ciment coulé ne fut adopté qu'après des essais préliminaires, qui furent jugés satisfaisants. En 1898, du 15 mai au 31 juillet, on fit 80 mètres de longueur de mur sur la branche de Damiette à titre d'expérience en grand ; mais le travail ne fut entrepris activement qu'en 1899. En deux saisons, allant de novembre à juillet, les deux barrages furent entièrement terminés, il ne resta plus pour 1901 que quelques petits travaux de parachèvement. Grâce à la méthode employée pour les fondations sous FeaUjOnput ainsi, sans éprouver aucune espèce de difficulté, exécuter avec une grande rapidité ces deux ouvrages comportant:

400 000 mètres cubes de dragages ;

267 000 mètres cubes de terrassements ;

74 000 mètres cubes de maçonnerie de toute nature, dont 43 500 mètres cubes avec ciment coulé ;

200 000 mètres cubes d'enrochements ;

55 000 mètres cubes de corroi d'argile.

La dépense totale, y compris le surhaussement des portes de Tancien barrage, a été de 11 285 000 francs.

Le prix de revient du mètre cube de maçonnerie de ciment sous Teau a été de 62,30 fr. le mètre cube, avec du ciment coûtant en moyenne 14,30 fr. le baril de 360 livres anglaises *.

Le Barrage ainsi transformé fonctionne maintenant dans de bonnes conditions. On a constaté que l'obstacle créé par les nouveaux murs de chute ne relève qu'insensiblement le niveau des crues; d'ailleurs Tobstruction qu'ils produisent dans le lit du fleuve n'est pas plus forte que celle qui résulte de la présence des piles mêmes de lancien barrage.

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