PRESSION
OBSERVATIONS
des perluis.
des seuils.
maxima totale.
mètres.
mètres.
tonnes.
Ces portos sont celles qui n'ont pas de rouleaux Stouey.
Chaque porte est suspendue par deux câbles d'acier, enroulés sur des poulies à cinq gorges, manœuvres par deux hommes au moyen d'un treuil placé sur le couronnement de Touvrage, de telle sorte que le levage se fasse à raison de 0,05 m. par minute.
Des écrans métalliques, qui peuvent se dérouler devant la tête des pertuis et les masquer, permettent, en cas de besoin, les visites et les réparations de Touvrage en tout temps.
Les portes des écluses de navigation sont en acier, à un seul vantail ; quand Técluse est ouverte, ce vantail est logé dans une chambre latérale perpendiculaire à la direction de Técluse (fig. 77). Un pont-levis, audessus de recluse, prolongé par un pont fixe au-dessus delà chambre latérale, porte deux files de rails. Sur ces rails roule un chariot muni d'un grand nombre de roues. Au chariot est suspendue la porte de Técluse. Lorsque recluse est ouverte, le pont-levis est relevé verticalement et la porte est suspendue au chariot dans la chambre latérale. Quand on veut fermer recluse, le pont-levis est mis en place et le chariot portant le vantail est tiré au-dessus de Técluse ; le vantail est alors abaissé et s'appuie contre les chardonnets garnis d'acier et contre le seuil, en acier également. Des vannes sont disposées dans le bordage des portes pour le remplissage et la vidange du sas. Les manœuvres sont faites au moyen deTeau sous pression.
D'après le contrat d'entreprise, les travaux de construction du barrage devaient être terminés en cinq ans comptés à partir du 1" juillet 1898.
te
Grâce à Tactivité des entrepreneurs et à des étiages exceptionnellement favorables, tout fut achevé en quatre campagnes.
Conformément aux clauses formelles du cahier des charges, toutes les parties de Touvragc furent construites à sec, dans de grandes enceintes formées au moyen de puissantes digues jetées en travers du fleuVe. L exécution
de ces digues rencontra d'assez grandes difiicultés, en raison de la force du courant dans les bras qu'il s'agissait de barrer et qui présentent une dénivellation de 3 mètres sur 200 mètres.
L'année 1898 fut principalement consacrée à amener du matériel, à établir les voies ferrées, les bureaux, les ateliers et à commencer l'excavation sur la rive droite en dehors du lit du fleuve.
Dans la campagne suivante, de novembre 1898 à juillet 1899, pendant qu'on continuait les travaux sur ce point et qu'on y exécutait les maçonneries, on commença à barrer le Grand chenal, El Haroun et le Petit chenal. Il fallait d'abord arrêter le courant et diminuer le débit de ces trois bras. Pour cela, on construisit une jetée en pierres en aval de l'ouvrage, et assez loin pour qu'on pût intercaler une digue en terre entre les enrochements et la fondation du barrage.
Cette jetée fut montée jusqu'à la cote 93 mètres, soit 3 mètres au-dessous du niveau moyen des crues ; elle fut formée de blocs de 1 à 4 tonnes entremêlés de pierres plus petites pour remplir les interstices. Une grue, pour les blocs, et des wagons, pour les moellons, étaient amenés par une voie ferrée à l'extrémité de la jetée en construction qu'on exécutait ainsi à l'avancement.
Les jetées barrant les trois bras formaient une ligne continue de 200 mètres de longueur sur laquelle pouvaient circuler les trains de matériaux.
La jetée du Grand chenal donna une différence de niveau de 2 mètres entre l'amont et l'aval, à son achèvement; le courant était si fort que des pierres de 2 tonnes, étaient enlevées ; cette construction avait 60 mètres de longueur, une hauteur maxima de 19 mètres, une largeur de 9 mètres en couronne et des talus à 45*" en aval et à 0,75 pour 1 en amont.
La jetée d'El Haroun ne présenta pas de difficultés, le courant n'étant pas très fort sur ce bras.
Quand on en arriva au Petit chenal, qui a 35 mètres de largeur, avec 8,50 m. de profondeur, le courant, reporté de ce côté par suite de la fermeture des deux autres bras, devint tellement violent que les blocs de 3 ou 4 tonnes n'y résistaient pas. On dut, pour avancer, lancer dans le courant deux wagons dans lesquels on avait solidement amarré, au moyen d'un réseau de barres en fer, un chargement de blocs de 2 à 3 tonnes ; chacun de ces wagons pesait 35 tonnes.
