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GRANDE CHAINE DE BASSINS

Gomme exemple d^une grande chaîne de bassins nous prendrons celle qui est désignée sous le nom de Nord-Sohag (voir pi. IV).

Elle est située sur la rive gauche du Nil et s'étend sur cent kilomètres

environ de longueur entre Sohag (km S28)9 et Assiout (km 423), dans une région où la largeur de la vallée atteint une quinzaine de kilomètres. Elle comprend vingt-neuf bassins formant une surface totale de 81 000 hectares divisés comme il suit :

NOMS DES BASSINS SCPBRPICIB DSS BASSINS

Hocheh Araba-Idfa 202 hectares.

Araba-Idfa. 3704 —

Gheriret Geheneh 1785 —

Qilfaou 840 —

Baga 638 —

Gharirat 4 050 —

Hocheh Sahel Muefln 202 —

AouIedNuser 252 —

NagTamana 1008 —

Samarnah 3895 —

Banaouit 4452 • —

Béni Hilal 849

Enebis 3645 -

Saouamah 360 —

Banahou et fianagah 1 792 —

EstKom Badr 3652 —

Ouest KomBadr 4687 —

Hocheh Cheikh Zemeddin 367 —

Chaltourah 750 —

Michta 465 —

Est Madmar 605

Ouest Madmar 2117 —

EstTima 403 —

Qaou 529 —

Sahel Qaou 304 —

Est Omdoumah 5 783 —

Ouest Omdoumah 4054 —

Douer 4340 —

BeniSmia 13605 —

Zannar 14662 —

Total 81406 hectares.

Suivant les principes développés dans le chapitre précédent, les petits bassins sont dans la partie de la vallée la plus rapprochée du Nil et les derniers bassins de la série ont la surface la plus considérable.

Les digues transversales, surtout celles des grands bassins, sont hautes

et massives ; celle du bassin Zannar est soutenue par un mur en maçonnerie. L'ensemble des digues qui entourent les bassins forme un réseau de 320 kilomètres environ.

Ce vaste système reçoit son eau par cinq canaux principaux : le Guirgaouieh, le Sohagieh, le canal Haouati, le canal de Tahta et le canal de Ghattourah.

Le Guirgaouieh a sa prise au kilomètre 571 du Nil et il a un parcours de 31 kilomètres avant d'atteindre l'extrémité amont du système des bassins Nord-Sohag. Il a 18 mètres de largeur à sa prise, Taltitude de son lit correspond à une hauteur du Nil de 4,32 m. (8 pics) à l'échelle d'Assouan ; sa pente est de 0,04 m. par mètre; il débite en moyenne 29 700 m' par seconde en basse crue et 48400 m' par seconde en crue moyenne. Ce canal passe sous le canal Sohaghieh par un siphon ayant 4 arches de 3 mètres d'ouverture et se prolonge sur 18 kilomètres environ jusqu'à la digue aval du bassin Samarnah où il aboutit à deux régulateurs, Tun de 5 arches de 2,60 m. et Tautre de 3 arches irrégulières de 2,30 m. en moyenne. Il s'en détache deux branches importantes. L'une prend naissance à un kilomètre en aval du siphon du Sohaghieh sous le nom de canal de Qilfaou; son plafond, qui a 5 mètres de largeur esta 1,50 m. au-dessus du lit du Guirgaouieh, son ouvrage de prise a 2 arches de 3 mètres ; cette branche passe tout de suite sous le canal de Tahta par un siphon ayant 2 arches de 2,50 m. d'ouverture et envoie plusieurs ramifications entre ce dernier canal et le Nil. L'autre branche prend naissance à la digue aval du bassin Nag Tamana, et porte le nom de canal Béni Hilal ; son plafond est à 0,50 m. au-dessus du lit du canal Guirgaouieh, sa prise a une arche de 3 mètres d'ouverture et sa largeur au plafond est de 6 mètres ; il passe sous le canal de Tahta au kilomètre 19 de ce dernier canal et porte ainsi les eaux du canal Guirgaouieh jusqu'à 55 kilomètres de sa prise au Nil et à 24 kilomètres du siphon du Sohaghieh, dans le bassin Béni Hilal.

