AMÉLIORATION DES TERRES DE SALAKOUS
Ces terres sont situées dans la Moyenne Egypte, district de Minieh. Environ 2 500 hectares, situés à l'ouest du canal Ibrahimieh, recevant les infiltrations du canal et manquant de moyens de drainage, étaient devenus
salés ; une partie en était incultivable et le reste ne donnait que de faibles produits. Presque toutes ces terres appartenaient à la Daïra Sanieh*.
Après qu'un grand canal colateur eût été construit pour desservir celle région (voir pi. V), on songea à améliorer la qualité de ces terres et h rendre à la culture celles d'où elle avait disparu. Pour cela, on procéda par lavages superficiels sur des surfaces de 3 à 400 hectares à la fois, par le procédé qui a élé indiqué plus haut comme ayant donné de mauvais résultats au lac d'Aboukir. Les terres de Salakous étant beaucoup moins salées que celles d'Aboukir et moins profondément, on voulait essayer d'abord un système économique. S'il n'avait pas donné des résultais satis-
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Fig. 44.
faisants, on en aurait été quitte, tout en conservant les ouvrages principaux d'amenée et d'évacuation des eaux, pour diminuer la surface des bassins de submersion en multipliant les digues et les canaux, et pour approfondir les rigoles du drainage, de façon à ce que le lavage pût pénétrer plus complètement le sol à assainir. Mais on n'eut pas besoin de recourir à cette dernière méthode plus coûteuse.
L'opération fut entreprise de 1890 à 1893 sur 1012 hectares. La première année, on traita 310 hectares. Le programme des travaux était le suivant (fig. 44) :
1** Diviser en trois bassins de submersion égaux la superficie des 310 hectares, au moyen des déblais provenant des canaux et des drains. Chacun des bassins a son canal d'amenée dans la partie haute, alimenté au moyen d'une prise sur le canal de Fechn, embranchement de Tlbrahimieh, et son drain, dans la partie basse, se déchargeant dans un drain secondaire qui aboutit dans le drain collecteur de la région.
2® Ouvrir la prise et régler le débit des canaux de façon à ce que les trois bassins se remplissent également ; lorsque ceux-ci sont pleins, ouvrir les ouvrages de vidange, de telle sorte que l'eau se maintienne au môme
* C'est une administration de l'État possédant de grands domaines dans la Haute et Moyenne Egypte.
niveau dans les bassins, puis fermer les prises et laisser les bassins se vider; consacrer ainsi sept jours au remplissage, sept jours à la submermersion avec alimentation continue, sept jours à la vidange et sept jours au dessèchement.
3* Faîrede cette façon trois lavages en hiver, de novembre à fin février, et un avec de l'eau limoneuse pendant la crue.
4** Semer ensuite du trèfle et des fèves et, si c'est du Irèfle, continuer les submersions pendant qu'il est sur pied.
5° Conserver en état tous les ouvrages de prise et de vidange, de façon h pouvoir renouveler de temps en temps les lavages si le besoin s*en faisait de nouveau sentir.
La dépense faite sur les 310 hectares traités la première année fut répartie comme il suit :
Digues, canaux, drains, ouvrages d'art 28 860 francs.
Nettoyage des terres, défonçage et divers 12040 —
Total 40800 francs.
Soit 132 francs par hectare.
Or, avant les travaux, sur ces 310 hectares, on ne pouvait en louer que 99, au prix de 113,50 fr. par an, le reste des terres étant tout à fait inculte. Dès Tannée qui suivit les lavages, on put louer 294 hectares, le reste des 310 hectares traités étant occupé par les digues et les canaux, au prix de 142 francs l'hectare, avec des baux d'une durée de six années. Le rendement des 310 hectares était donc devenu i\ 865,60 fr. au lieu de 11 336,50 fr., ce qui représente une augmentation de recettes de 30 629,10 fr.
Sur la parcelle de 416 hectares qui fut traitée ensuite, on dut faire des lavages pendant deux années, les terres se trouvant dans des conditions plus mauvaises que les précédentes. La dépense fut de 58 656 francs, soit 141 francs par hectare, et le rendement passa aussitôt de 6 344 francs à 36 764 francs.
La troisième parcelle de 286 hectares, traitée en 1892, dut être lavée aussi pendant deux ans. L'opération donna des résultats analogues aux précédents.
EXPÉRIENCES D'ASSAINISSEMENT FAITES DANS LA BASSE EGYPTE PAR L'ADMINISTRATION DES DOMAINES DE L'ÉTAT
Dans les terres très salées, les lavages de surface sont généralement insuffisants et ont besoin d'être renouvelés fréquemment, car ils n atteignent qu'une couche de peu d'épaisseur, 0,30 m. au maximum, de sorte que les sels remontent facilement pendant les saisons oii Ion n'irrigue pas.
Les lavages intérieurs sont plus efficaces, mais ils ont 1 inconvénient de couper le terrain en petites parcelles par des digues et des rigoles.
L'administration des Domaines de TÉtat fit, en 1902, des essais comparatifs de ces deux systèmes et essaya également la mélhode des drains en poterie posés dans le sous-sol.
Il s'agissait de terres très salées, renfermant dans la couche superficielle 14 p. 100 de chlorures en poids et en contenant encore 5 p. 100 à 0,60 m. de profondeur.
Les expériences portèrent sur 34 hectares, divisés en trois parcelles, dont chacune fut traitée par un des trois procédés indiqués ci-dessus. En raison du niveau du plan d'eau dans le drain public, les eaux de drainage devaient être évacuées au moyen de pompes à vapeur.
La première parcelle, destinée au lavage superficiel, fut entourée d'une digue de 1 mètre de hauteur; l'eau arrivait par une extrémité et s'échappait dans un drain collecteur à l'autre extrémité ; une hauteur d'eau de 0,30 m. était maintenue constamment sur les terres.
La seconde parcelle, traitée par lavage intérieur, fut divisée en tranches de 33 mètres de largeur par des drains de 0,70 m. de profondeur ; les digues de ces petits drains, d'une hauteur de 0,50 m., pouvaient retenir sur le terrain une hauteur d'eau de 0,20 m. à 0,30 m.
La troisième parcelle, sur laquelle on faisait l'expérience des drains en poterie, fut entourée d'une digue de 1 mètre de hauteur supportant une charge d'eau de 0,50 m. Des files de tuyaux en poterie de 0,10 m. à 0,12 m. de diamètre furent placées dans le sol, à 0,70 m. de profondeur, et espacées Tune de l'autre de 12 mètres.
Les expériences se poursuivirent pendant mille quatre cents heures. Une fois le régime établi, le débit dans chaque parcelle se maintint constant et fut: Pour la parcelle n** I, 232 mètres cubes par heure.
Le sel contenu dans les eaux d'évacuation fut en moyenne : Pour la parcelle n** I, 3 grammes par litre.
— Il, 44,3 —