‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 59 sur 159 · CULTURES PAR IRRIGATION · texte numérisé non relu

CULTURES PAR IRRIGATION

Dans les territoires de TÉgypte qui sont aménagés pour recevoir l'inondation, les canaux sont peu profonds et n'apportent Teau sur les terres que pendant la crue. Nous avons vu, dans les deux chapitres précédents, qu'on y fait bien, en certains endroits, de Tirrigation à Taide de Teau dérivée de ces canaux, mais cette irrigation n'est que temporaire; elle cesse avec la baisse des eaux du Nil et n'intéresse par conséquent que des cultures hâtives (maïs et sorgho) poussant pendant les mois de crue et appelées nabari. Des récoltes analogues, dite qedi, sont aussi obtenues par irrigation dans les parties basses des bassins, avant la crue, au moyen de Teau puisée dans la nappe souterraine; c'est indirectement et après avoir filtré au travers du sous-sol perméable delà vallée que le fleuve fournit son eau à ces cultures. Les seuls points où Ton puisse faire, dans ces régions, de Tirrigation permanente et se livrer à des cultures telles que le coton et la canne à sucre qui restent sur pied depuis le printemps jusqu'à l'automne, sont ceux pour lesquels des pompes à vapeur aspirent, jusqu'au niveau des terres, l'eau du Nil pendant l'étiage, ou plutôt pendant tout le temps oii elle ne pénètre pas directement dans les canaux par l'effet de la crue.

Nous ne reviendrons pas sur les cultures nabari et qedi ; il en a été déjà question plusieurs fois. Quant aux terres arrosées au moyen de pompes et qui, formant des enclaves isolées au milieu des bassins d'inondation, ne relèvent d'aucun système général d'irrigation, leur régime de culture et d'arrosage ne diffère pas de celui des terres dotées de canaux d'irrigation permanente, que nous allons maintenant étudier; elles reçoivent des cultures d'été (coton et canne à sucre), des cultures nabari pendant la crue (maïs et sorgho) et des cultures d'hiver (céréales, fourrages, etc.).

L'irrigation, dans les régions à bassins d'inondation, s'étend à une portion assez notable de la surface cultivée. Ainsi, dans les provinces de Guirgueh et de Keneh', sur 327 000 hectares de récoltes portées en une année par 288 000 hectares de terres (39 000 hectares donnant deux récoltes par an), il y a eu 95000 hectares de cultures irriguées, soit 29 p. 100 de la superficie des récoltes ; mais sur ces 95 000 hectares irrigués, 8 000 hectares seulement ont été plantés en canne à sucre, c'est-à-dire irrigués pendant le printemps, l'été et l'automne, et 51 000 hectares n'ont donné que des récoltes hâtives de maïs et de sorgho. 71 p. 100 de la surface des récoltes de ces deux provinces a été obtenue par inondation. Par contre, dans les régions aménagées pour l'irrigation, il n'y a pas de culture par inondation, la division en bassins n'y existant pas ; toutes les terres sont ou peuvent être irriguées toute l'année; on y fait seulement pendant la crue des submersions partielles peu profondes et de courte durée destinées à ameublir et préparer les terres avant les semailles d'hiver.

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