EAUX SOUTERRAINES
La vallée du Nil étant ainsi formée d'une couche profonde de terrains perméables, il règne, dans toute son étendue, une nappe d'infiltration dont le niveau est en rapport avec celui du fleuve et dont l'importance est considérable pour les parties de TÉgypte qui ne sont pas desservies régulièrement par des canaux d'irrigation. Dans ces régions, les paysans creusent des puits jusqu'aux eaux souterraines qu'ils élèvent, au moyen de norias ou de balanciers, pendant la saison sèche, jusqu'au niveau de leurs rigoles d'arrosage.
M. l'ingénieur Willcocks, dans ses rapports sur le projet du réservoir d'Assouan, évalue à 300 mètres cubes par seconde l'absorption par le sol en temps de crue entre Assouan et Assiout, région où Ton ne fait guère que de la culture par bassins d'inondation, et à 100 mètres cubes par seconde entre Assiout et le Caire, où une partie importante du territoire est cultivée par irrigation. Quel que soit le degré d'exactitude qu'on attribue à ces chiffres, il n'en résulte pas moins qu'il se constitue ainsi, pendant la crue, dans le sous-sol, une réserve d'eau considérable qui, lentement, avec une vitesse atténuée par la résistance du sol, se déverse du lit du Nil vers les bords de la vallée et s'écoule aussi d'amont en aval vers la mer.
Des observations faites dans le sous-sol de la ville du Caire pendant les trois années 1890, 1891 et 1892 ont donné les résultats suivants.
La cote moyenne d'étiage du Nil étant au Caire, en raison de la retenue du barrage du Delta, 13,65 m., vers la fin de juin, et la cote maxima d'une crue moyenne étant 19,25 m. à la fin de septembre, la nappe souterraine oscille régulièrement à la suite du mouvement des eaux du fleuve. Les cotes maxima se produisent au mois de juillet dans les puits les plus rapprochés du Nil et au mois d'août dans ceux qui en sont le plus éloignés. La nappe monte ensuite assez rapidement pour atteindre son maximum d'élévation entre le mois de novembre et le mois de janvier, suivant les localités, puis elle redescend lentement vers son minimum. La montée de la nappe souterraine est en retard d'environ deux mois sur la crue du Nil. On peut admettre que la cote maxima des eaux souterraines est en moyenne de 2,50 m. inférieure au niveau des crues et que leur cote minima est à 1,20 m. au-dessus de l'étiage du fleuve.
Quoique ces résultats ne soient pas évidemment applicables à toute l'Egypte et que certaines circonstances locales, telles que la présence de canaux importants, la plus ou moins grande perméabilité des terrains, puissent modifier considérablement les oscillations de la nappe d'infiltration, ils donnent cependant une indication précieuse sur l'allure générale du mouvement des eaux souterraines dans la vallée du Nil.
LE SOL DE L'EGYPTE
Les eaux de la nappe souterraine diffèrent notablement, par leurs éléments chimiques, des eaux mômes du Nil. Cette particularité ressort nettement du tableau ci-après, qui indique la composition moyenne, en grammes par litre, des eaux puisées pendant Tétiage dans trois puits situés sur la rive gauche du Nil à une assez grande distance du fleuve.
Ammoniaque saline
Ammoniaque des substances alcalines dissoutes. . .
Chaux
i' Magnésie
l Soude
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f Silice, alumine et oxyde de fer
Matières organiques
^ Acide carbonique et perte
Quantité totale de matières solides après évaporation
EAU DK PUITS