‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 37 sur 159 · CHUE MOYENNE · texte numérisé non relu

CHUE MOYENNE

CRUB FORTE

d'eau.

Débit en m* par seconde.

Profondeur d'eau.

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Profondeur d'eau.

Débit en m> par seconde.

mètres.

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Considérons la prise d'un canal d'alimentation au moment oCi elle reçoit

Babo». — Les irrigations en Egypte. 5

l'eau de la crue. S'il s'agit d'une basse crue marquant 7, 45 m. à l'échelle d'Assouan, les terres en bordure du Nil seront en général 1,50 m. plus élevées que cette crue; s'il s'agit d'une crue moyenne de 8,32 m., elles seront encore de 0, 50 m. plus hautes que la crue ; c'est donc seulement dans les grandes crues que les berges du Nil pourront être arrosées par le canal dès son origine. En admettant pour le canal la pente ordinaire de 0, 04 m. par kilomètre et en prenant pour la pente longitudinale de la vallée^ le long des sinuosités du canal, le chiffre moyen de 0,075 m. par kilomètre, on voit que Teau du canal se rapprochera du niveau des terres de 0, 035 m. par kilomètre et n'atteindra par conséquent ce niveau qu'après un parcours de 43 kilomètres en basse crue et de 14 kilomètres en crue moyenne.

Si ce canal doit inonder les terres éloignées du Nil, dont le niveau moyen est à peu près à 1 mètre plus bas que celui des berges, c'est après 14 kilomètres de parcours qu'il pourra commencer à remplir son office dans les basses crues et tout de suite après avoir franchi les terres hautes voisines du Nil, soit à peu près après 3 kilomètres de parcours, dans les crues moyennes.

Un canal d'alimentation ne peut donc, ordinairement, être utilisé que pour les terres situées plus ou moins loin de sa prise, et c'est pour cette raison qu'on a recours, comme nous l'avons vu (voir fig. 7 à 13), au prolongement des canaux d'alimentation de la chaîne des bassins d'amont pour arroser sur une certaine longueur les parties hautes de la chaîne immédiatement inférieure.

Certains canaux ont des prises en maçonnerie permettant de régler leur débit et de les fermer au besoin, mais beaucoup n'en ont pas et l'eau de la crue y entre librement ; dans ce dernier cas, pour fermer le canal, on en obstrue l'embouchure à 50 mètres environ en aval de la prise au moyen d'un barrage construit en pierres perdues, toujours approvisionnées à cet effet dans le voisinage.

L'inconvénient de ce dernier système est une dépense annuelle de matériaux et de main-d'œuvre, c'est en outre et surtout qu'une fois le barrage fermé, on ne peut plus l'ouvrir pendant la même crue. Cela n'a pas d'importance si la fermeture a lieu au moment où se prépare la vidange des bassins, mais il n'en est pas de même si l'on est obligé d'agir ainsi par précaution au moment du maximun d'une forte crue et quand le remplissage des bassins n'est pas terminé.

Un ouvrage de communication avec le bief aval d'un canal provenant du système supérieur de bassins peut remédier à ce défaut; cet ouvrage peut être utilement employé dans certains cas, même quand le canal considéré a un ouvrage en maçonnerie à sa prise au Nil. Quoi qu'il en soit, au cas d'un afflux d'eau considérable, la meilleure manière de procéder paraît

être délaisser l'eau couler librement dans le canal etd*en rejeter l'excédent au Nil par les déversoirs dont nous parlerons plus loin et qui sont situés vers l'extrémité aval des diverses chaînes de bassins. On peut ainsi faire passer sur les terres une grande quantité d'eau limoneuse pour leur plus grand profit.

Suivons depuis son origine jusqu'à son extrémité aval un canal établi comme il vient d'être indiqué. Sa longueur est très variable suivant l'extension du système de bassins qu'il a à desservir ; il peut avoir une centaine de kilomètres, comme le canal Sohaghieh, dans la province de Guirgueh, ou son tronc principal peut être limité à 15 kilomètres comme le canal Oum Addas dans la province de Kéneh ; en général, elle est comprise entre 3d et 50 kilomètres.

