‹ Les isolements, 1903-1904Chapitre 45 sur 76 · SIX HEURES · texte numérisé non relu

SIX HEURES

Six heures en octobre, et la petite place.

Je marche à pas légers sous les arbres moins lourds,

L'azur est violet, une brune enfant passe

Et baisse sous sa cruche un regard de velours.

Le halo de la lune au-dessus des vallées,

Le chant de la fontaine et la belle chaleur

De ces yeux, ces rameaux et ces sombres allées,

Ce ciel empli d'adieux, tout se fond dans mon cœur.

Les moutons dispersés broutent les herbes rases ; Ne trouverai-je pas, doux comme la saison, Des mots vaporisés, au lieu des grandes phrases Dont les talons d'argent sonnent sur le gazon ?

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