Le canal Sohaghieh est un grand cours d'eau qui, partant du Nil à Sohag, au kilomètre 528, traverse la vallée, se déroule en contours sinueux au pied des pentes du désert sur une centaine de kilomètres d'un bout à l'autre du système Nord-Sohag et continue ensuite à couler sur environ 70 kilomètres à travers les bassins du système inférieur; il passe dans ce dernier système par un ouvrage régulateur ayant 5 arches de 3 mètres percé dans la digue aval du bassin Zannar. Le Sohaghieh a 80 mètres de largeur à sa prise; son plafond est au niveau du Nil, lorsque celui-ci atteint la cote de 4,32 m. (8 pics) à l'échelle d'Assouan ; il a un ouvrage de prise composé de 21 arches de 3 mètres d'ouverture. 11 peut débiter en moyenne de 230 à 350 mètres cubes par seconde pendant une mauvaise ou une moyenne crue. Il coule librement depuis sa prise sur 80 kilomètres

environ ; son premier ouvrage régulateur ^ (9 arches de 3 mètres) est à la traversée de la digue aval du bassin Béni Smia. Il serpente entre des digues formées d'un terrain sableux médiocrement résistant, d'un tracé irrégulier et souvent assez éloignées du lit du cours d'eau. Le Sohaghieh comporte des prises d'eau entre les kilomètres 32 et 45 pour lalimentation des bassins Ouest-Kom Badr et Ouest-Omdoumah, sur sa rive gauche^ et pour les bassins Est-Kom Badr et Est-Omdoumah, sur sa rive droite ; il alimente notamment le canal Karafchah qui traverse tout le bassin Kom Badr-Est et dont le prolongement est projeté jusqu'à la digue aval du bassin Omdoumah.

Le canal Haouati est un petit canal local qui part de l'embouchure du Sohaghieh, sur sa rive gauche, avec une prise de 2 arches de 3 mètres, un plafond de 7 mètres de largeur situé à 1 mètre au-dessus du lit du Sohaghieh et une pente de 0,04 m. par kilomètre; il a 14 kilomètres environ de longueur, traverse tout le bassin Araba Idfa et aboutit par un déversoir (2 arches de 3 mètres) dans le Sohaghieh. Il débite en moyenne, par une basse crue 5,900 m' par seconde et par une moyenne crue 13,750 m* par seconde.

Le canal de Tahta a sa prise à un kilomètre plus bas que celle du Sohaghieh ; son ouvrage de tète a 4 arches de 3 mètres ; son plafond affleure à un niveau du Nil correspondant à 4,32 m. (8 pics) à l'échelle d'Assouan ; il a 15 mètres de largeur et une pente de 0,04 m. par kilomètre. Il débite en moyenne, par une basse crue, 25 mètres cubes par seconde et par une crue moyenne 40,750 m'. Son cours se maintient dans la chaîne des bassins rapprochés du Nil et il aboutit au kilomètre 38 à un ouvrage régulateur de 3 arches de 2,20 m. d'ouverture qui le fait pénétrer dans le bassin Madmar au travers de la digue aval du bassin Banagah. Son premier ouvrage régulateur (3 arches de 2,35 m.) est au kilomètre 28,500, à la traversée de la digue aval du bassin Enebis ; il franchit en outre la digue aval du bassin Banahou par un régulateur de mêmes dimensions. La largeur du plafond qui était de 15 mètres à la prise est réduite progressivement à 7 mètres à son extrémité. Au kilomètre 26 prend naissance un embranchement important de 25 kilomètres destiné à lalimentation des bassins en bordure du Nil : sa prise est formée par un ouvrage de 2 arches de 3 mètres ; son plafond (9 mètres de largeur) est à 0,50 m. au-dessus du lit du canal de Tahta ; il passe sous le canal Chattourah par un siphon (2 tuyaux de 1,30 m. de diamètre) et se termine dans le bassin Qaou où il entre par un régulateur (1 arche de 3 mètres); à partir du siphon du Chattourah la largeur du plafond est réduite à 6 mètres et le lit relevé de 0,50 m. Il y a en outre le

'* On est en train de construire un autre pont barrage au kilomètre 20, à l'endroit nommé Talihat.

long du canal de Tahta plusieurs autres prises d'eau dont une pour le bassin Samanah, une pour le bassin Enebis, une autre pour le bassin Est-Kom Badr.

