METRES CIBES PAU SECONDE
Débit du Nil.
Besoins d'eau.
Différence en plus.
Janvier. . • , .
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Le débit moyen du Nil suffit donc aux conditions actuelles de la culture, d'autant plus que, parmi les terres de la Basse Egypte classées comme terres cultivables, il y en a une certaine quantité, autour des lacs ou sur les bords du désert, qui sont seulement dans une période dn défrichement et qui ne prennent pas toute la part d'eau qui leur revient théoriquement.
Mais, si Ton considère une année de mauvais étiage, comme Tannée 1900, où pendant les mois de mars, avril, mai et une partie de juin, le débit du Nil a à peine atteint 230 mètres cubes par seconde, on ne peut arriver à sauver les cultures d'été que par des mesures exceptionnelles qui consistent en suppression des cultures de riz et établissement, entre les périodes d'arrosage, d'intervalles de chômage d'une durée exagérée. Or, dans une période de trente ans, de 1871 à 1900, il y a eu 14 étiages pour lesquels la hauteur minimum du Nil a été de plus de 0,05 m. inférieure à la moyenne.
D'autre part, les besoins d'eau pour l'irrigation s'élèvent très rapidement de 410 mètres cubes par seconde, en juin, à 1 200 mètres cubes par seconde, en juillet ; le débit moyen du Nil monte, il est vrai, au même moment, de 510 mètres cubes par seconde, en juin, à 1 890 mètres cubes par seconde, en juillet. Mais, si la crue est en retard, ou si le débit moyen du mois de juillet n'est, comme en 1899, que de 1 350 mètres cubes par seconde, le service des irrigations se trouve fort embarrassé, et est obligé, dans l'intérêt des cultures d'été, de retarder plus ou moins les semailles du maïs nili.
Par contre, pendant les mois de la crue et pendant les mois d'hiver, c'est-à-dire du mois d'août au mois de mars de l'année suivante, le débit du Nil est toujours supérieur aux besoins. Il y a, il est vrai, de mauvaises crues ; mais ces crues sont dites mauvaises par le niveau peu élevé qu'elles atteignent, plutôt que par le manque de volume ; car, dans Télat actuel de l'aménagement des bassins d'inondation, la hauteur des eaux dans le
2i0 LES IRRIGATIONS EN EGYPl'E
fleuve est encore un élément essentiel d'un bon remplissage, malgré tous les travaux qui ont été exécutés pour remédier aux inconvénients de la faiblesse des crues.
Si donc on ne compte pas les trois mois de crue, août, septembre et octobre, pendant lesquels le régime des niveaux du fleuve doit être respecte tant que subsisteront les bassins d'inondation avec leurs moyens actuels d'alimentation, le tableau ci-dessus montre que l'excédent de débit des mois de novembre, décembre, janvier, février et mars donne, dans une année moyenne, un volume inutilisé d'une vingtaine de milliards de mètres cubes. Dans les plus mauvaises années, par exemple en 1899-1900, cet excédent de débit se trouve être encore de 5 400 000 000 de mètres cubes.
En 1890, le gouvernement égyptien commença à étudier les moyens pratiques de prélever une part de cette énorme masse d'eau et de la mettre en réserve en un point de la vallée, pour améliorer les conditions des cultures d'été pendant les mauvais étiages et pour étendre ces cultures, tant sur des terres aujourd'hui incultes faute d'arrosage, que sur des terres condamnées par le système de l'inondation aux seules cultures d'hiver.