‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 7 sur 159 · VOIES DE COMMUNICATION · texte numérisé non relu

VOIES DE COMMUNICATION

La principale voie de communication est le Nil qui constitue une magnifique artère de navigation traversant le pays dans toute sa longueur du nord au sud et desservant le Delta par les deux branches de Rosette et de Damiette. Ce fleuve forme une route ouverte aux transports par bateaux sur près de 2 000 kilomètres de longueur depuis la frontière sud jusqu'à la mer, avec le seul obstacle naturel de la cataracte d'Assouan le long de laquelle on vient de construire un canal avec écluses. La navigation est, il est vrai, difficile et même impossible en beaucoup de points pendant la saison des basses eaux.

Au Nil viennent s'ajouter : dans la Moyenne Egypte, les deux grands cours d'eau du canal Ibrahimieh et du Bahr Yousef, qui coulent parallèlement au fleuve, sur sa rive gauche, et qui donnent ensemble une longueur

plus OU moins navigable d'environ 500 kilomètres ; dans le Delta, presque tous les grands canaux d'irrigation et de drainage dont» en 1895, 800 kilomètres étaient utilisables pour la circulation des bateaux pendant toute Tannée et 500 kilomètres pendant la période des hautes eaux seulement. Ce réseau navigable s'est encore étendu depuis cette époque.

L'Egypte a en outre à sa disposition comme voies terrestres : un réseau de chemins de fer appartenant à l'État; des voies ferrées agricoles construites et exploitées par des compagnies avec garantie de l'Etat ; des routes agricoles.

Les lignes de l'État sont à voie normale; elles se ramifient au travers du Delta sur 1 210 kilomètres et se prolongent le long du Nil, dans la Haute Egypte, jusqu'à Louxor, sur 673 kilomètres, avec embranchements de 73 kilomètres dans le Fayoum. De Louxor à Âssouan, la ligne de la Haute Egypte est continuée par une voie de 1,06 m. d'écartement sur 220 kilomètres. Enfin, une ligne à voie normale de 84 kilomètres de longueur est actuellement en construction pour relier Port-Saïd au réseau de l'État.

Quant aux chemins de fer agricoles, ils sont à voie étroite. A la fin de 1901 les longueurs exploitées étaient :

10 Dans le Delta :

Ligne de Mansourah à Matarieh (province de Dakhalieh), voie de 1 m. 109 km.

Lignes de la compagnie des Delta Light Railways, voie de 0,75 m. . . 735

2^ Dans le Fayoum, voie de 0,75 m 120

Total 964 km.

Il existe, en outre, dans la Moyenne et la Haute Egypte, de nombreuses lignes privées spécialement destinées au transport de la canne à sucre entre les champs de culture et les usines de fabrication.

En principe, les chemins de fer agricoles sont posés sur les routes créées par le gouvernement sous le nom de « routes agricoles » et dont Texécution a été commencée en 1889. Ces routes sont de simples levées en terre, non macadamisées. Telles qu elles sont, elles ont beaucoup contribué à améliorer les communications et à développer les charrois. Tous les transports par terre se faisaient autrefois à dos de chameau, de cheval ou d'âne et ces bètes, surchargées de lourds fardeaux, n'avaient pour circuler que des chemins étroits, raboteux, coupés à chaque pas par des rigoles d'arrosage. L'Egypte qui donnait tous ses soins et consacrait toutes ses ressources à la distribution des eaux d'irrigation avait toujours négligé Timportante question des transports par terre.

Aujourd'hui le réseau des routes agricoles est déjà assez étendu et il

s'accroît chaque année. A la fin de 1899, on en comptait dans la Haute Egypte :

Province de Minieh 91 km.

— Benisouef 107

~ Fayoum 320

Total 518 km.

Dans la Basse Égypie :

Province de Test 370 km.

— du centre 693

— de l'ouest 281

Total 1 344 km.

Total général. . . 1 862 km.

En dehors de ces routes, les digues du Nil et beaucoup de digues de canaux et de bassins servent à la circulation.

Pour ses échanges avec les pays étrangers, TÉgyple possède un grand port de commerce, Alexandrie, dont le mouvement à Tenlrée représentait en 1901 un tonnage total de 2 560 000 tonnes, et plusieurs ports secondaires, tels que Rosette et Damiette, aux embouchures du Nil, Suez, Kosseir et Souakim, sur la Mer Rouge. Port-Saïd n'est actuellement qu'un port de transit pour le canal de Suez, mais il pourra devenir un débouché important pour l'Egypte quand sera terminée la ligne, actuellement en cours d'exécution, qui reliera cette ville au réseau des chemins de fer de l'État égyptien.

La valeur totale du commerce qui se fait par ces ports est, à l'importation, de 256 000 000 francs et, à l'exportation, de 317000 000 francs. Les exportations consistent presque exclusivement en produits du sol.

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