‹ Les isolements, 1903-1904Chapitre 38 sur 76 · AUBE ROMAINE · texte numérisé non relu

AUBE ROMAINE

A Emile Despax.

Vers les plaines l'aube s'azure.

Un pâtre brun qui bâille encor Traverse avec ses boucs, Suburre Parfumée et tiède qui dort.

Il va, pesant. Les portes closes Troublent ses sens mal éveillés, Sur un seuil des bouquets de roses S'effeuillent par la nuit mouillés.

Et voici que le dernier bouge, Où par ce lourd matin d'été S'éteint une lanterne rouge, Lui montre son lit dévasté,

Avec deux grandes Gampaniennes Sommeillant dans leurs noirs cheveux, Tandis qu'aux rameaux bas des frênes Se balancent des voiles bleus.

Le plus vieux bouc, fauve et lubrique, Semble presque se réjouir Et sourit, sylvain ironique, D'avoir vu les filles dormir.

Et dans le jour levant qui dore Les sept monts de Rome à la fois, Le berger se retourne encore Avant d'entrer dans les sous-bois.

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