Le canal Ghattourah a sa prise au kilomètre 488 du Nil ; son plafond (9 mètres de largeur) correspond à une hauteur du Nil de 4,86 m. (9 pics) à l'échelle d*Assouan; sa pente est de 0,04 m. par kilomètre; il débite en moyenne 10 mètres cubes par seconde en basse crue et 20,300 m' par seconde en crue moyenne. Son tracé est presque en ligne droite, à peu de distance du Nil, et sa longueur est de 35 kilomètres. Il se termine par un régulateur de 3 mètres d'ouverture auprès du village d'Aboutig vers l'extrémité aval du bassin Béni Smia. Son premier régulateur (2 arches de 3 mètres) se trouve au kilomètre 15, à la traversée de la digue du bassin Tima, juste en aval . d'une prise d'eau (2 arches de 3 mètres) qui débouche dans le bassin Tima sur la rive gauche du canal. Un second régulateur se trouve à la traversée de la digue du bassin Douer (1 arche de 3 mètres). Il a deux petits embranchements à droite et à gauche dans la partie haute du bassin Douer.

Le mouvement et la répartition des eaux dans ce vaste ensemble de bassins est en outre assuré par un certain nombre d'ouvrages régulateurs percés dans les digues des bassins et d'ouvrages de prise répartis le long des canaux et de leurs embranchements. Tous ces ouvrages sont indiqués sur la carte de la planche IV.

Quant à la vidange, elle se fait par deux voies différentes :

1^ Par une série de déversoirs se déchargeant directement dans le Nil et qui sont :

Le déversoir du bassin Tima (3 mètres d'ouverture) ;

Le déversoir d*Aboutig, au sud du bassin Béni Smia (15 arches de 3 mètres) ;

Les déversoirs de Choutb (3 arches de 3 mètres), de Selim (3 arches de 3 mètres) et de Matia (2 arches de 3,95 m.) dans le bassin Zannar.

2"* Par deux déversoirs se déchargeant dans le Sohaghieh qui entraine les eaux des bassins supérieurs jusque dans les deux grands bassins Béni Smia et Zannar, d'où elles sont rejetées soit dans le Nil par les déversoirs dont nous avons parlé plus haut, soit dans les bassins de la chaîne suivante, par le régulateur de la digue aval du bassin Zannar.

Ces deux déversoirs desservant les bassins situés sur la rive gauche du Sohaghieh sont :

Le déversoir du bassin Araba-Idfa (2 arches de 3 mètres.) ;

Le déversoir du bassin Omdoumah-Ouest (4 arches de 3 mètres).

Pour compléter cette description, ajoutons que la chaîne des bassins d'amont Sud-Sohag peut être mise en communication avec la chaîne Nord- Sohag par deux régulateurs établis dans la digue séparative des deux systèmes et ayant ensemble six arches de 2,40 m. d'ouverture. Un déversoir

<fes bassins d'amont débouche en outre dans le Sohaghieh entre le Nil et louvrage de prise et conduit ainsi la vidange du système supérieur dans le fleuve par lembouchure môme du Sohaghieh. Enfin un siphon formé d'un tuyau de 1,50 m. de diamètre et passant sous le canal Ilaouati permet de faire écouler dans la partie haute du bassin Araba-ldfa Teau du bassin Ouest-Sohag pour la culture nabari.

D'une façon générale, la partie située entre le Nil et le Sohaghieh jusqu^au bassin Enebis est principalement arrosée par les eaux provenant du canal Guirgaouieh ; les terres situées à gauche du Sohaghieh, dans les deux bassins Araba-ldfa et Gharizat, par le canal Haouali ; les six grands bassins inférieurs, Ouest-Kom Badr, Ouest-Omdoumah , Est-Kom Badr, Est^Omdoumah , Béni Smia et Zannar par le Sohaghieh; les bassins en bordure du Nil depuis Gheziret Muefin jusqu'à Tima et le. bassin Enebis, par le canal de Tahta; les terrains voisins du Nil entre Tima et Aboutig, par le canal Ghattourah.

Toutefois les règles à suivre pour le remplissage et la vidange varient beaucoup suivant l'intensité et la durée des crues.

Prenons d'abord une basse crue correspondant, comme il a été dit au chapitre précédent, à une hauteur moyenne du Nil de 7,45 m. (13 pics 19 k.) à l'échelle d'Assouan.

