‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 22 sur 159 · ANNÉE MOYENNE DES ANNÉES 1871 A · texte numérisé non relu

ANNÉE MOYENNE DES ANNÉES 1871 A

7 (suite).

MOIS

HAUTEURS MOYENNES

DÉBIT MOYEN

en m» par seconde.

DÉBIT MOYEN

par jour

en millions de m*.

DÉBIT TOTAL

du mois

en raillions de m«.

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Moyennes et totaux

Moyennes et totaux pour les 3 mois, août, septembre et octobre. . . .

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est de 10 300 mètres cubes par seconde. Le débit total de l'année est de 94 000 millions de mètres cubes; sur ce volume 60000 millions de mètres cubes, c'est-à-dire près des deux tiers du débit total annuel, s'écoulent pendant les trois mois d'août, septembre et octobre.

L'année 1877-78 qui est l'année de la plus faible crue en hauteur a

donné un débit total de 67 500 millions de mètres cubes avec 41 400 millions pour les trois mois d'août, septembre et octobre. Mais Tannée du plus faible débit est celle de 1899-1900, qui cependant a eu une crue un peu plus haute à Assouan que celle de 1877 ; le débit total de l'année a été de 53 600 millions de mètres cubes avec 37 500 millions pour les trois mois d'août, septembre et octobre. Au moment du maximum de la crue, le Nil donnait 6 450 mètres cubes par seconde, le 20 août 1877, et 6940 mètres cubes par seconde le 4 septembre 1899.

L'année 1878-79, qui a eu la plus grande hauteurde crue, aeu un débit total de 126 600 millions de mètres cubes avec 75 300 millions pour les trois mois d'août, septembre et octobre; mais le débit le plus fort pour ces trois mois s'est produit en 1874, année où il s'est élevé à 76 500 millions de mètres cubes pour un débit total annuel de 114 000 millions de mètres cubes. Le plus fort débit connu est celui dul*' octobre 1878, jour où le Nil écoulait 13 500 mètres cubes par seconde; celui qui s'en rapproche le plus est de 12700 mètres cubes par seconde, le 6 septembre 1874.

D'autre part, le plus faible débit d'étiage connu a eu lieu les 15 et 16 mai 1900. Ces jours-là, d'après les formules de M. Willcocks, il ne passait à Assouan que 170 mètres cubes par seconde. Mais soit que, pour des cotes aussi basses, ces formules donnent de trop faibles débits ou que les indications du nilomètre d'Assouan ne soient plus aussi exactes à cause des dénivellations qui se produisent entre les bancs de sable, ce volume de 170 mètres cubes est évidemment trop faible puisque la même année le plus faible débit du Nil au barrage du Delta, mesuré avec précision, a été de 220 mètres cubes par seconde. Dans l'année 1879, qui est celle du plus fort étiage, le débit du Nil n'est pas descendu au-dessous de 1310 mètres cubes par seconde.

Fig. 5. .

Courbes des débits cumulés du N il à Assouan.

On voit par ces quelques chiffres entre quelles limites peut osciller d'une année àTautre la quantité d'eau apportée par le Nil en Egypte. Le débit des trois mois de crue peut varier du simple au double, le débit du maximum de la crue et le débit d'étiage dans la proportion de 1 à 6. Aussi, malgré la régularité proverbiale du régime du Nil, c'est un redoutable problème pour les ingénieurs, dans un pays qui ne vit que par les eaux du fleuve et dont les besoins sont loin d'être disproportionnés à de certains moments avec le volume de ces eaux, que d'en régler la distribution sur tout le territoire et d'assurer, par des mesures tantôt prudentes, tantôt énergiques, la bonne venue des récoltes.

Les débits du Nil se modifient naturellement, au fur et à mesure qu'on s'éloigne d'Âssouan, en raison de l'alimentation des canaux d'irrigation, du remplissage et de la vidange des bassins d'inondation, de l'évaporation et des infiltrations.

Ainsi le débit minimum moyen, qui est de 410 mètres cubes par seconde à Assouan, tombe, au Caire, à 380 mètres cubes et ce minimum s'y produit en moyenne le 15 juin. Le débit maximum y a lieu en moyenne le l** octobre et est égal à 7 600 mètres cubes par seconde*.

C'est vers le 15 août qu'on ouvre les canaux de remplissage des bassins d'inondation qui bordent le Nil entre Assouan et le Caire. Comme ces canaux prennent ensemble 2000 mètres cubes par seconde dans une crue ordinaire et 3 600 mètres cubes dans une forte crue, et qu'en même temps les canaux d'irrigation, l'évaporation et les infiltrations agissent aussi pour réduire le débit du Nil, il arrive qu'il passe au Caire, du 15 août au 1*' octobre, en moyenne, 2 400 mètres cubes par seconde de moins qu'à Assouan. Mais, d'autre part, comme les canaux d'alimentation des bassins d'inondation sont fermés au mois d'octobre et qu'on commence à cette époque à ouvrir les canaux de décharge de ces bassins, le Nil débite au Caire, pendant le mois d'octobre, 900 mètres cubes par seconde et pendant le mois de novembre 500 mètres cubes par seconde de plus qu'à Assouan.

Le débit maximum de la crue au Caire varie entre 12000 et 4 800 mètres cubes, le débit minimum d'étiage entre 1 300 et 220 mètres cubes par seconde.

Au nord du Caire se trouvent les prises des canaux d'irrigation du Delta; ils débitent, en temps de crue, 1200 mètres cubes par seconde. La portée maxima d'une crue moyenne au Caire étant de 7 600 mètres cubes, c'est donc 6400 mètres cubes par seconde qui vont se perdre dans la mer par les branches de Rosette et de Damiette ; la première prend 4 100 mètres cubes et la seconde 2 300 mètres cubes. Durant des crues extraordinaires,

* Les chiffres relatifs au débit du Nil au Caire sont extraits du rapport de M. Willcocks sur rirrigation pérenne (1894).

la branche de Damielte a débité 4 300 mètres cubes par seconde et la branche de Rosette jusqu'à 7 000.

D'après tous ces chiflFres, on peut constater que le débit du Nil est relativement faible en Egypte par rapport à Timmense étendue de son bassin de réception. Si on le compare à un fleuve des régions tempérées, au Rhône^ par exemple, on trouve que ce dernier cours d'eau, à Beaucaire, débite en étiage 400 mètres cubes par seconde, chiffre à peu près égal au débit d'un étiage moyen du Nil et que, pendant les hautes eaux, il débite 13 900 mètres cubes par seconde, chiffre un peu supérieur à celui des plus fortes crues du Nil.

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