ARROSAGES
Une fois Teau ainsi distribuée par les canaux publics et leurs embranchements et répartie sur les diverses portions du territoire par le jeu des ouvrages régulateurs, elle arrive à la prise d eau des canaux particuliers où elle pénètre, suivant les localités et les saisons, soit par écoulement direct^ soit en passant par des machines élévatoires. Elle est ainsi amenée jusqu'à la rigole d arrosage au moyen de laquelle le cultivateur la conduit à son champ, qu*il a eu soin de préparer de façon à pouvoir y répandre les eaux sur toute sa surface.
En général, le sol est tellement plat qu'il n*est pas besoin de grands travaux pour le niveler et le rendre propre à l'irrigation. Pour procéder à celte opératjion préliminaire, lorsqu'elle est nécessaire, on emploie un instrument formé d'une sorte de caisse de brouette sans roues et sans pieds munie à l'arrière de deux manches; un bœuf ou un buffle est attelé à Tavant, l'homme tenant les deux manches par derrière et appuyant sur la caisse de manière à racler les terres avec le rebord antérieur qui est très évasé et recouvert d'une bande de fer ; la caisse se remplit avec le produit des bosses qui sont écrêtées et, par un simple mouvement de bascule imprimé aux manches, l'homme la vide dans les parties creuses. Cet outil primitif est d'ailleurs connu dans tous les pays d'irrigation.
Quand le terrain est ainsi aplani, l'irrigation s'y pratique de diverses façons.
En général, le sol est divisé par de petites digues, en carrés de 30 à 40 mètres de surface, que l'on submerge successivement sur quelques centimètres de hauteur. Ce procédé est employé pour les arrosages qui sont donnés avant que la récolte soit levée ou semée.
Plus tard, lorsque les plants sont sortis de terre, l'arrosage se fait, suivant la nature de la récolte, soit dans les sillons servant de rigoles, soit dans des carrés submergés comme il vient d'être dit.
Pour les rizières, l'eau circule d'une manière continue dans une série de bassins successifs séparés par de petites digues en terre.
D'ailleurs les procédés usités en Egypte pour l'emploi des eaux d'arrosage ne présentent aucune particularité méritant d'être signalée et ne diffèrent pas de ceux qui sont pratiqués dans tous les autres pays plats.
* Le Nil, cette année-là, ne fut pas assez haut pour produire une cote de 13.50 m. dans le canal Tewfikieh avant le 30 août.