L'eau du Guirgaouieh passant en siphon sous le Sohaghieh commande tous les terrains situés au nord de ce dernier canal même les plus hautes terres des bords du Nil, et elle pourrait servir à remplir tous les bassins de la chaîne si le débit n'en était pas tout à fait insuffisant en temps de basse crue. Toutefois les bassins spécialement irrigués par ce canal et que le canal de Tahta ne peut dominer sont tous les bassins voisins du Nil jusqu'au Saouamah, les bassins Aouled Nuser et Nag Tamana et les terres situées entre le canal de Tahta et le Sohaghieh sur 12 kilomètres, les bassins Samarnah et Benaouit.

Le* canal de Tahta dessert la moitié inférieure du bassin Benaouit, tout le bassin Enebis, la moitié inférieure des bassins Béni Hilal et Saouamah et tous les bassins situés en aval de son vingt-quatrième kilomètre : le Banahou, le Banagah, le Madmar et toute la bordure du Nil depuis Tembôuchure du canal Ghattourah jusqu'à Tima entre le Nil et le chemin de fer.

Le canal Haouati ne commande pour ainsi dire rien, Taltitude des terres qui dépendent de lui étant à la cote 60 mètres et plus et celle de la basse crue à Sohag étant seulement 59,42.

Le Sohaghieh ne domine rien du tout jusqu'à ce qu'il atteigne les bassins Kom Badr-Est et Ouest; il peut couvrir d'eau le fond de ces deux bassins ainsi que des deux bassins Omdoumah et inonder les deux grands bassins inférieurs.

Le canal Chattourah n'est d'aucune utilité jusqu'au kilomètre 15,500. Â partir de ce point, il commande les terres basses du bassin Est-Omdoumah, le bassin Douer tout entier et la bordure du Nil de Tima à Aboutig.

Dans ces conditions, aussitôt qu'une basse crue est déclarée, c'est-àdire fin août, les eaux venant du Guirgaouieh sont dirigées de façon à être emmagasinées dans le bassin Samarnah dont les ouvrages régulateurs d'aval sont soigneusement bouchés pour éviter toute perte d*eau ; Tembranchôment de Qilfaou reste ouvert pour les besoins des terres qu'il dessert et celui de Béni Hilal est réglé pour les cultures nabari situées le long de son parcours et dans les parties hautes du bassin Banaouit.

Quant au canal de Tahta, on le ferme au passage de la digue du bassin Barnahou et ses eaux sont réparties entre le bassin Enebis et l'embranchement de Qaou. Les ouvertures d'aval des bassins Enebis sont bouchées hermétiquement ; les communications entre ce bassin et le bassin Benaouit restent toutefois ouvertes pour que le surplus de l'eau puisse profiter dans une certaine mesure ^ux bas-fonds de ce bassin. L'embranchement de Qaou coule de façon à compléter l'inondation de tous les bassins qui en dépendent le long du Nil depuis le bassin Banagah jusqu'au bassin de Tima- Est. Le bassin Madmar reste soigneusement fermé et ne reçoit d'eau du canal de Tahta qu'après la seconde quinzaine de septembre, si possible.

Le canal Sohaghieh coule librement, un cinquième de son débit étant réservé pour les bassins de la chaîne aval. Les bassins Zannar et Béni Smia sont remplis ensemble, le premier restant à 0,50 m. au-dessous de son niveau plein et le second poussé jusqu'à son plein niveau ; ceci permet de maintenir le niveau du Sohaghieh à une hauteur suffisante en face des bassins Kom Badr et Omdoumah pour qu'ils puissent en prendre une certaine quantité d'eau.

Le canal Chattourah coule librement dans les bassins Madmar et Est- Omdoumah et remplit le bassin Douer ; on en détourne une petite quantité d'eau pour le nabari des terres hautes de Douer et Béni Smia à Test du chemin de fer, mais ce canal n'est pas mis en communication avec le bassin Béni Smia.

Le 10 octobre, au moment où doit commencer la vidange, la situation sera à peu près la suivante :

Les bassins dépendant du canal Haouati seront à peu près à sec, le bassin Samarnah sera à 0,35 m. au-dessous de son plein, niveau et contiendra 20 000 000 de mètres cubes d'eau.

Les bassins en bordure du Nil depuis le bassin Béni Hilal jusqu'à Tima seront complètement inondés.

Le bassin Douer sera à peu près plein.

Le bassin Béni Smia sera à 0,25 m. au-dessous de son plein niveau.

