‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 27 sur 159 · PENTES ET NIVEAUX DU SOL · texte numérisé non relu

PENTES ET NIVEAUX DU SOL

La pente longitudinale de la vallée du Nil est faible, la cote du terrain étant 94 mètres au-dessus du niveau de la mer à Assouan et la longueur totale de l'Egypte, en suivant l'axe de la vallée d'Assouan à la mer, étant de 1 030 kilomètres environ. Cette pente est répartie assez régulièrement comme on peut s'en rendre compte par un coup d'œil jeté sur la planche III. Elle est en moyenne de 0, 09 m. par kilomètre dans la Haute Egypte et de 0, 10 m. dans la Basse Egypte. Le terrain, partant de la cote d'altitude 17 mètres à la pointe du Delta, s'abaisse progressivement jusqu'au niveau de la mer sur le bord des lacs septentrionaux.

La surface du sol est très plate et ne présente que des inégalités insi-

gniiiantes. Toutefois, comme partout où une rivière coule en creusant son lit au milieu de ses propres alluvions, il existe, en Egypte, d'une façon générale, une pente dans le sens perpendiculaire à la direction du fleuve, les bords du Nil formant le point culminant de la vallée. Ainsi, dans la province de Guirgueh, les terres cultivées qui sont situées auprès du fleuve sont plus élevées que celles qui s'étendent au pied de la montagne occidentale de 0, 50 m. à 0, 90 m. pour une largeur totale de la vallée de 5 à 6 kilomètres. Dans le sud de la province de Benisouef, où la vallée a de 12 à 15 kilomètres de largeur, cette dénivellation est comprise entre 0, 80m. et 1,20m.

Il résulte de ce fait que tout le long de la vallée, dans la Haute Egypte, il règne une ligne de bas-fonds dans le voisinage du désert, parallèlement au Nil. Ces bas-fonds, remplis au moins une partie de Tannée par le résidu des eaux d'inondation ou par des infiltrations provenant des terrains plus élevés, ont été généralement utilisés pour faciliter lé remplissage ou la vidange des bassins ; ils forment aujourd'hui de longs canaux continus tels que le canal Sohagieh, dans la Haute Egypte, et le Bahr Yousef, dans la Moyenne Egypte.

Le môme phénomène de dénivellation transversale du sol à partir des bords du Nil se produit aussi dans la Basse Egypte, quoique moins nettement à cause de la présence des nombreux bras qui existaient au moment de la formation du Delta et jusque dans les temps historiques et qui ne sont plus aujourd'hui que des canaux sans débordement. Ainsi, il y a une ligne de points bas entre les branches de Rosette et de Damielte et une autre ligne nettement marquée vers le milieu de la largeur de la province de Béhéra, à l'ouest de la branche de Rosette. Les pentes transversales ne dépassent guère 0,02 m. à 0,03 m. par kilomètre. A mi-distance entre le Caire et la mer, les terrains voisins de la branche de Damiette sont plus hauts de 1 mètre environ que ceux qui bordent la branche de Rosette.

Si Ton compare le niveau moyen des terres au niveau des eaux du Nil (voir pi. III) on constate que le niveau moyen de Tétiage esta 9 mètres audessous du sol à Assouan, et que cette différence diminue progressivement jusqu'à 7,50 m. à Assiout et 6,50 m. à Benisouef, pour n'être plus que de 3 à 4 mètres dans le milieu de la Basse Egypte. Quant aux hautes eaux, pendant les fortes crues, elles dépassent de 2 mètres à 2,50 m. le niveau moyen des terres, et de 1 mètre à 1,50 m., pendant les crues moyennes, quoique parfois les bords mêmes du Nil soient encore assez élevés pour dominer le niveau des crues moyennes. Ainsi, si le Nil n'était pas endigué tout le long de son cours, toute la vallée serait ordinairement noyée pendant les crues et, d'autre part, pendant Téliage, les eaux d'irrigation ne peuvent être distribuées à un niveau rapproché de celui du sol que si on les élève au moyen

LE SOL DE L'EGYPTE

de machines, ou si on exhausse le fleuve par des barrages, ou si Ton reporte les prises des canaux à une grande distance en amont des terres à arroser.

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