Nous trouvons d'abord l'ouvrage de prise en maçonnerie, quand il existe ; il est composé d'arches de 3 mètres d'ouverture fermées par des poutrelles horizontales ou des aiguilles verticales. Nous rencontrons ensuite le siphon par lequel passe le canal de la chaîne supérieure de bassins pour fournir l'eau aux terres hautes d'aval, et parfois aussi un ouvrage de communication entre les deux canaux permettant l'alimentation du canal inférieur par le canal supérieur en cas de besoin. Puis le canal pénètre dans les bassins, soit en suivant les terres rapprochées du Nil, soit en circulant dans le fond des bassins ; il est préférable d'ailleurs qu'il coule dans les terres hautes, le long de la digue du Nil, car il peut être alors mieux utilisé pour la culture nabari et il répartit mieux Teau dans chaque bassin. A chaque digue transversale, le canal est muni d'un ouvrage régulateur de même type que l'ouvrage de prise. Enfin, le long de son cours, sont ménagés d'autres ouvrages destinés à distribuer l'eau directement dans les bassins ou à alimenter des embranchements qui servent defeedersà deux ou plusieurs bassins. Autant que possible le canal est endigué des deux côtés pour que ses eaux limoneuses ne soient pas mélangées avec les eaux déjà clarifiées des bassins et puissent être portées plus loin avec toutes leurs qualités fertilisantes; mais souvent aussi, par raison d'économie dans la construction et l'entretien, le lit du canal forme un simple chenal creusé au-dessous du niveau des terres et débordant naturellement par-dessus les berges lorsque l'inondation commence. Parfois au contraire une des digues ou les deux digues d'un canal sont les digues même des bassins.

Quand le canal a franchi ainsi l'ouvrage régulateur de la digue aval du dernier bassin de la série, il passe en siphon sous le canal principal de la série suivante. Le niveau de ses eaux affleure, à cette distance de la prise, les terres hautes et son rôle prédominant est alors de fournir de l'eau aux cultures nabari existant le long des premiers kilomètres du canal inférieur d'alimentation et sur les terres hautes des bassins jusqu'au point où ce

dernier canal atteint un niveau suffisant par rapport au sol. Il a également un second rôle, dans les mauvaises années, qui est de compléter Tinondation des parties des bassins supérieurs de la chaîne aval trop élevées pour être débordées par les eaux du canal inférieur. Il remplit ce double rôle au moyen de prises d'eau et de canaux de distribution appelés sayalahs, qui sont soit dirigés vers le fond des bassins, soit parallèles au Nil, suivant qu'ils sont destinés à l'inondation ou à la culture nabari ; ils ont d'ailleurs souvent ce double but et sont munis d'ouvrages régulateurs appropriés à leurs diverses fonctions.

Malgré tous ces arrangements, il y a des points où la culture est encore à la merci de la plus ou moins grande hauteur de la crue du Nil et où elle est difficile pendant les mauvaises années. C'est d'abord la bande de terre de largeur variable, tantôt très étroite, tantôt ayant 200 à 300 mètres de largeur, qui s'allonge entre la digue du Nil et le fleuve lui-mAme. Cette bande est cultivée en nabari. Le fellah Tarrose ordinairement à l'aide d'appareils élévatoires à main qui puisent dans le Nil ; il doit élever l'eau tant que la crue n'atteint pas la cote de 9 mètres à l'échelle d^Assouan. La population elle-môme, et non le gouvernement» creuse et entretient, dans les parties où celte bande de terrain est assez étendue, de petits canaux dont le plafond est à 1,50 m. au-dessous du niveau du sol, et qui sont à sec tant que le Nil reste au-dessous de cette cote.

Dans cette même catégorie de terres pénibles à cultiver sont les îles, les berges immédiates des biefs supérieurs des grands canaux et aussi toutes les parcelles de terrain bordant le désert, où il n'y a pas assez de place pour un système de bassins et où le paysan tire son eau, soit du Nil, soit d'un canal entretenu par le gouvernement et dont le plafond ne reçoit l'eau que lorsque la crue atteint 7 mètres à l'échelle d'Assouan. Toutes ces terres souffrent beaucoup du manque d'eau quand le Nil reste bas ou loi*squ'il est au-dessous de la cote 7 mètres à 7,50 m. au moment de l'époque des semailles du maïs, c'est-à-dire au conimencement d'août.

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