‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 29 sur 159 · NATURE DU SOL ET DU SOUS-SOL DANS LA VALLÉE DU NIL · texte numérisé non relu

NATURE DU SOL ET DU SOUS-SOL DANS LA VALLÉE DU NIL

Le sol de la vallée du Nil, tant dans la Haute Egypte que dans le Delta, est constitué sur une grande épaisseur par les dépôts d'alhivions du fleuve. Au moment de Tétiage, lorsque le niveau des eaux est descendu à 7 ou 8 mètres au-dessous de la surface des terres cultivées, si l'on navigue sur le Nil en longeant la rive dans un de ces nombreux coudes où le courant ronge la berge à la base et la découpe presque verticalement, et si Ton observe la tranche de terrain ainsi découverte, on reconnaît facilement les diverses variétés dont se composent ces alluvions ; certaines couches très argileuses, fendillées par l'action du soleil, se tiennent à pic; d'autres, plus sableuses, présentent une moindre cohésion, et, enfin, de distance en distance, des bancs de sable presque pur prennent un talus allongé; ces sables sont intercalés en lentilles plus ou moins étendues entre les limons argileux.

Les dépôts limoneux s'étendent jusqu'à plus de 10 mètres au-dessous du fond du lit du fleuve; plus bas, on trouve des sables et des graviers, puis, plus profondément encore, des couches de terre glaise.

LE SOL DE LÉGYPTE 47

Vers la pointe du Delta, c'est à 20 mètres de profondeur que commencent les sables et graviers et à 25 mètres les argiles.

A Tantah, au centre de la Basse Egypte, le limon a 8 mètres de profondeur, il repose sur une couche de sable avec graviers de 13,50 m. d'épaisseur, puis vient un banc d'argile de 12 mètres de puissance supporté par des sables.

Des sondages à grandes profondeurs exécutés en 1848 par le gouvernement égyptien sur la rive droite du Nil, dans la Haute Egypte, en face d'Erment, ont montré sous les terrains d'alluvîon des marnes, puis des grès et enfin des schistes.

Dans d'autres sondages entrepris à Benisouef en 1899, le calcaire est apparu à 30 mètres au-dessous du sol, surmonté d'une couche de sable plus ou moins mélangé de graviers de 22 mètres d'épaisseur et d'une hauteur de limon de 7,50 m.

A Medinet-el-Fayoum, dans des recherches faites également en 1899, la fondation rocheuse n'est apparue qu'à 131 mètres de profondeur, la couche d'alluvion du Nil ayant 6,50 m. de hauteur et reposant sur des couches de sable et de limon plus ou moins dur.

Ainsi, d'une façon générale, dans toute l'étendue de la vallée du Nil, la couche de terre végétale qui constitue le sol cultivable de l'Egypte a une épaisseur considérable; c'est une argile limoneuse dont la composition chimique présente une assez grande uniformité dans la Haute comme dans la Basse Egypte.

D'après de nombreuses analyses faites en 1872 à Paris parles soins de MM. Payen, Champion et Gastinel bey, elle contient environ :

Silice 45 p. 100

Argile 53 —

Magnésie 0,20 à 1,60

Chaux 1,30 à 4,90

Azote 0,03 à 0,10

Acide phosphorique 0,03 à 0,32

Il y a toutefois des terres fortes qui contiennent jusqu'à 84 p. 100 d'argile et des terres légères où le sable entre dans la proportion de 68 p. 100.

Au fur et à mesure qu'on approche de la Méditerranée, le sol contient une quantité de chlorure de sodium de plus en plus grande, qui, dans les parties basses du nord du Delta, atteint jusqu'à 4 p. 100.

D'une façon générale, la terre d'Egypte contient beaucoup de silice, d'alumine et d'oxyde de fer, peu de chaux, des quantités .faibles d'acide phosphorique et de petites proportions de matières organiques ne dépassant pas 4 à 9 p. 100.

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