Les quatre bassins sur le Sohaghieh (Est et Ouest-Kom Badr, Est et Ouest-Omdoumah) seront remplis aux deux tiers.

Vers le 25 septembre, on doit examiner si, pour compléter l'inondation du système il n y a pas lieu de barrer le Sohaghieh à Textrémité aval du bassin Samarnah pour détourner ses eaux dans les bassins Banaouit, Enebis, etc., comme cela a été fait dans les très faibles crues de 1888 et de 1899; mais il ne faut le faire que s'il n'y a aucun danger de voir se rompre les digues de ce bassin le long du Sohaghieh par suite de la forte pression qui résulte de ce que, le bassin Samarnah étant à la cote 60,00, le Sohaghieh sera abaissé par le barrage à la cote 55,50, à l'extrémité aval de ce bassin ^

Étant donnée la répartition des eaux d'inondation qui vient d'être indiquée à la date du 10 octobre, le problème à résoudre consiste à utiliser les eaux ainsi emmagasinées, ainsi que celles qui peuvent venir de la vidange des bassins du système supérieur et du Guirgaouieh, de façon à faire monter chacun des bassins, au moins pour quelques jours, à son plein niveau ou à un niveau approchant. Des instructions très détaillées sont entre les mains des ingénieurs prescrivant les ouvrages à ouvrir et à fermer successivement, les canaux à barrer, les digues à couper, les dates auxquelles toutes ces opérations doivent être faites, ainsi que les ouvrages dont le débit doit être réglé pour l'irrigation des cultures nabari.

Il serait fastidieux d'entrer dans le détail de toutes ces opérations qui s'étendent du 10 au 25 octobre et dont les grandes lignes sont les suivantes.

Le siphon sous le Sohaghieh étant ouvert en plein, on complète tout de suite l'inondation du bassin Samarnah qui passe ensuite par le régulateur dans le bassin Banaouit, puis dans le bassin Enebis pour le compléter ; on donne en même temps la petite quantité d*eau nécessaire pour les bassins qui dépendent de l'embranchement Qilfaou et pour le nabari de ce côté.

On ferme la prise du canal de Tahta qui ne sert plus alors qu'à assurer le mouvement des eaux entre les bassins à vider et ceux à remplir, et à donner l'eau d'irrigation au nabari des terres voisines du Nil, ainsi qu'à maintenir le plein niveau dans la série des petits bassins compris entre le canal Ghattourah et le Nil. Les eaux du bassin Enebis sont ensuite déchargées dans le bassin Est-Kom Badr, puis dans le bassin Est-Omdoumah pour en compléter l'inondation ; en même temps les eaux du bassin Enebis s'écoulant par le canal de Tahta se rendent à travers le bassin Madmar, non encore rempli, dans le bassin Omdoumah-Est. Au même moment, la prise du canal Ghattourah est fermée et le lit de ce canal sert à activer le passage des eaux d'un bassin dans l'autre; par des coupures faites sur sa rive droite et sur la rive droite du canal de Tahta, on augmente

* La construction de ce barrage provisoire sera rendue inutile lorî^que le régulateur de Talihat aura été achevé.

leur débit des eaux de vidange dés petits bassins bordant lé Nil et on les déverse par le bassin Douer dans le bassin Béni Smia. Le bassin Est-Omdoumah étant amené alors dans les environs du plein niveau, ses eaux passeront par le bassin Douer dans le bassin Béni Smia. Il reste encore à compléter Tinondation des deux bassins Ouest-Kom Badr et Ouest-Omdoumah. Pour cela, lorsque les deux bassins Est-Kom Badr et Est-Omdoumah auront été maintenus à leur plein niveau du 16 au 22 octobre, on les déchargera par une large coupure dans le Sohaghieh dont le niveau, ainsi surélevé, permettra de remplir ces deux bassins qu'on videra ensuite dans le Sohaghieh par le déversoir aval du bassin Ouest-Omdoumah.

Du 10 au 20 octobre, le Sohaghieh, avec son débit de vingt millions de mètres cubes par jour, aura suffi pour achever le remplissage du bassin Béni Smia, qui se videra dans le bassin Zannar déjà presque rempli, et le tout s'écoulera par le régulateur d'Assiout dans les bassins situés au nord de cette ville et, si nécessaire, par les déversoirs au Nil situés le long de la digue du Zannar.