La crue passa sur ces jetées ; en novembre, on les répara et on commença la construction des digues étanches en amont du barrage. Ges digues furent constituées avec des sacs remplis de sable granitique, de seize au mètre cube, avec les dimensions suivantes : couronnement à la cote 93,50 m. ; largeur au sommet, 5 mètres; talus aval à 45** ; talus amont à 1,5 pour 1 porté
Baaois. — Les irrigftUons en Egypte. 21
ensuite à 2 pour 1 par les sables et débris jetés sur le parement pour assurer i*étanchéité ; hauteur maxima, 17 mètres. Elles purent supporter des charges de 10 mètres d*eau. Aussitôt ces digues achevées, le niveau, en aval des jetées d'enrochements, tomba à la cote 86 mètres et on n'eut que très peu de chose à faire pour les élancher avec de petits épaulements en sacs de sable.
Ces travaux préliminaires terminés, dans les premiers jours de janvier 1900, on épuisa, sans difficultés d'ailleurs. En même temps, profilant de la baisse exceptionnellement rapide du Nil, on barra également le chenal Central par les procédés déjà décrits, rejetant ainsi toutes les eaux du fleuve dans le chenal de TOuest et on poussa aussi activement que possible les travaux. Le roc solide, sans fissures, fut trouvé d'une façon générale plus bas qu'on ne s'y attendait; dans le Petit chenal, on dut descendre jusqu'à la cote 70,30 m.
A la fin de la campagne, Tcau coulait, dans les quatre bras qu'on avait entrepris, sur les fondations, au travers des pertuis déjà terminés sur une certaine hauteur.
Pendant la campagne 1901, on travailla sur le chenal de l'Ouest, comme on l'avait fait l'année précédente sur les quatre autres bras, et, en 1902, il ne restait plus à faire que les maçonneries supérieures, la pose des portes et des appareils de fermeture. Le creusement du canal de navigation de la rive gauche, et la construction des écluses marchaient parallèlement aux autres travaux et, en décembre 1902, on pouvait inaugurer le barrage dont l'achèvement avait demandé seulement quatre ans d'efforts, au lieu des cinq années primitivement prévues.
Onreconnut,encoursd'exécution, qu'il faudrait construire une cinquième écluse, pour éviter certains rapides, en aval de l'entrée du canal navigable ; ces travaux ont été commencés en 1903.
Pendant la période la plus active, c'est-à-dire dans la campagne de 1900, il y avait sur les chantiers une moyenne de S 350 ouvriers dont 756 européens ; ces derniers étaient surtout des tailleurs de pierres et des mineurs italiens ; il y eut au maximum 8 530 ouvriers par jour, dans le mois de juin, dont 900 européens.
La dépense totale a été de 63 000 000 de francs environ, ce qui représente 61 francs pour 100 mètres cubes de capacité du réservoir. On a eu à exécuter 700 000 mètres cubes de déblais et 540 000 mètres cubes de maçonnerie.
Construit avec de beaux matériaux d'une chaude couleur rosée, grandiose par sa masse, encadré de rochers sombres aux contours tourmentés qui, d'un côté, plongent dans une vaste étendue d'eau tranquille et, de l'autre, dans des flots bouillonnants argentés d'écume, éclairé par une
lumière intense qui marque vigoureusement les saillies de la corniche et des contreforts et les rugosités des parements, cet ouvrage, malgré les
lignes un peu sèches du couronnement, présente une belle apparence de la calme solidité qui convient à la barrière élevée pour entraver dans sa course un grand fleuve (lig. 78).
Mais si, en le contemplant, on est amené naturellement à penser aux bienfaits qu'il apporte à Tagriculture d'Egypte, on ne peut s'empôcher de songer aux dangers qu'il fait courir à l'un des joyaux de l'ancienne
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terre des Pharaons, 111e de Philœ. Noyés en partie par Teau du réservoir pendant plusieurs mois de Tannée, les monuments qui embellissent ce lieu célèbre se trouvent aujourd'hui dans des conditions toutes nouvelles, qui affectent leur stabilité et leur conservation. Des travaux importants de consolidation ont été faits, toutes les mesures ont été prises pour défendre, autant qu'il est humainement possible, ces vieux temples contre l'action des eaux : le temps montrera si ces précautions auront été efficaces et dans quelle mesure. Quoi qu'il en soit, c'est toujours avec une certaine mélancolie qu'on constate une fois de plus que, ici comme ailleurs, le progrès, dans sa marche irrésistible en avant, emporte souvent avec lui quelque intéressante relique des temps passés, et qu'on se rappelle la parole toujours vraie du poète : Ceci tuera cela.