DU MOIS
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Août . l 18
Février.
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Pour la durée comprise entre Tannée 1869, date depuis laquelle sont conservées les observations dunilomètre d'Assouan, jusqu'en 1901, le plus bas étiage connu s'est produit les 15 et 16 mai 1900, avec la cote 0,10 m. au-dessous du zéro de Téchelle ( — p. 4 k.) ; et les plus hautes eaux connues ont été enregistrées le l*"" octobre 1878 avec la cote 9,99 m. (18 p. 12 k.). C'est une différence de hauteur de 10,09 m. entre les niveaux extrêmes du Nil à Assouan.
11 y a d'ailleurs, d'une année à l'autre, des variations très sensibles entre
les niveaux soit des basses eaux, soit des crues. Entre i*étiage de 1900 et celui de 1879, le plus haut connu, la différence est de 2,81 m. ; il est vrai que Tétiage de 1879 a été tout à fait exceptionnel puisqu'il ne s'est produit qu'une fois en trente ans (1871 à 1900) et que l'étiage qui s'en rapproche le plus, celui de 1880^ lui a été encore inférieur de 1,06 m. Pour les hautes eaux, entre la cote maxima de 1877, la plus basse connue, et celle de 1878, la différence est de 2,74 m. L'étiage oscille ainsi entre 0,92 au-dessous et 1,89 m. au-dessus de l'étiage moyen; la crue, entre 0,94 m. au-dessus et 1,80 m. au-dessous de la crue moyenne.
La figure 3 représente la courbe moyenne des 17 années 1871 à 1887, ainsi que les courbes des deux ^^^ , . ■ . . . . ^^
années de plus forte crue, 1874-75 et 1 878-79 et des deux années de plus faible crue 1877-78 et 1899-1900.
En général un éliage faible succède à une crue faible ; ainsi, pour les trente années 1871 à 1900, toute crue qui ne s'est pas élevée à plus de 0,05 m. au-dessous de la moyenne a été suivie d'un étiage au plus égal à la moyenne. Mais il n'arrive pas toujours qu'un étiage fort succède à une crue forte ;
ainsi les étiages qui ont suivi les deux fortes crues de 1874 et de 1884 ont été au-dessous de la moyenne ; toutefois Tétiage le plus élevé, celui de 1879, a suivi la plus forte crue, celle de 1878.
Dans l'intervalle compris entre 1871 et 1900, il y a eu :
6 années pendant lesquelles l'étiage n'a pas différé de l'étiage moyen de plus de 0,05 m. en plus ou en moins,
10 années pendant lesquelles l'étiage a été supérieur à la moyenne de plus de 0,05 m.,
14 années pendant lesquelles il a été inférieur à la moyenne de plus de 0,05 m.
Pendant la même période il y a eu :
2 années pendant lesquelles la hauteur de la crue n'a pas diCTéré de la crue moyenne de plus de 0,03 m. en plus ou en moins,
13 années pendant lesquelles elle a été inférieure à la moyenne de plus de 0,05 m.,
Flg. 3. — Courbes des hauteurs du Nil à Téchelle d'Assouan.
28 Li:S IRRIGATIONS EN EGYPTE
15 années pendant lesquelles elle a été supérieure à la moyenne de plus de 0,05 m.
D'une manière générale, si Ton considère seulement la hauteur d'une crue sans tenir compte de son degré d'avance ou de retard ni de la durée pendant laquelle elle se maintient à un niveau élevé, on peut classer les crues de la façon suivante par rapport au bénéfice qu'en retire l'agriculture égyptienne :
Une crue qui ne dépasse pas la cote de 8,10 m. (15 p.) à l'échelle d'Assouan est mauvaise ; entre 8,10 m. (15 p.) et 8,65 (16 p.) elle est médiocre ; entre 8,65 (16 p.) et 9,20 m. (17 p.) elle est bonne; au-dessus de 9,70 m. (18 p.) elle est trop forte et dangereuse. ^
Dans cet ordre d'idées, on relève, dans la période 1871-1900 : 3 crues mauvaises.
3 — médiocres.
10 — bonnes.
11 — fortes.
3 — dangereuses.
L'intérêt de cette classification a beaucoup diminué dans ces dernières années par suite des perfectionnements apportés aux ouvrages d'irrigation ; elle n'en est cependant pas moins utile à connaître et elle sert encore de base aux ingénieurs dans l'application des mesures à prendre soit pour assurer une meilleure répartition des eaux pendant les crues faibles, soit pour éviter la rupture de digues dans les bassins d'inondation ou le long du Nil pendant les crues fortes.
Avant de quitter ce sujet, il convient de signaler un phénomène qui se produit rarement, mais qui a été cependant plusieurs fois constaté. 11 a été dit plus haut que le Nil ne présente pas de crues accidentelles en dehors de sa crue normale annuelle. Une exception à cette règle générale a cependant été relevée en novembre i896. Le Nil resta stationnaire du 17 au 21, le 22 il commença à s'élever et il monta de 0,72 m. en sept jours au lieu de baisser de 0,50 comme dans une année normale. Il diminua ensuite régulièrement.
Plusieurs cas analogues sont relatés dans les chroniques arabes *. Ainsi le 10 mai 1809, le Nil monta de 0,81 pour redescendre ensuite. En mai 1812 il s'éleva d'une coudée (0,oi m.) en une nuit et continua à croître pendant vingt jours pour s'abaisser ensuite. Môme phénomène anormal en 1434.
Ce sont là du reste des cas très exceptionnels dont il y a à peine lieu de se préoccuper dans la pratique.
* Rapport d'irrigation de 1896 du major Brown, Inspecteur général des irrigations. — Chroniques du Cheikh Abdel Rahman Djcbani.
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