‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 26 sur 159 · TOPOGRAPHIE · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE

La cataracte d'Assouan (km. 975) est formée par un vaste affleurement de syénite et de quartz diorite au travers duquel le Nil s'est creusé son lil. Au sortir de ce chaos rocheux la vallée est très étroite, présentant de distance en distance quelques lambeaux de terres cultivables séparées par des collines de grès ou des terrains désertiques élevés qui enserrent le fleuve et qui s'étendent jusqu'à 70 kilomètres d'Assouan, à Gebel Silsileh (km. 905). Là, le Nil passe entre deux collines de grès, puis la vallée limoneuse s'élargit peu à peu, bordée de chaque côté par des plateaux calcaires, contreforts de la chaîne lybique et de la chaîne arabique, qui se prolongent jusqu'au Caire et s'épanouissent ensuite pour former les limites occidentale et orientale du Delta.

Les rebords de ces deux plateaux prennent l'aspect tantôt de falaises abruptes, tantôt de rangées de collines; leurs crêtes ne s'élèvent guère à plus de 200 à 300 mètres au-dessus du niveau de la vallée et, le plus souvent, ne dépassent pas 50 à 100 mètres de hauteur. Il n'y a qu'un seul endroit où ces plateaux calcaires traversent la vallée de part en part; c'est à Gebelein, point situé à 185 kilomètres au nord d'Assouan (km. 790); là se trouvait autrefois, selon toutes probabilités, une cataracte, mais ce qu'il en reste ne présente plus aucun obstacle au cours des eaux.

Ce n'est guère qu'à une centaine de kilomètres au nord d'Assouan que commence réellement l'Egypte cultivable et régulièrement arrosée, un peu au sud d'Edfou. Jusqu'à ce point, il n'y a encore, sur les bords du Nil, que des terrains d'alluvion de peu d'importance *, séparés en parcelles peu éten-

* Il faut en excepter la grande plaine de Kom Ombo, tout près du Gebel Silsileh, qui n'a pu être cultivée jusqu'à présent à cause de son niveau élevé au-dessus du fond de la vallée, mais où une société particulière entreprend en ce moment des travaux pour y efifectuer de l'irrigation au moyen de pompes à vapeur sur 15 000 hectares environ.

dues par des régions incultes. Sur les 250 kilomètres suivants, c'est-à-dire jusque vers Farchout (km. 624), la vallée du Nil a une largeur moyenne de 5 kilomètres et demi ; assez variable d'ailleurs d'un point à un autre, cette largeur est de 6 kilomètres à Erment (km. 774), 8 kilomètres à Louxor (km. 755), 12 kilomètres à Kous (km. 723), 4 kilomètres à Keneh (km. 695). Dans cette partie de l'Egypte, le fleuve va heurter, dans ses détours, tantôt le plateau arabique, tantôt le plateau lybique, et laisse dansTensemble, sur une surface cultivable d un peu moins de 100 000 hectares, à peu près autant de terrains sur sa rive droite que sur sa rive gauche. Les points où le Nil côtoie le plateau lybique sont au nombre de trois : Gebelein (km. 790), Gournah, en face de Louxor (km. 755), Denderah, en face de Keneh (km. 695). Sur sa rive droite, le Nil s'éloigne d'abord fort peu du plateau arabique jusque vers Gebelein et longe ensuite ce même plateau en face d'Erment (km. 774), à Kouzam (km. 638), à Gebel Tarif (km. 622).

Depuis Farchout jusqu'à Âssiout (km. 423), c'est-à-dire sur 200 kilomètres de longueur de fleuve, la vallée est devenue plus large, elle a 16 kilomètres à Abou Chouchah (km. 586), 12 kilomètres à Guirgueh (km. 571), 14 kilomètres à Sohag (km. 528), et s'élargit à 16 kilomètres entre Sohag et Assiout ; en ce dernier point elle n'a plus que 10 kilomètres. Sa largeur moyenne, dans ce parcours, est de 13, 500 km. et, après la grande boucle qu'elle décrit vers l'est entre Gebelein et Farchout et dont le point culminant est Keneh, elle se développe presque en ligne droite vers le nord-ouest.

Dans cette partie de son cours, le Nil s'est définitivement éloigné du plateau lybique et se tient toujours beaucoup plus rapproché du bord oriental de la vallée qu'il côtoie sur d'assez grandes distances, notamment à Gebel Toukh (km. 560), à Gebel Haridi (km. 495), à Gebel Matmar (km. 440). Ainsi sur la surface totale d'environ 186000 hectares de terres cultivables comprises dans cette région, il n'y a que 33 000 hectares sur la rive droite.

D'Assiout au Caire, sur 400 kilomètres de longueur de fleuve, la vallée se dirige d'une façon générale vers le nord. Jusque vers Wasta (km. 116), sa largeur varie de 10 à 20 kilomètres, elle est en moyenne de 15 kilomètres ; mais, au nord de Wasta, elle diminue et n'a plus en moyenne que 7 kilomètres *.

Entre Assiout et Wasta, le Nil s'est tellement reporté vers les coteaux de la rive droite que, à part une étendue cultivable de 16000 hectares située

* D'après le D' Sickenberger, cette diminution de section provient de ce que la moitié des eaux du fleuve s'était ouvert une route à l'ouest, par le Fayouin, dans les mers anciennes qui couvraient le désert occidental.

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juste au nord d'Âssiout, il n'y a, sur cette rive, que quelques enclaves très peu importantes de cultures resserrées entre le fleuve et le désert ; toute la partie fertile de la vallée est sur la rive gauche. Au nord de Wasta, la proportion des terres cultivées sur la rive droite est à peu près le. quart de la superficie totale cultivable.

Le Caire est à 950 kilomètres d'Assiout en suivant les détours du Nil et à 860 kilomètres en considérant Taxe de la vallée ; et la pointe du Delta, c'est-à-dire l'endroit où se séparent les branches de Rosette et de Damiette, est à 25 kilomètres au nord du Caire.

Le Delta, compté à partir du Caire, forme un grand triangle de 175 kilomètres de hauteur, ayant le long de la mer une base légèrement convexe de 270 kilomètres de contour entre Alexandrie à Toucst et Port-Saïd à Test. Les deux branches du Nil y coulent au milieu du terrain d'alluvion, loin des montagnes et des déserts ; toutefois la branche de Rosette, sur les 40 premiers kilomètres de son parcours, côtoie le désert lybique. Ces deux cours d'eau partagent ainsi le Delta en trois parties de forme générale triangulaire.

La première, qui est le Delta proprement dit, a 140 kilomètres de base le long de la mer et renferme 582000 hectares de terres cultivables; la seconde, à l'ouest de la branche de Rosette, a 70 kilomètres de base et contient 291 000 hectares de terrains ; la troisième, à l'est de la branche de Damiette, a une base de 60 kilomètres et une superficie cultivable de 526000 hectares. Le Delta tout entier présente donc une surface totale de 1400 000 hectares cultivables, à laquelle il faut ajouter 800000 hectares environ de terrains incultes couverts par les dunes littorales, par la chaîne de lacs qui forme une ceinture entre le Delta et la mer, et enfin par la bande de terrains salés ou marécageux qui s'étend entre les lacs et les terres fertiles.

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