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DESSÈCHEMENT, ASSAINISSEMENT ET COLMATAGE

Après que le gouvernement a pourvu une région des canaux colateurs nécessaires à l'évacuation des eaux usées, il reste aux particuliers à profiter des facilités mises ainsi à leur disposition.

Quand il s'agit de terres déjà cultivées et bien situées, le fellah n'a qu a établir sur son terrain des rigoles de drainage de largeur plus ou moins grande, et d'une profondeur suffisante pour que l'eau qu'elles reçoivent n'affleure pas à moins de 0,50 m. à 0,60 m. au-dessous du niveau du sol. Ces rigoles, réunies dans un ou plusieurs petits canaux, vont aboutir dans le colateur public le plus rapproché. Parfois, le niveau du colateur est trop élevé dans la traversée des terrains à drainer pour que l'écoulement des rigoles d'assainissement puisse se faire par gravitation ; on a alors recours à des machines élévafoires ; le pompage des eaux de drainage est en général peu répandu jusqu'à présent en Egypte chez les particuliers.

Mais, quand on a affaire à des terres basses, marécageuses, non cultivées

* Prix exceptionnellement élevé cette année-là.

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depuis de longues années, il faut faire subir au sol certaines opérations préparatoires avant de le mettre en culture.

Ainsi qu'il a été dit déjà plusieurs fois, les terres soumises k raclion des infiltrations s'imprègnent de sels divers formant efflorescence à la surface, se désagrègent et deviennent impropres à toute production agricole. Ainsi des analyses d'échantillons prélevés sur remplacement du lac d'Aboukir, après le dessèchement, ont donné les résultats suivants^ :

Dans un échantillon, 8,11 p. 100 de chlorure de sodium et 1,79 p. 100 de magnésie ; dans un autre, 8,36 p. 100 de chlorure de sodium et 0,93 p. 100 de magnésie. Ce sont là des proportions maxima. Dans des échantillons pris auprès du lac, sur un sol élevé d'un mètre environ au-dessus du niveau moyen des eaux, la proportion de chlorure de sodium tombait à 1,62 p. 100 et celle de magnésie était de 1,10 p. 100. Dans ce dernier endroit, les pluies d'hiver lavent le sol, aussi la proportion des sels solubles est plus faible. La quantité de sels contenus dans les terrains, plus ou moins marécageux, qui avoisinent les lacs du nord du Delta est généralement comprise entre ces limites. Dans les terrains déjà cultivés de la même région, la proportion de magnésie descend à 0,50p. 100 et celle du chlorure de sodium à 0,01 p. 100.

Au-dessous de 3 p. 100 de sels dans un terrain, il ne pousse qu'une végétation rabougrie de plantes sauvages ; avec 2 p. 100 on peut commencer à cultiver une espèce de millet (panicum crus-galli) ; pour le trèfle et pour le riz, il ne faut guère que la quantité de sels 'soit supérieure à 0,30 p. 100.

Ainsi, la première opération à faire pour rendre cultivables des terres envahies parles eaux d'infiltration est de leur enlever Texcès de sels qu'elles contiennent; de leur faire ensuite produire des récoltes qui demandent beaucoup d'eau, comme le riz, ou qui n'en craignent pas l'abondance, comme les plantes fourragères ; puis, lorsque les terres sont ainsi bien purifiées, on peut y entreprendre des cultures de céréales et de coton, mais en ayant toujours soin, au cas où le drainage n'est pas complètement assuré par des rigoles profondes, de continuer de temps en temps les lavages du sol au moyen de récoltes de trèfle ou de riz. C'est pour avoir négligé cette dernière précaution que des terres salées, rendues à la culture par des lavages ou des colmatages, ont été de nouveau remplies de sels et sont rapidement retournées à leur état primitif, jetant ainsi du discrédit sur les méthodes rationnelles employées pour leur assainissement.

Trois méthodes sont en usage en Egypte pour dessaler les terres : le colmatage, le lavage de surface, le lavage intérieur.

* Chiffres extraits d'un mémoire « The réclamation of Lake Abukir ». paru dans les « Minute of the Proceedings of the Institule civil Engineers », London.

Le colmatage se pratique pendant que le Nil est haut, lorsque Jes eaux sont fortement chargées de limon. Elles sont amenées en couches plus ou moins épaisses sur le sol à défricher ; on les y laisse séjourner jusqu'à ce qu'elles soient clarifiées, puis on les évacue et on recommence l'opération. Au bout d'un certain temps, il s'est déposé une épaisseur de limon suffisante pour la culture ; des rigoles de colature empochent les sels de remonter et de contaminer le sol neuf ainsi formé. Ce procédé n'est applicable que dans les endroits où Ion peut amener les eaux du Nil avec une vitesse assez forte pour qu'elles restent chargées d'une bonne proportion de limon.

Pour le lavage de surface, on fait simplement passer, d'une façon continue, le plus d'eau douce possible sur le sol, sans établir de rigoles de drainage. Cette méthode est économique, mais demande beaucoup d eau et a besoin d'être renouvelée de temps en temps, si l'on veut empêcher les terres de se saler de nouveau.

Le lavage intérieur se pratique en divisant la terre par petites parcelles, au moyen de rigoles d'amenée et d'évacuation dont les déblais sont relevés de chaque côté en forme de digues. L'eau est amenée sur le sol jusqu'à un niveau aussi élevé que le permettent ces petites digues et est constamment maintenue à ce niveau. En vertu de la pression qu'elle exerce, cette eau s'infiltre dans la terre et s'écoule dans les rigoles d'évacuation en entraînant une certaine quantité de sels dissous. Le même procédé peut être employé avec des lignes de drains en poterie noyés dans le sol, à une profondeur plus ou moins gra^lde, et avec un écartement plus ou moins fort, suivant la nature du terrain, le produit de ces tuyaux de drainage étant recueilli dans des rigoles d'évacuation convenablement établies.

Nous citerons quelques exemples de ces divers procédés en indiquant les résultats obtenus.

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