Quant aux bassins Araba Idfa situés à l'origine du système sur la rive gauche du Sohaghieh, ils seront remplis par la vidange des bassins situés au sud de Sohag.

Il a été parlé plus haut de Téventualité de la construction d'un barrage provisoire en travers du Sohaghieh pour inonder les bassins de la région de Tahta et de Tima; il est intéressant de rappeler en quelques mots comment ce barrage fut construit en 1899 auprès du village de Talihat. La prise du Sohaghieh fut fermée le matin du 19 septembre; le 20, on commençait le travail; le 25, c'était fini. Le 24 et le 25 la prise fut graduellement réouverte et le matin du 26, ouverte en plein. 4 000 hommes travaillaient jour et nuit, on exécuta 20 000 mètres cubes de terrassement et on employa 16 000 sacs à terre. La longueur du barrage était de 163 mètres et la charge d'eau maxima qu'il eut à supporter fut de 4 mètres. Après que l'inondation des bassins de chaque côté du Sohaghieh fut complète, le barrage fut ouvert le matin du 10 octobre et tout le débit du Sohaghieh alla dans le bassin Béni Smia qui était devenu à peu près à sec. C'est ce travail considérable et toujours aléatoire que supprimera la construction de l'ouvrage de Talihat aujourd'hui en cours d'exécution.

Considérons maintenant une crue moyenne de 8,32 m. (15 p. 10 k.) à l'échelle d'Assouan.

Le Guirgaouieh montera plus haut que le sol de tous les premiers bassins de la chaîne. Le canal de Tahta dominera les bassins Béni Hilal et Saouamah, ainsi que la partie inférieure du bassin Muefin et il irriguera toutes les terres au nord de son vingt-huitième kilomètre. Le Sohaghieh ne s'élèvera dans les deux premiers bassins de sa rive gauche et dans le tiers

supérieur de Ouest-Kom Badr et de Ouest-Omdoumah que lorsqu'il sera gonflé par la vidange du Samarnah, du Benaouit et de TEnebis ou par le remous du Béni Smia rempli à la cote 55.00, soit à son plein niveau. Le canal Ghattourah inondera seulement la partie inférieure du bassin Madmar, mais il commandera bien le bassin Est-Omdoumah et toute la bordure du Nil depuis Michta jusqu'à Aboutig,. ainsi que le bassin Douer.

Dans ces conditions, les eaux du Guirgaouieh seront distribuées, en tenant compte des surfaces plantées en nabari, dans les bassins desservis par le canal Qilfaou (les eaux de ce canal seront relevées convenablement par le moyen du régulateur de Nag Tamana), et dans les bassins deSamarnah, Benaouit et Béni Hilal, soit dans tous les bassins qui dépendent de cette source d'alimentation.

Quant au canal de Tahta, il donnera l'eau dans le bassin Saouamah, dans la partie inférieure du bassin Béni Hilal, dans les bassins Banaouit, Enebis, et Banagah, ainsi que dans le bassin Madmar après que les eaux du canal Ghattourah en auront rempli les parties basses. L'embranchement de Qaou coulera à pleins bords et arrosera les bassins en bordure du Nil jusqu'à Tima.

Le canal Ghattourah commencera le remplissage des bassins Madmar et Est-Omdoumah et fera passer de grandes quantités d'eau dans le bassin Douer, le reste de son débit étant distribué sur les terrains en bordure du Nil. Le Sohaghieh, alimenté en grand, remplira rapidement les bassins qui en dépendent. Le canal Haouati débitera sans interruption, le surplus d'eau des deux bassins qu'il alimente revenant au Sohaghieh par le déversoir situé à l'aval du bassin Gharizat.

La vidange des divers groupes du système s'effectuera comme il suit :

l"" Le bassin de Gheziret Muefin, par une coupure dans la digue du Nil;

2^ Le bassin Âraba Idfa, par son déversoir sur le Sohaghieh ; le bassin Gharizat, en partie par le môme déversoir, la communication entre les deux bassins étant laissée libre, et le reste par une coupure pratiquée dans la digue du Sohaghieh ;

