PROPORTION
de chaque nature
de Iravaui.
Ces proportions varient suivant les conditions de chaque région, bien que le cube et la dépense par hectare soient à peu près uniformes pour toutes les provinces.
Ainsi, dans les provinces de Guirgueh et de Keneh qui sont exclusivement aménagées en bassins, la proportion des terrassements pour les digues est de 24,9 p. 100, tandis que les curages des canaux s'élèvent à 73,1 p. 100. Au contraire, dans la province de Minieh où le système des digues est très
DESCRIPTION DES BASSINS D'INONDATION lli
développé et où le réseau des canaux est très restreint, puisque ralimentation se fait presque exclusivemenl par le Bahr Yousef qui est toujours en eau, les terrassements des digues entrent dans le total pour 85,2 p. 100 et le curage des canaux pour 5,1 p. 100 seulement; mais, d'autre part, les terrassements pour les coupures de digues s'élèvent à 9,7 p. 100.
C'est dans la province la plus méridionale, celle de Nubie, que la dépense est la plus élevée ; elle monte à 4,60 fr. par hectare, représentant un volume de terrassements de 14,26 m'. Cela tient à ce que cette province, qui n*a que 32 000 hectares cultivés et dans laquelle la vallée est généralement très étroite, a un développement de canaux relativement très grand par rapport à la surface des bassins.
En dehors de ces travaux réguliers d'entretien, le fonctionnement des bassins, pendant la crue même, exige la présence de nombreux ouvriers dont la mission est de surveiller les digues, de les proléger contre les affouillements, de réparer les brèches qui peuvent se produire, de manœiiTrer les appareils de fermeture des ouvrages, de faire les barrages provisoires en travers des canaux et les coupures dans les digues. Les hommes chargés de ces travaux sont des paysans réquisitionnés dans les villages en corvée gratuite suivant les lois et usages du pays dont nous parlerons plus tard^
Quoique cette corvée ait été restreinte autant que possible dans ces dernières années, elle n^en constitue par moins une certaine charge pour la population ; il est vrai qu'à cette époque de Tannée, le paysan n'a rien à faire en dehors de la distribution de Teau d'arrosage à ses cultures nabari.
En 1900, pour les 669000 hectares des provinces de la Haute et de la Moyenne Egypte, non compris le Fayoun et Ghizeh, cette corvée a représenté un total de 26768 hommes, restés en moyenne 42 jours en dehors de leurs villages ; c'est donc un total de 1 141 233 journées, qui, à 1 franc en moyenne par jour, donne une dépense totale de 1 141 233 francs, soit 1,70 fr. par hectare.
En 1899, année de très faible crue, les digues et les canaux réclamaient naturellement moins de surveillance; les travaux de la corvée occupèrent seulement 16433 hommes pendant 39 jours en moyenne, soit en tout 615 927 journées.
Pour donner une idée de la répartition des hommes de corvée, prenons comme exemple la province deGuirgueh qui comprend 139 400 hectares, pendant l'année 1900.
Pour surveiller 231 kilomètres de digues du Nil, on a pris 888 hommes pendant 35 jours, à raison de 4 hommes par kilomètre de digue, et, pour 290 kilomètres de digues des bassins, 1 972 hommes pendant 47 jours, à
* Voir chap. XIII.
raison de 7 hommes par kilomètre. Les digues des canaux, sur 534 kilomètres de longueur, ont exigé 2 228 hommes pendant 51 jours, soit 4 hommes par kilomètre. Pour 201 ouvrages d'art, 551 hommes ont été réquisitionnés pendant 63 jours, à raison de 3 hommes en moyenne par ouvrage. On a en outre maintenu 70 hommes en réserve dans des postes déterminés, pour parer aux besoins urgents, pendant 42 jours. En tout, on a ainsi employé 5 709 hommes pendant une moyenne de 48 jours, représentant 274 032 journées, soit à peu près 2 journées par hectare.
Le nombre des jours de travail des hommes de corvée varie chaque année suivant l'intensité et la durée de la crue ; il peut s'élever à 2,5 j. par hectare et descendre à 0,5 j.
Pendant une crue faible ou courte, les digues sont, en effet, en général moins menacées, sauf en certains points des bassins qui servent de réservoirs d'emmagasinement et oîi la charge est parfois très forte; il y a donc dans ce cas moins de longueur de digues à surveiller; par contre, pendant une crue haute et longue, les gardiens doivent être répartis sur presque toute la longueur des digues et la corvée dure plus longtemps. Par compensation, dans les années de faible crue, il y a des dépenses supplémentaires à prévoir pour établissement de barrages dans les canaux, construction de dérivations et de digues provisoires, coupures dans les digues, étanchement plus complet de certains ouvrages régulateurs et de déversoirs, surveillance plus stricte du mouvement des eaux. Dans Tannée 1899, ces dépenses se sont élevées à plus de 300 000 francs.