HISTORIQUE DE LA QUESTION DE L'EMMAGASINEMENT DES EAUX DU NIL
L'idée d'emmagasiner les eaux de la crue du Nil est très ancienne. Les bassins d'inondation ne sont autre chose que des réservoirs créés, tout le long de la vallée, pour retenir les eaux pendant un certain temps sur les terres à fertiliser et les répandre ensuite, en cas de besoin, sur d'autres terres avant de les rendre au fleuve. Ce ne sont, il est vrai, que des réservoirs dont la durée d'action est très limitée, puisqu'elle ne s'exerce guère que deux mois en tout, mais ils n'en absorbent pas moins, même réduits à la Haute et à la Moyenne Egypte comme aujourd'hui, le cube considérable de 8 milliards de mètres cubes.
Le lac Mœris, qui recouvrait la plus grande partie de la dépression qui forme la province actuelle du Fayoum n'avait d'autre but que de détourner du Nil une partie des eaux de la crue, pour les restituer pendant les mois d'étiage, au profit de la Basse Egypte. Il formait une réserve très importante; couvrant une surface de 160 000 hectares et contenant une tranche d'eau qui, sur 3 mètres de hauteur, dominait la vallée du Nil, il permettait de rendre au fleuve, en tenant compte des pertes dues à l'évaporation, plus de 3 milliards de mètres cubes d'eau \ Les anciens égyptiens avaient donc compris l'importance du problème et en avaient trouvé une solution grandiose.
Quelques anciens réservoirs existent encore au Fayoum, mais de peu
* The Fayum and Lake Mœris, par le major Bro\vn, R. E., 1892.