3^ Les bassins en amont du Samarnah, par le moyen de cou pu restai tes dans les berges du canal Aouled Nuser, dans le Samarnah et de là dans le Benaouit ;

i"* Le Benaouit et TEnebis, par des coupures de digues, dans le Sohaghieh, et en grande partie aussi dans le bassin Est-Kom Badr par le régulateur de la digue aval du bassin Enebis ; de ce dernier bassin l'eau passera en partie dans le bassin Omdoumah-Est.pariin régulateur, en partie dans le Sohaghieh par une coupure de digue. L'Omdoumah-Est se videra par le bassin Douer et par le bassin Béni Smia au moyen des régulateurs ; TOmdoumah-

Ouest, par son déversoir dans le Sohaghieh, après avoir reçu le produit du Ouest-Kom Badr par une coupure faite dans leur digue séparatrice. Le Béni Smia se déchargera dans le Nil par le grand déversoir d*Âboutig. Enfin le bassin Zannar se déversera aussi dans le Nil par les ouvrages de Selim, Ghoutb et Motia. De cette façon, toutes les eaux du système Nord-Sohag peuvent être rendues au fleuve sans passer par les bassins du système inférieur.

Tous les petits bassins en bordure du Nil y seront déversés directement par des coupures faites dans la digue longitudinale ; toutefois entre Tima etÂboutig, leurs eaux peuvent s'écouler par le bassin Béni Smia au moyen des ponts du chemin de fer.

Toute la vidange peut ainsi s'opérer entre le 10 et le 25 octobre.

Il n'y a que peu de points dans ce vaste système pour lesquels il ne soit pas établi de moyens suffisants de régler le niveau et le mouvement des eaux en assurant une bonne circulation d'eau rouge pendant la période comprise entre le remplissage et la vidange ; ce sont les bassins Ouest- Kom Badr, Saouamah, Aouled Nuser, Gheziret Muéfin et Gharizat. On est obligé, dans ces bassins, de surveiller soigneusement l'alimentation pour éviter les accidents ; car une fois que l'eau y est enfermée, on ne peut la retirer qu'au moment de la vidange et il n'est pas possible d'en abaisser le niveau par des manœuvres de régulateurs.

Pendant les fortes crues, ledébit du Guirgaouieh peut être réduit à volonté au siphon du Sohaghieh; celui du canal de Tahta, du Sohaghieh, du canal Haonati, par la manœuvre de leurs ouvrages de tête ; celui du canal Chattourah, par la construction d'un barrage provisoire en pierres. Il n'y a aucune crainte d'être gagné par l'eau, car le déversoir d'Aboutig permet de la retourner sans difficulté au Nil dont le niveau maximum sera à 0,50 m. environ au-dessous du plein niveau du bassin Béni Smia. De même le bassin Zannar pourra toujours écouler ses eaux, car son niveau normal est à 1,30 m. au-dessus du niveau maximum du Nil au droit de ses déversoirs.

Dans la chaîne des bassins Nord-Sohag, le nabari est assez irrégulièrement réparti. Il y en a très peu le long des grands bassins d'aval, le Béni Smia et le Zannar, où il n'est guère cultivé qu'entre la digue du Nil et le fleuve, parce que l'inondation doit être maintenue haute dans ces bassins comme conséquence du mouvement général des eaux du système. Au contraire, le nabari est beaucoup plus étendu dans la partie sud de la chaîne, notamment entre le Sohaghieh et le canal de Tahta sur les dix premiers kilomètres, au sud du bassin Âraba Idfa, entre les deux digues du Sohaghieh jusqu'au bassin Béni Smia, dans l'angle d'amont des bassins Est- Kom Badr et Ouest-Omdoumah qui ne peuvent pas toujours recevoir une

bonne inondation, et enfin sur les bords du Nil, notamment en face de Tahta et dans les petits bassins situés entre le canal Chattourah et le Nil. Le nabari est disséminé sur ces petits bassins chaque année à des places différentes et sur des surfaces variables, de façon à faire profiter les terres des bénéfices du limon de Tinondation de temps en temps. Mais les dispositions de Talimentation du système ne permettent de donner l'eau d'arrosage à toutes ces surfaces nabari ni de bonne heure avant le remplissage des bassins, ni tard après la vidange.

Les endroits où Ton fait ordinairement du nabari sont indiqués par une teinte verte sur la carte des bassins Nord-Sohag (pi. IV) ; mais, sauf sur les points spécialement réservés pour cette culture et protégés par des digues permanentes qui les séparent des bassins d'inondation, elle ne se pratique pas chaque année sur la totalité des surfaces teintées.

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