ATTRIBUTIONS DES MOUDIRS ET DES INSPECTEURS D'IRRIGATION
Les rapports des moudirs avec les inspecteurs d'irrigation sont fixés par un règlement de décembre 1885, dont l'esprit peut être indiqué, d'une manière générale, en disant que les inspecteurs d'irrigation et leurs ingénieurs sont les agents d*exécution de toutes les mesures concernant les irrigations, et que les moudirs ont à leur présenter et à discuter avec eux les besoins, les demandes et les plaintes du public.
Ainsi il appartient au moudir de veiller à ce qu'une juste distribution des eaux soit faite dans les divers districts; il doit faire connaître aux inspecteurs d'irrigation les localités auxquelles, à tel ou tel moment, il est nécessaire de donner plus d'eau, en tenant compte des plaintes justifiées qui lui seraient adressées par les chefs des villages ; avec le conseil provincial, il indique, au commencement de chaque année, les divers travaux à exécuter pour les curages ; il ne peut agir par lui-même que dans les cas de danger pressant, de rupture d'une digue ou d'un ouvrage, et lorsqu'il n'y a pas sur les lieux d*agent technique ; il doit choisir d'un commun accord avec l'inspecteur ou son adjoint les entrepreneurs pour les curages et les petits travaux.
De son côté, le devoir de l'inspecteur d'irrigation est de donner suite, dans la mesure du possible, aux observations du moudir relatives à la distribution des eaux, mais c'est lui seul qui a le contrôle technique de cette distribution ainsi que de la manœuvre des ouvrages régulateurs ; il doit répondre aux demandes du moudir et donner tous les renseignements que ce fonctionnaire désire, en particulier pour les affaires à soumettre au conseil provincial; il doit communiquer au moudir et publier la réglementation des canaux ; il doit se concerter avec le moudir pour les changements projetés
dans l'irrigation et le drainage de la région ; lorsqu'il a l'intention de fermer un canal pour plus de quatorze jours, il doit en informer le moudir, afin que celui-ci ait le temps de lui présenter ses observations s'il y a lieu.
Toutes les fois qu'il y a désaccord sur les points ci-dessus entre le moudir et l'inspecteur d'irrigation, ces deux fonctionnaires en réfèrent à leurs ministères respectifs qui tranchent le différend.